Votes · Scrutin n° 6738 · 19 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 859 de Mme Laporte à l'article premier du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).
Dossier : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Laporte (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L'objet du présent amendement est de transférer à l'échelon départemental la compétence de définir les projets d'avenir agricole que le texte propose de confier aux régions.
En matière de pilotage de la politique agricole, le département constitue un échelon beaucoup plus pertinent. En effet, de par leur taille, certaines régions regroupent une disparité trop importante de types de cultures et de climat qui les disqualifient pour prétendre représenter un ensemble adapté à la définition des priorités agricoles. C'est notamment le cas de la région Nouvelle Aquitaine qui s'étend des Pyrénées à la vallée de la Loire et comprend à ce titre des terroirs partageant peu de caractéristiques communes. Cette problématique des grandes régions a par ailleurs largement contribué à l'échec de la régionalisation des chambres d'agriculture impulsée par le décret n°2016-610 du 13 mai 2016, de sorte que, sur la majeure partie du territoire, la chambre d'agriculture départementale est restée l'interlocuteur privilégié des pouvoirs publics et des agriculteurs. Celles-ci ne pouvant être qu'étroitement associées à la dynamique mise en place à l'article 1er, l'échelon départemental s'impose.
Enfin, ce déplacement au niveau départemental ne fait pas obstacle à un pilotage au niveau régional, dans la mesure où les projets peuvent concerner un ou plusieurs départements. De cette façon, les préfets et conseils départementaux des départements d'une même région peuvent parfaitement décider de piloter en commun leurs projets d'avenir, ainsi que de déléguer ce pilotage au préfet de région et au président du conseil régional.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Aux première et troisième phrase de l’alinéa 6, substituer au mot :
« régionaux »
le mot :
« départementaux ».
II. – En conséquence, à la même première phrase du même alinéa 6, substituer aux mots :
« la région »
les mots :
« le département ».
III. – En conséquence, à ladite première phrase dudit alinéa 6, substituer au mot :
« régional »
le mot :
« départemental ».
IV. – En conséquence, à la fin de la septième phrase du même alinéa 6, substituer aux mots :
« une ou plusieurs régions »
les mots :
« un ou plusieurs départements ».
V. – Après le même alinéa 6, insérer l’alinéa suivant :
« Sur décision conjointe des conseils départementaux d’une même région et dans des conditions précisées par arrêté ministériel, les prérogatives mentionnées à l’alinéa précédent peuvent être déléguées au représentant de l’État dans la région et au président du conseil régional. »
VI. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 25 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, ministre de l’agriculture Annie Genevard), déposé à l’Assemblée le 8 avril 2026 en procédure accélérée. Son exposé des motifs annonce des « réponses concrètes, rapides, utiles » autour de cinq axes : « projets d’avenir agricole » dans les territoires, lutte contre la concurrence déloyale (suspension d’importations de denrées traitées avec des substances interdites dans l’Union européenne), simplifications sur l’eau, le foncier et la prédation du loup, poids des agriculteurs dans les négociations commerciales, dommages et intérêts contre les recours abusifs.
La loi finale, décrite par le Conseil constitutionnel, comprend aussi :
- des dérogations de trois ans à l’interdiction des néonicotinoïdes et substances assimilées, accordées par l’Anses : flupyradifurone pour la betterave sucrière (semences traitées), les cerises et les pommes, acétamipride pour les noisettes (§ 39 et 52 à 54) ;
- des facilités pour le stockage de l’eau et la compensation des zones humides (articles 13, 14 et 27) ;
- des tirs de loups dérogatoires dans la limite d’un seuil de conservation de l’espèce (§ 342) et une habilitation à réformer par ordonnance le régime des élevages (article 46).
Ce que ça change
Les producteurs de betteraves, cerises, pommes et noisettes peuvent demander une dérogation, accordée seulement en cas de « menace grave » pour la production et d’absence d’alternative suffisante (§ 61). Ces dérogations doivent disparaître trois ans après la promulgation. La servitude imposée aux terrains constructibles voisins des champs, elle, a été censurée.
Ce qui est contesté
Le 20 juillet 2026, le texte de la commission mixte paritaire a été adopté par 296 voix contre 224 et 41 abstentions (scrutin n° 8427). Contre : La France insoumise (71), socialistes (66), écologistes (38), Gauche démocrate et républicaine (15), mais aussi 15 députés EPR, 11 Démocrates, 4 LIOT et 3 Horizons. Pour : Rassemblement national (122), Droite républicaine (48), UDR (17), 51 EPR, 24 Horizons, 19 Démocrates. En première lecture, le 2 juin : 369 contre 178 (scrutin n° 7259).
Débat du 20 juillet :
- Aurélie Trouvé (LFI) parle d’une « loi poison » et invoque l’Ordre des médecins contre l’acétamipride et le flupyradifurone.
- Fabrice Barusseau (socialiste) juge que le texte de la CMP « ne répond plus à la commande initiale du gouvernement ».
- Marc Fesneau (Démocrates) indique que son groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs, tout en jugeant que confier la décision à la science « est une avancée ».
- Agnès Pannier-Runacher (EPR) demande pourquoi le Gouvernement a refusé de soumettre au vote les amendements de suppression ; après une CMP, seuls les amendements acceptés par le Gouvernement sont discutés, rappelle Gabriel Attal (EPR).
- Pour le texte, Nathalie Coggia (EPR) met en avant la protection face aux importations ; Vincent Descoeur (Droite républicaine) salue les mesures contre le loup.
À l’Assemblée, les articles 4 (51 scrutins publics), 14 (50) et 5 (31) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 24 juillet par les députés insoumis et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-914 DC le 14 août 2026.
- Censure de l’article 35 : la servitude interdisant de construire sur une bande allant jusqu’à dix mètres, sans indemnisation garantie ni procédure d’observations, porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété (§ 310 à 316).
- Censure partielle de l’article 46 : réserver la participation du public aux personnes ayant un intérêt à agir viole l’article 7 de la Charte de l’environnement (§ 373 et 374).
- Cavaliers législatifs, c’est-à-dire ajouts sans lien avec le projet initial : curage des plans d’eau (article 14), piscicultures (16), suspension de la redevance pour pollutions diffuses (26), bâtiments agricoles exclus du calcul de l’artificialisation (32), haies (36), allégations sur la rémunération des agriculteurs (55) (§ 124, 146, 231, 279, 321, 447).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’Anses peut limiter une dérogation à certains territoires (§ 68) et son silence pendant deux mois vaut refus (§ 70) ; une retenue d’eau ne peut être regardée comme une zone humide (§ 244) ; réserve aussi sur les élevages (§ 390).
- Les dérogations aux néonicotinoïdes sont validées, « compte tenu en particulier de leur caractère temporaire » (§ 71).
Où en est le texte
Loi n° 2026-796 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » (18/08/2026)
- Projet de loi n° 2632 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Scrutin public n° 8427 sur l’ensemble (texte de la CMP) (20/07/2026)
- Scrutin public n° 7259 sur l’ensemble (première lecture) (02/06/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 2 juin 2026 (explications de vote) (02/06/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-914 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 86
- Contre
- 123
- Abstention
- 18
- Non-votant
- 1
- Votants
- 227
- Exprimés
- 209
- Majorité requise
- 105
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 71 | 1 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 24 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 3 | 10 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 2 | 20 | 3 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 1 | 14 | 4 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 1 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 72 dans le décompte
Pour (71) : Hervé de Lépinau, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, Cyril Tribuiani, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Alexandre Sabatou, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Bernard Chaumeil, Édouard Jordan, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Contre (1) : Florence Joubert
Ensemble pour la République 25 dans le décompte
Contre (24) : Stéphane Travert, Pauline Cestrières, Sandra Marsaud, Guillaume Kasbarian, Sandrine Le Feur, Liliana Tanguy, Danielle Brulebois, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nathalie Coggia, Prisca Thevenot, Anne-Sophie Ronceret, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 13 dans le décompte
Contre (3) : Loïc Prud'homme, Ségolène Amiot, René Pilato
Abstention (10) : Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Farida Amrani, Mathilde Feld
Socialistes et apparentés 18 dans le décompte
Contre (18) : Pascale Got, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Joël Aviragnet, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Mélanie Thomin, Martine Froger, Marie-José Allemand, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Peio Dufau, Denis Fégné, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 25 dans le décompte
Pour (2) : Vincent Rolland, Cendrine Chazé
Contre (20) : Jean-Yves Bony, Michèle Tabarot, Xavier Breton, Vincent Descoeur, Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Christelle Minard, Julien Dive, Fabrice Brun, Sylvie Bonnet, Jérôme End, Émilie Bonnivard, Anne-Laure Blin, Hubert Brigand, Antoine Vermorel, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Emeline Rey-Rinchet
Abstention (3) : Jean-Luc Bourgeaux, Alix Fruchon, Lionel Duparay
Écologiste et Social 22 dans le décompte
Contre (22) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Tristan Lahais, Damien Girard, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 13 dans le décompte
Contre (13) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Géraldine Bannier, Jean-Paul Mattei, Carole Guillerm, Romain Daubié, Laurent Croizier, Patricia Maussion, Louise Morel, Éric Martineau, Didier Padey, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 19 dans le décompte
Pour (1) : Loïc Kervran (ancien député)
Contre (14) : Thierry Benoit, François Jolivet, Lise Magnier, Charlotte Parmentier-Lecocq, Béatrice Piron, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Xavier Albertini, Pierre Marle, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Jean-Michel Brard, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Abstention (4) : Laetitia Saint-Paul, Michel Criaud, Didier Lemaire, Béatrice Bellamy (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (5) : Valérie Létard, Paul Molac, Stéphane Viry, David Taupiac, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Contre (2) : Nicolas Sansu, Julien Brugerolles
Abstention (1) : Yannick Monnet
Union des droites pour la République 11 dans le décompte
Pour (11) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Vincent Trébuchet, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Florence Joubert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin