Votes · Scrutin n° 6758 · 20 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1128 de M. Casterman à l'article premier du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).
Dossier : Proposition de loi organique portant actualisation du corps électoral pour les élections au congrès et aux assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Casterman et 120 cosignataires (RN) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement d’appel vise à garantir que la valorisation du gibier sauvage soit bien éligible aux projets d’avenir agricoles. La venaison sauvage constitue une ressource alimentaire locale, saine et bas carbone, propice au développement des circuits courts et à la lutte contre le gaspillage alimentaire. Mais la filière peine à se développer à cause d’un environnement réglementaire beaucoup trop contraignant. Résultat : alors que chaque année, les chasseurs prélèvent 900 000 sangliers, 90 000 cerfs et 570 000 chevreuils, à peine 10 % du gibier sauvage prélevé est écoulé dans les circuits de distribution officiels et près d'une viande de gibier sur deux consommée en France est importée des États-Unis, de Nouvelle-Zélande ou d'Europe de l’Est.
Pour structurer une véritable filière venaison sauvage et réduire notre dépendance aux importations, il faut lever les entraves réglementaires au développement d'un réseau de collecte, de production et de distribution de viande de gibier en circuit court et favoriser sa consommation dans la restauration collective. Plus généralement, cet amendement rappelle avec force que la filière venaison sauvage concoure à l’objectif de souveraineté alimentaire et doit être valorisée au titre des projets d’avenir agricoles.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après la cinquième phrase de l’alinéa 6, insérer la phrase suivante :
« Ils incluent la valorisation de la venaison sauvage française comme filière d’alimentation durable. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 25 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, ministre de l’agriculture Annie Genevard), déposé à l’Assemblée le 8 avril 2026 en procédure accélérée. Son exposé des motifs annonce des « réponses concrètes, rapides, utiles » autour de cinq axes : « projets d’avenir agricole » dans les territoires, lutte contre la concurrence déloyale (suspension d’importations de denrées traitées avec des substances interdites dans l’Union européenne), simplifications sur l’eau, le foncier et la prédation du loup, poids des agriculteurs dans les négociations commerciales, dommages et intérêts contre les recours abusifs.
La loi finale, décrite par le Conseil constitutionnel, comprend aussi :
- des dérogations de trois ans à l’interdiction des néonicotinoïdes et substances assimilées, accordées par l’Anses : flupyradifurone pour la betterave sucrière (semences traitées), les cerises et les pommes, acétamipride pour les noisettes (§ 39 et 52 à 54) ;
- des facilités pour le stockage de l’eau et la compensation des zones humides (articles 13, 14 et 27) ;
- des tirs de loups dérogatoires dans la limite d’un seuil de conservation de l’espèce (§ 342) et une habilitation à réformer par ordonnance le régime des élevages (article 46).
Ce que ça change
Les producteurs de betteraves, cerises, pommes et noisettes peuvent demander une dérogation, accordée seulement en cas de « menace grave » pour la production et d’absence d’alternative suffisante (§ 61). Ces dérogations doivent disparaître trois ans après la promulgation. La servitude imposée aux terrains constructibles voisins des champs, elle, a été censurée.
Ce qui est contesté
Le 20 juillet 2026, le texte de la commission mixte paritaire a été adopté par 296 voix contre 224 et 41 abstentions (scrutin n° 8427). Contre : La France insoumise (71), socialistes (66), écologistes (38), Gauche démocrate et républicaine (15), mais aussi 15 députés EPR, 11 Démocrates, 4 LIOT et 3 Horizons. Pour : Rassemblement national (122), Droite républicaine (48), UDR (17), 51 EPR, 24 Horizons, 19 Démocrates. En première lecture, le 2 juin : 369 contre 178 (scrutin n° 7259).
Débat du 20 juillet :
- Aurélie Trouvé (LFI) parle d’une « loi poison » et invoque l’Ordre des médecins contre l’acétamipride et le flupyradifurone.
- Fabrice Barusseau (socialiste) juge que le texte de la CMP « ne répond plus à la commande initiale du gouvernement ».
- Marc Fesneau (Démocrates) indique que son groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs, tout en jugeant que confier la décision à la science « est une avancée ».
- Agnès Pannier-Runacher (EPR) demande pourquoi le Gouvernement a refusé de soumettre au vote les amendements de suppression ; après une CMP, seuls les amendements acceptés par le Gouvernement sont discutés, rappelle Gabriel Attal (EPR).
- Pour le texte, Nathalie Coggia (EPR) met en avant la protection face aux importations ; Vincent Descoeur (Droite républicaine) salue les mesures contre le loup.
À l’Assemblée, les articles 4 (51 scrutins publics), 14 (50) et 5 (31) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 24 juillet par les députés insoumis et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-914 DC le 14 août 2026.
- Censure de l’article 35 : la servitude interdisant de construire sur une bande allant jusqu’à dix mètres, sans indemnisation garantie ni procédure d’observations, porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété (§ 310 à 316).
- Censure partielle de l’article 46 : réserver la participation du public aux personnes ayant un intérêt à agir viole l’article 7 de la Charte de l’environnement (§ 373 et 374).
- Cavaliers législatifs, c’est-à-dire ajouts sans lien avec le projet initial : curage des plans d’eau (article 14), piscicultures (16), suspension de la redevance pour pollutions diffuses (26), bâtiments agricoles exclus du calcul de l’artificialisation (32), haies (36), allégations sur la rémunération des agriculteurs (55) (§ 124, 146, 231, 279, 321, 447).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’Anses peut limiter une dérogation à certains territoires (§ 68) et son silence pendant deux mois vaut refus (§ 70) ; une retenue d’eau ne peut être regardée comme une zone humide (§ 244) ; réserve aussi sur les élevages (§ 390).
- Les dérogations aux néonicotinoïdes sont validées, « compte tenu en particulier de leur caractère temporaire » (§ 71).
Où en est le texte
Loi n° 2026-796 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » (18/08/2026)
- Projet de loi n° 2632 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Scrutin public n° 8427 sur l’ensemble (texte de la CMP) (20/07/2026)
- Scrutin public n° 7259 sur l’ensemble (première lecture) (02/06/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 2 juin 2026 (explications de vote) (02/06/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-914 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 113
- Contre
- 33
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 1
- Votants
- 150
- Exprimés
- 146
- Majorité requise
- 74
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 49 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 16 | 0 | 2 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 1 | 15 | 1 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 8 | 1 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 2 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Pour | 2 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 49 dans le décompte
Pour (49) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Frédéric Falcon, Cyril Tribuiani, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Stéphanie Galzy, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Alexandre Sabatou, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Julien Odoul, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Bruno Clavet, Édouard Jordan, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Guibert, Frédéric Weber, Maxime Amblard, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Ensemble pour la République 19 dans le décompte
Pour (16) : Stéphane Travert, Olga Givernet, Pauline Cestrières, Sandra Marsaud, Liliana Tanguy, Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Nicole Le Peih, Patricia Lemoine, Agnès Pannier-Runacher, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Bastien Marchive, Anne-Sophie Ronceret, Marie-Philippe Lubet
Abstention (2) : Jean-René Cazeneuve, Charles Rodwell
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 17 dans le décompte
Pour (1) : Christophe Bex
Contre (15) : Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Mathilde Hignet, Marianne Maximi, Aurélie Trouvé, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Aymeric Caron, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen
Abstention (1) : François Piquemal
Socialistes et apparentés 9 dans le décompte
Contre (8) : Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Chantal Jourdan, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Valérie Rossi, Pierre Pribetich, Denis Fégné
Abstention (1) : Gérard Leseul
Droite Républicaine 13 dans le décompte
Pour (13) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Michèle Tabarot, Xavier Breton, Vincent Descoeur, Jean-Luc Bourgeaux, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Christelle Minard, Julien Dive, Anne-Laure Blin, Hubert Brigand, Lionel Duparay
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Contre (8) : Dominique Voynet, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Jérémie Iordanoff, Lisa Belluco, Benoît Biteau, Nicolas Bonnet
Les Démocrates 12 dans le décompte
Pour (12) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Géraldine Bannier, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Nicolas Turquois, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Patricia Maussion, Louise Morel, Éric Martineau, Didier Padey
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Pour (13) : Thierry Benoit, François Jolivet, Lise Magnier, Xavier Roseren, Pierre Henriet, Vincent Thiébaut, Christophe Plassard (ancien député), Henri Alfandari, Félicie Gérard, Pierre Marle, Véronique Ludmann, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (2) : David Habib, Joël Bruneau
Contre (1) : David Taupiac
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Pour (5) : Olivier Fayssat, Hanane Mansouri, Maxime Michelet, Pierre-Henri Carbonnel, Antoine Valentin
Non inscrit 3 dans le décompte
Pour (2) : Philippe Bonnecarrère, Daniel Grenon
Contre (1) : Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin