Votes · Scrutin n° 6772 · 21 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 238 de Mme Hignet et l'amendement identique suivant à l'article 5 (examen prioritaire) du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).
Dossier : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 5
- Texte
- Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Hignet et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe La France insoumise souhaite supprimer une disposition qui affaiblit la démocratie environnementale au niveau local sur les questions relatives à la gestion de l’eau.
L’article prévoit en effet de rendre facultative l’obligation de réunion publique pour les nouveaux projets d’ouvrages de stockage de l’eau définis dans le cadre des projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE), en la remplaçant par une simple permanence en mairie. Il substitue ainsi un moment de débat public collectif, permettant la confrontation des points de vue et la transparence des projets, par un dispositif d’échanges individualisés, sans véritable discussion démocratique.
Cette évolution intervient dans un contexte de tensions croissantes sur la ressource en eau. Une note du Haut-commissariat au Plan, « L’eau en 2050 : graves tensions sur les écosystèmes et les usages » (2025), alerte sur une augmentation significative des prélèvements et consommations d’eau d’ici 2050, principalement portée par les besoins en irrigation agricole, et sur l’apparition de tensions structurelles entre usages humains et besoins des écosystèmes dans de nombreux bassins versants. D'ici 2050, sans inflexion des usages, 88 % du territoire hexagonal pourraient être en situation de tension modérée ou sévère en été, avec des restrictions d’usage probables sur la quasi-totalité du territoire. Elle montre également que près de 90 % des bassins versants seraient touchés par une dégradation de la situation hydrique entre 2020 et 2050, traduisant une pression structurelle croissante entre ressource disponible et usages. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer l’alinéa 3.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 5 : 31 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, ministre de l’agriculture Annie Genevard), déposé à l’Assemblée le 8 avril 2026 en procédure accélérée. Son exposé des motifs annonce des « réponses concrètes, rapides, utiles » autour de cinq axes : « projets d’avenir agricole » dans les territoires, lutte contre la concurrence déloyale (suspension d’importations de denrées traitées avec des substances interdites dans l’Union européenne), simplifications sur l’eau, le foncier et la prédation du loup, poids des agriculteurs dans les négociations commerciales, dommages et intérêts contre les recours abusifs.
La loi finale, décrite par le Conseil constitutionnel, comprend aussi :
- des dérogations de trois ans à l’interdiction des néonicotinoïdes et substances assimilées, accordées par l’Anses : flupyradifurone pour la betterave sucrière (semences traitées), les cerises et les pommes, acétamipride pour les noisettes (§ 39 et 52 à 54) ;
- des facilités pour le stockage de l’eau et la compensation des zones humides (articles 13, 14 et 27) ;
- des tirs de loups dérogatoires dans la limite d’un seuil de conservation de l’espèce (§ 342) et une habilitation à réformer par ordonnance le régime des élevages (article 46).
Ce que ça change
Les producteurs de betteraves, cerises, pommes et noisettes peuvent demander une dérogation, accordée seulement en cas de « menace grave » pour la production et d’absence d’alternative suffisante (§ 61). Ces dérogations doivent disparaître trois ans après la promulgation. La servitude imposée aux terrains constructibles voisins des champs, elle, a été censurée.
Ce qui est contesté
Le 20 juillet 2026, le texte de la commission mixte paritaire a été adopté par 296 voix contre 224 et 41 abstentions (scrutin n° 8427). Contre : La France insoumise (71), socialistes (66), écologistes (38), Gauche démocrate et républicaine (15), mais aussi 15 députés EPR, 11 Démocrates, 4 LIOT et 3 Horizons. Pour : Rassemblement national (122), Droite républicaine (48), UDR (17), 51 EPR, 24 Horizons, 19 Démocrates. En première lecture, le 2 juin : 369 contre 178 (scrutin n° 7259).
Débat du 20 juillet :
- Aurélie Trouvé (LFI) parle d’une « loi poison » et invoque l’Ordre des médecins contre l’acétamipride et le flupyradifurone.
- Fabrice Barusseau (socialiste) juge que le texte de la CMP « ne répond plus à la commande initiale du gouvernement ».
- Marc Fesneau (Démocrates) indique que son groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs, tout en jugeant que confier la décision à la science « est une avancée ».
- Agnès Pannier-Runacher (EPR) demande pourquoi le Gouvernement a refusé de soumettre au vote les amendements de suppression ; après une CMP, seuls les amendements acceptés par le Gouvernement sont discutés, rappelle Gabriel Attal (EPR).
- Pour le texte, Nathalie Coggia (EPR) met en avant la protection face aux importations ; Vincent Descoeur (Droite républicaine) salue les mesures contre le loup.
À l’Assemblée, les articles 4 (51 scrutins publics), 14 (50) et 5 (31) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 24 juillet par les députés insoumis et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-914 DC le 14 août 2026.
- Censure de l’article 35 : la servitude interdisant de construire sur une bande allant jusqu’à dix mètres, sans indemnisation garantie ni procédure d’observations, porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété (§ 310 à 316).
- Censure partielle de l’article 46 : réserver la participation du public aux personnes ayant un intérêt à agir viole l’article 7 de la Charte de l’environnement (§ 373 et 374).
- Cavaliers législatifs, c’est-à-dire ajouts sans lien avec le projet initial : curage des plans d’eau (article 14), piscicultures (16), suspension de la redevance pour pollutions diffuses (26), bâtiments agricoles exclus du calcul de l’artificialisation (32), haies (36), allégations sur la rémunération des agriculteurs (55) (§ 124, 146, 231, 279, 321, 447).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’Anses peut limiter une dérogation à certains territoires (§ 68) et son silence pendant deux mois vaut refus (§ 70) ; une retenue d’eau ne peut être regardée comme une zone humide (§ 244) ; réserve aussi sur les élevages (§ 390).
- Les dérogations aux néonicotinoïdes sont validées, « compte tenu en particulier de leur caractère temporaire » (§ 71).
Où en est le texte
Loi n° 2026-796 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » (18/08/2026)
- Projet de loi n° 2632 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Scrutin public n° 8427 sur l’ensemble (texte de la CMP) (20/07/2026)
- Scrutin public n° 7259 sur l’ensemble (première lecture) (02/06/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 2 juin 2026 (explications de vote) (02/06/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-914 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 45
- Contre
- 97
- Abstention
- 5
- Non-votant
- 1
- Votants
- 147
- Exprimés
- 142
- Majorité requise
- 72
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 40 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 25 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 11 | 0 | 3 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 6 | 1 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 1 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 40 dans le décompte
Contre (40) : Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Florence Goulet, Alexandre Sabatou, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Jean-Philippe Tanguy, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Bernard Chaumeil, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 16 dans le décompte
Contre (15) : Stéphane Travert, Olga Givernet, Pauline Cestrières, Sandra Marsaud, Sandrine Le Feur, Michel Lauzzana, Nicole Le Peih, Véronique Riotton, Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Anthony Brosse, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nathalie Coggia, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 25 dans le décompte
Pour (25) : Loïc Prud'homme, Mathilde Panot, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Sylvie Ferrer, Aurélie Trouvé, Clémence Guetté, Louis Boyard, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Pour (11) : Jérôme Guedj, Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Stéphane Delautrette, Dorine Bregman, Fabrice Roussel
Abstention (3) : Pascale Got, Marie-José Allemand, Valérie Rossi
Droite Républicaine 17 dans le décompte
Contre (17) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Michèle Tabarot, Vincent Descoeur, Jean-Luc Bourgeaux, Jean-Pierre Vigier, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Christelle Minard, Julien Dive, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Hubert Brigand, Corentin Le Fur, Nicolas Tryzna
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (8) : Dominique Voynet, Delphine Batho, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Jérémie Iordanoff, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (6) : Sabine Thillaye, Marc Fesneau, Géraldine Bannier, Laurent Croizier, Patricia Maussion, Pascal Lecamp
Abstention (1) : Hubert Ott
Horizons & Indépendants 12 dans le décompte
Contre (12) : Thierry Benoit, François Jolivet, Charlotte Parmentier-Lecocq, Christophe Plassard (ancien député), Henri Alfandari, François Gernigon, Pierre Marle, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député), Jean-Michel Brard, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : David Taupiac, Joël Bruneau
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Contre (4) : Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Julien Brugerolles
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin