Votes · Scrutin n° 6797 · 21 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1492 de M. Houssin et l'amendement identique suivant à l'article 5 (examen prioritaire) du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).
Dossier : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Président du groupe "Union des droites pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 5
- Texte
- Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Houssin et 120 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à porter de deux à trois ans la durée maximale de l’autorisation provisoire de poursuite des prélèvements en cas d’annulation contentieuse d’une autorisation unique pluriannuelle (AUP).
En pratique, la procédure d’instruction d’une nouvelle AUP est particulièrement longue. Elle implique notamment des expertises hydrologiques, des études d’impact, des phases de concertation, la consultation des instances de bassin ainsi qu’une enquête publique. À ces délais s’ajoutent, le cas échéant, les procédures contentieuses, notamment en appel. L’ensemble de ces étapes conduit fréquemment à des délais supérieurs à deux ans.
Dans ce contexte, la durée actuellement prévue apparaît insuffisante et risque de créer une instabilité juridique pour les irrigants. Elle pourrait conduire soit à des décisions administratives précipitées et fragiles, soit à une multiplication des dispositifs transitoires, contraire à l’objectif de simplification poursuivi par le projet de loi.
Le passage à une durée maximale de trois ans permet d’adapter le dispositif aux délais réels d’instruction, tout en conservant le caractère temporaire et encadré de l’autorisation. Il garantit ainsi la continuité des prélèvements agricoles, indispensable à la sécurisation des productions, sans remettre en cause les exigences environnementales.
Par ailleurs, il correspond aux délais constatés pour l’instruction des autorisations environnementales agricoles et aux durées cumulées des procédures contentieuses, qui excèdent fréquemment deux ans.
Cet amendement contribue ainsi à renforcer la sécurité juridique des exploitants et la cohérence opérationnelle du dispositif prévu à l’article 5.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À l’alinéa 12, substituer au mot
« deux »
le mot
« trois »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 5 : 31 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, ministre de l’agriculture Annie Genevard), déposé à l’Assemblée le 8 avril 2026 en procédure accélérée. Son exposé des motifs annonce des « réponses concrètes, rapides, utiles » autour de cinq axes : « projets d’avenir agricole » dans les territoires, lutte contre la concurrence déloyale (suspension d’importations de denrées traitées avec des substances interdites dans l’Union européenne), simplifications sur l’eau, le foncier et la prédation du loup, poids des agriculteurs dans les négociations commerciales, dommages et intérêts contre les recours abusifs.
La loi finale, décrite par le Conseil constitutionnel, comprend aussi :
- des dérogations de trois ans à l’interdiction des néonicotinoïdes et substances assimilées, accordées par l’Anses : flupyradifurone pour la betterave sucrière (semences traitées), les cerises et les pommes, acétamipride pour les noisettes (§ 39 et 52 à 54) ;
- des facilités pour le stockage de l’eau et la compensation des zones humides (articles 13, 14 et 27) ;
- des tirs de loups dérogatoires dans la limite d’un seuil de conservation de l’espèce (§ 342) et une habilitation à réformer par ordonnance le régime des élevages (article 46).
Ce que ça change
Les producteurs de betteraves, cerises, pommes et noisettes peuvent demander une dérogation, accordée seulement en cas de « menace grave » pour la production et d’absence d’alternative suffisante (§ 61). Ces dérogations doivent disparaître trois ans après la promulgation. La servitude imposée aux terrains constructibles voisins des champs, elle, a été censurée.
Ce qui est contesté
Le 20 juillet 2026, le texte de la commission mixte paritaire a été adopté par 296 voix contre 224 et 41 abstentions (scrutin n° 8427). Contre : La France insoumise (71), socialistes (66), écologistes (38), Gauche démocrate et républicaine (15), mais aussi 15 députés EPR, 11 Démocrates, 4 LIOT et 3 Horizons. Pour : Rassemblement national (122), Droite républicaine (48), UDR (17), 51 EPR, 24 Horizons, 19 Démocrates. En première lecture, le 2 juin : 369 contre 178 (scrutin n° 7259).
Débat du 20 juillet :
- Aurélie Trouvé (LFI) parle d’une « loi poison » et invoque l’Ordre des médecins contre l’acétamipride et le flupyradifurone.
- Fabrice Barusseau (socialiste) juge que le texte de la CMP « ne répond plus à la commande initiale du gouvernement ».
- Marc Fesneau (Démocrates) indique que son groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs, tout en jugeant que confier la décision à la science « est une avancée ».
- Agnès Pannier-Runacher (EPR) demande pourquoi le Gouvernement a refusé de soumettre au vote les amendements de suppression ; après une CMP, seuls les amendements acceptés par le Gouvernement sont discutés, rappelle Gabriel Attal (EPR).
- Pour le texte, Nathalie Coggia (EPR) met en avant la protection face aux importations ; Vincent Descoeur (Droite républicaine) salue les mesures contre le loup.
À l’Assemblée, les articles 4 (51 scrutins publics), 14 (50) et 5 (31) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 24 juillet par les députés insoumis et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-914 DC le 14 août 2026.
- Censure de l’article 35 : la servitude interdisant de construire sur une bande allant jusqu’à dix mètres, sans indemnisation garantie ni procédure d’observations, porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété (§ 310 à 316).
- Censure partielle de l’article 46 : réserver la participation du public aux personnes ayant un intérêt à agir viole l’article 7 de la Charte de l’environnement (§ 373 et 374).
- Cavaliers législatifs, c’est-à-dire ajouts sans lien avec le projet initial : curage des plans d’eau (article 14), piscicultures (16), suspension de la redevance pour pollutions diffuses (26), bâtiments agricoles exclus du calcul de l’artificialisation (32), haies (36), allégations sur la rémunération des agriculteurs (55) (§ 124, 146, 231, 279, 321, 447).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’Anses peut limiter une dérogation à certains territoires (§ 68) et son silence pendant deux mois vaut refus (§ 70) ; une retenue d’eau ne peut être regardée comme une zone humide (§ 244) ; réserve aussi sur les élevages (§ 390).
- Les dérogations aux néonicotinoïdes sont validées, « compte tenu en particulier de leur caractère temporaire » (§ 71).
Où en est le texte
Loi n° 2026-796 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » (18/08/2026)
- Projet de loi n° 2632 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Scrutin public n° 8427 sur l’ensemble (texte de la CMP) (20/07/2026)
- Scrutin public n° 7259 sur l’ensemble (première lecture) (02/06/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 2 juin 2026 (explications de vote) (02/06/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-914 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 46
- Contre
- 75
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 1
- Votants
- 125
- Exprimés
- 121
- Majorité requise
- 61
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 39 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 6 | 4 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 39 dans le décompte
Pour (39) : Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Caroline Colombier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Anaïs Sabatini, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Julien Guibert, Maxime Amblard, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Contre (20) : Stéphane Travert, Olga Givernet, Pauline Cestrières, Sandra Marsaud, Hervé Berville (ancien député), Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Michel Lauzzana, Nicole Le Peih, Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Karl Olive, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 14 dans le décompte
Contre (14) : Loïc Prud'homme, Mathilde Panot, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Andrée Taurinya, Rodrigo Arenas, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, René Pilato, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 6 dans le décompte
Contre (6) : Claudia Rouaux, Dominique Potier, Olivier Faure, Mélanie Thomin, Jacques Oberti, Sophie Pantel
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Contre (6) : Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Eric Liégeon, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup
Abstention (4) : Jean-Luc Bourgeaux, Virginie Duby-Muller, Anne-Laure Blin, Lionel Duparay
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Contre (13) : Dominique Voynet, Delphine Batho, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Marie Pochon, Cyrielle Chatelain, Jean-Claude Raux, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Danielle Simonnet, Benoît Biteau, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (9) : Sophie Mette, Géraldine Bannier, Jimmy Pahun, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Mickaël Cosson, Patricia Maussion, Louise Morel, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Contre (4) : Sylvain Berrios, Véronique Ludmann, Béatrice Bellamy (ancien député), Jean-Michel Brard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : David Taupiac
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Julien Brugerolles, Frédéric Maillot
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (7) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin