Votes · Scrutin n° 6916 · 26 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 897 de Mme Pantel à l'article 14 (examen prioritaire) du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).
Dossier : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles · Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 14
- Texte
- Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Pantel et 67 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à prendre en compte les situations particulières des exploitations d’élevage situées à cheval entre des zones soumises à des régimes juridiques distincts, notamment entre le cœur de parcs nationaux et les zones situées en dehors de ces espaces.
Dans ces configurations, les éleveurs peuvent être contraints de réaliser plusieurs démarches administratives distinctes, telles qu’une déclaration et une demande d’autorisation, pour une même exploitation et une même situation de prédation. Cette superposition des procédures génère une complexité inutile et est source de délais supplémentaires et de complexité, alors même que la réactivité constitue un élément essentiel dans la protection des troupeaux.
Dans un contexte de progression de la population de loups et d’exposition accrue de certains territoires à la prédation, il est indispensable de simplifier les démarches administratives afin de permettre une réponse rapide et adaptée aux réalités du terrain.
Le présent amendement propose ainsi que l’arrêté prévu à l’article 14 puisse définir des modalités spécifiques pour ces situations hybrides, en prévoyant des procédures simplifiées et unifiées, ainsi que des modalités de réponse adaptées.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 4, insérer l’alinéa suivant :
« L’arrêté précise également les modalités d’application des mesures de gestion, mentionnées au précédent alinéa, aux exploitations situées sur des territoires relevant de régimes juridiques distincts, notamment lorsque leur périmètre s’étend sur des zones protégées et des zones non protégées, en prévoyant des procédures simplifiées et unifiées de déclaration ou d’autorisation, ainsi que des modalités de réponse adaptées. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 14 : 50 scrutins publics, dont 9 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, ministre de l’agriculture Annie Genevard), déposé à l’Assemblée le 8 avril 2026 en procédure accélérée. Son exposé des motifs annonce des « réponses concrètes, rapides, utiles » autour de cinq axes : « projets d’avenir agricole » dans les territoires, lutte contre la concurrence déloyale (suspension d’importations de denrées traitées avec des substances interdites dans l’Union européenne), simplifications sur l’eau, le foncier et la prédation du loup, poids des agriculteurs dans les négociations commerciales, dommages et intérêts contre les recours abusifs.
La loi finale, décrite par le Conseil constitutionnel, comprend aussi :
- des dérogations de trois ans à l’interdiction des néonicotinoïdes et substances assimilées, accordées par l’Anses : flupyradifurone pour la betterave sucrière (semences traitées), les cerises et les pommes, acétamipride pour les noisettes (§ 39 et 52 à 54) ;
- des facilités pour le stockage de l’eau et la compensation des zones humides (articles 13, 14 et 27) ;
- des tirs de loups dérogatoires dans la limite d’un seuil de conservation de l’espèce (§ 342) et une habilitation à réformer par ordonnance le régime des élevages (article 46).
Ce que ça change
Les producteurs de betteraves, cerises, pommes et noisettes peuvent demander une dérogation, accordée seulement en cas de « menace grave » pour la production et d’absence d’alternative suffisante (§ 61). Ces dérogations doivent disparaître trois ans après la promulgation. La servitude imposée aux terrains constructibles voisins des champs, elle, a été censurée.
Ce qui est contesté
Le 20 juillet 2026, le texte de la commission mixte paritaire a été adopté par 296 voix contre 224 et 41 abstentions (scrutin n° 8427). Contre : La France insoumise (71), socialistes (66), écologistes (38), Gauche démocrate et républicaine (15), mais aussi 15 députés EPR, 11 Démocrates, 4 LIOT et 3 Horizons. Pour : Rassemblement national (122), Droite républicaine (48), UDR (17), 51 EPR, 24 Horizons, 19 Démocrates. En première lecture, le 2 juin : 369 contre 178 (scrutin n° 7259).
Débat du 20 juillet :
- Aurélie Trouvé (LFI) parle d’une « loi poison » et invoque l’Ordre des médecins contre l’acétamipride et le flupyradifurone.
- Fabrice Barusseau (socialiste) juge que le texte de la CMP « ne répond plus à la commande initiale du gouvernement ».
- Marc Fesneau (Démocrates) indique que son groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs, tout en jugeant que confier la décision à la science « est une avancée ».
- Agnès Pannier-Runacher (EPR) demande pourquoi le Gouvernement a refusé de soumettre au vote les amendements de suppression ; après une CMP, seuls les amendements acceptés par le Gouvernement sont discutés, rappelle Gabriel Attal (EPR).
- Pour le texte, Nathalie Coggia (EPR) met en avant la protection face aux importations ; Vincent Descoeur (Droite républicaine) salue les mesures contre le loup.
À l’Assemblée, les articles 4 (51 scrutins publics), 14 (50) et 5 (31) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 24 juillet par les députés insoumis et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-914 DC le 14 août 2026.
- Censure de l’article 35 : la servitude interdisant de construire sur une bande allant jusqu’à dix mètres, sans indemnisation garantie ni procédure d’observations, porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété (§ 310 à 316).
- Censure partielle de l’article 46 : réserver la participation du public aux personnes ayant un intérêt à agir viole l’article 7 de la Charte de l’environnement (§ 373 et 374).
- Cavaliers législatifs, c’est-à-dire ajouts sans lien avec le projet initial : curage des plans d’eau (article 14), piscicultures (16), suspension de la redevance pour pollutions diffuses (26), bâtiments agricoles exclus du calcul de l’artificialisation (32), haies (36), allégations sur la rémunération des agriculteurs (55) (§ 124, 146, 231, 279, 321, 447).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’Anses peut limiter une dérogation à certains territoires (§ 68) et son silence pendant deux mois vaut refus (§ 70) ; une retenue d’eau ne peut être regardée comme une zone humide (§ 244) ; réserve aussi sur les élevages (§ 390).
- Les dérogations aux néonicotinoïdes sont validées, « compte tenu en particulier de leur caractère temporaire » (§ 71).
Où en est le texte
Loi n° 2026-796 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » (18/08/2026)
- Projet de loi n° 2632 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Scrutin public n° 8427 sur l’ensemble (texte de la CMP) (20/07/2026)
- Scrutin public n° 7259 sur l’ensemble (première lecture) (02/06/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 2 juin 2026 (explications de vote) (02/06/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-914 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 72
- Contre
- 135
- Abstention
- 17
- Non-votant
- 2
- Votants
- 224
- Exprimés
- 207
- Majorité requise
- 104
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 1 | 70 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 3 | 19 | 3 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 19 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 25 | 0 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 1 | |
| HOR 34 membres | Abstention | 1 | 1 | 10 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 4 | 1 | 2 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 3 | 4 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 71 dans le décompte
Pour (1) : Christian Girard
Contre (70) : Hervé de Lépinau, Sébastien Chenu, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Gisèle Lelouis, Joëlle Mélin, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Julien Odoul, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Laure Lavalette, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Philippe Schreck, Bénédicte Auzanot, Alexandre Dufosset, Édouard Jordan, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, Frédéric-Pierre Vos, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 26 dans le décompte
Pour (3) : Danielle Brulebois, Benjamin Dirx, Laure Miller
Contre (19) : Brigitte Klinkert, Olga Givernet, Hervé Berville (ancien député), Sandrine Le Feur, Bertrand Sorre, Véronique Riotton, Olivia Grégoire, Stéphane Buchou, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Françoise Buffet, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Danièle Carteron, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Abstention (3) : Pauline Cestrières, Jean-René Cazeneuve, Anthony Brosse
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 21 dans le décompte
Contre (21) : Loïc Prud'homme, Danièle Obono, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Jean-François Coulomme, Aurélie Trouvé, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, René Pilato, Sandrine Nosbé, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Claire Lejeune
Socialistes et apparentés 19 dans le décompte
Pour (19) : Pascale Got, Marietta Karamanli, Claudia Rouaux, Laurent Baumel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Gérard Leseul, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Martine Froger, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Denis Fégné
Droite Républicaine 26 dans le décompte
Pour (25) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Laurent Wauquiez, Vincent Descoeur, Jean-Luc Bourgeaux, Jean-Pierre Vigier, Eric Liégeon, Thibault Bazin, Christelle Minard, Julien Dive, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Ray, Hubert Brigand, Yannick Neuder, Justine Gruet, Antoine Vermorel, Corentin Le Fur, Emeline Rey-Rinchet, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Abstention (1) : Marie-Christine Dalloz
Écologiste et Social 19 dans le décompte
Contre (19) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Cyrielle Chatelain, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Emmanuel Duplessy, Damien Girard, Julie Ozenne
Les Démocrates 14 dans le décompte
Pour (13) : Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Jimmy Pahun, Frédéric Petit, Cyrille Isaac-Sibille, Romain Daubié, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Hubert Ott, Éric Martineau, Didier Padey, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 12 dans le décompte
Pour (1) : Pierre Marle
Contre (1) : Xavier Roseren
Abstention (10) : Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Laetitia Saint-Paul, Michel Criaud, Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Jean-Michel Brard, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 7 dans le décompte
Pour (4) : Paul Molac, Paul-André Colombani, Audrey Abadie-Amiel, Joël Bruneau
Contre (1) : Stéphane Viry
Abstention (2) : Jean-Luc Warsmann, Constance de Pélichy
Union des droites pour la République 8 dans le décompte
Pour (3) : Sophie Ricourt Vaginay, Matthieu Bloch, Bartolomé Lenoir
Contre (4) : Christelle D'Intorni, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat
Abstention (1) : Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Julien Brugerolles
Non inscrit 2 dans le décompte
Pour (2) : Philippe Bonnecarrère, Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin