Votes · Scrutin n° 6951 · 27 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1679 de Mme Pochon et l'amendement identique suivant à l'article 14 (examen prioritaire) du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).
Dossier : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 14
- Texte
- Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Pochon et 35 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Écologiste et Social vise à supprimer la disposition autorisant les tirs d’effarouchement et de défense dans les réserves naturelles nationales et les parcs nationaux (à l’exception des cœurs de parcs nationaux).
Or, les réserves naturelles, tout comme les cœurs de parcs nationaux, comme des zones de protection forte, c’est-à-dire des espaces où la priorité est donnée à la conservation de la faune, de la flore et des processus écologiques. Tirer des loups dans ces espaces est une atteinte directe au principe fondateur des réserves naturelles nationales à protection forte et revient à perturber les équilibres écologiques que l’on prétend protéger et ainsi dénaturer leur raison d’être.
Une telle mesure porte atteinte à la cohérence et à l’effectivité du droit de protection des espaces naturels. Les espaces mentionnés aux articles L. 331-1, L. 332-1 et L. 341-1 du code de l’environnement (parcs nationaux, réserves naturelles et sites classés) bénéficient d’un niveau de protection spécifique, précisément destiné à limiter strictement les activités susceptibles de porter atteinte aux milieux et aux espèces qu’ils abritent. Autoriser des tirs létaux au sein de ces espaces reviendrait à vider de sa substance la notion de protection forte, et à créer un précédent dangereux pour d’autres dérogations, à la banalisation des interventions létales dans les aires protégées, à affaiblir la stratégie nationale des aires protégées, à remettre en question les engagements de la France à l'échelle également européenne et internationale. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer l’alinéa 33.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 14 : 50 scrutins publics, dont 9 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, ministre de l’agriculture Annie Genevard), déposé à l’Assemblée le 8 avril 2026 en procédure accélérée. Son exposé des motifs annonce des « réponses concrètes, rapides, utiles » autour de cinq axes : « projets d’avenir agricole » dans les territoires, lutte contre la concurrence déloyale (suspension d’importations de denrées traitées avec des substances interdites dans l’Union européenne), simplifications sur l’eau, le foncier et la prédation du loup, poids des agriculteurs dans les négociations commerciales, dommages et intérêts contre les recours abusifs.
La loi finale, décrite par le Conseil constitutionnel, comprend aussi :
- des dérogations de trois ans à l’interdiction des néonicotinoïdes et substances assimilées, accordées par l’Anses : flupyradifurone pour la betterave sucrière (semences traitées), les cerises et les pommes, acétamipride pour les noisettes (§ 39 et 52 à 54) ;
- des facilités pour le stockage de l’eau et la compensation des zones humides (articles 13, 14 et 27) ;
- des tirs de loups dérogatoires dans la limite d’un seuil de conservation de l’espèce (§ 342) et une habilitation à réformer par ordonnance le régime des élevages (article 46).
Ce que ça change
Les producteurs de betteraves, cerises, pommes et noisettes peuvent demander une dérogation, accordée seulement en cas de « menace grave » pour la production et d’absence d’alternative suffisante (§ 61). Ces dérogations doivent disparaître trois ans après la promulgation. La servitude imposée aux terrains constructibles voisins des champs, elle, a été censurée.
Ce qui est contesté
Le 20 juillet 2026, le texte de la commission mixte paritaire a été adopté par 296 voix contre 224 et 41 abstentions (scrutin n° 8427). Contre : La France insoumise (71), socialistes (66), écologistes (38), Gauche démocrate et républicaine (15), mais aussi 15 députés EPR, 11 Démocrates, 4 LIOT et 3 Horizons. Pour : Rassemblement national (122), Droite républicaine (48), UDR (17), 51 EPR, 24 Horizons, 19 Démocrates. En première lecture, le 2 juin : 369 contre 178 (scrutin n° 7259).
Débat du 20 juillet :
- Aurélie Trouvé (LFI) parle d’une « loi poison » et invoque l’Ordre des médecins contre l’acétamipride et le flupyradifurone.
- Fabrice Barusseau (socialiste) juge que le texte de la CMP « ne répond plus à la commande initiale du gouvernement ».
- Marc Fesneau (Démocrates) indique que son groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs, tout en jugeant que confier la décision à la science « est une avancée ».
- Agnès Pannier-Runacher (EPR) demande pourquoi le Gouvernement a refusé de soumettre au vote les amendements de suppression ; après une CMP, seuls les amendements acceptés par le Gouvernement sont discutés, rappelle Gabriel Attal (EPR).
- Pour le texte, Nathalie Coggia (EPR) met en avant la protection face aux importations ; Vincent Descoeur (Droite républicaine) salue les mesures contre le loup.
À l’Assemblée, les articles 4 (51 scrutins publics), 14 (50) et 5 (31) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 24 juillet par les députés insoumis et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-914 DC le 14 août 2026.
- Censure de l’article 35 : la servitude interdisant de construire sur une bande allant jusqu’à dix mètres, sans indemnisation garantie ni procédure d’observations, porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété (§ 310 à 316).
- Censure partielle de l’article 46 : réserver la participation du public aux personnes ayant un intérêt à agir viole l’article 7 de la Charte de l’environnement (§ 373 et 374).
- Cavaliers législatifs, c’est-à-dire ajouts sans lien avec le projet initial : curage des plans d’eau (article 14), piscicultures (16), suspension de la redevance pour pollutions diffuses (26), bâtiments agricoles exclus du calcul de l’artificialisation (32), haies (36), allégations sur la rémunération des agriculteurs (55) (§ 124, 146, 231, 279, 321, 447).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’Anses peut limiter une dérogation à certains territoires (§ 68) et son silence pendant deux mois vaut refus (§ 70) ; une retenue d’eau ne peut être regardée comme une zone humide (§ 244) ; réserve aussi sur les élevages (§ 390).
- Les dérogations aux néonicotinoïdes sont validées, « compte tenu en particulier de leur caractère temporaire » (§ 71).
Où en est le texte
Loi n° 2026-796 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » (18/08/2026)
- Projet de loi n° 2632 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Scrutin public n° 8427 sur l’ensemble (texte de la CMP) (20/07/2026)
- Scrutin public n° 7259 sur l’ensemble (première lecture) (02/06/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 2 juin 2026 (explications de vote) (02/06/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-914 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 38
- Contre
- 145
- Abstention
- 7
- Non-votant
- 1
- Votants
- 190
- Exprimés
- 183
- Majorité requise
- 92
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 60 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 26 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 19 | 1 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Abstention | 4 | 5 | 6 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 1 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 60 dans le décompte
Contre (60) : Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, José Beaurain, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Emmanuel Taché, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Philippe Schreck, Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 28 dans le décompte
Contre (26) : Stéphane Travert, Pauline Cestrières, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Didier Le Gac, Jean-René Cazeneuve, Corinne Vignon, Danielle Brulebois, Nicole Le Peih, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Thomas Gassilloud, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Paul Midy, Bastien Marchive, Laure Miller, Danièle Carteron, Anne-Sophie Ronceret
Abstention (1) : Sandrine Le Feur
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Pour (19) : Loïc Prud'homme, Danièle Obono, Murielle Lepvraud, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Mathilde Feld, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Contre (1) : Aurélie Trouvé
Socialistes et apparentés 15 dans le décompte
Pour (4) : Pascale Got, Guillaume Garot, Anna Pic, Dieynaba Diop
Contre (5) : Marietta Karamanli, Iñaki Echaniz, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Béatrice Bellay
Abstention (6) : Claudia Rouaux, Dominique Potier, Mélanie Thomin, Dorine Bregman, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau
Droite Républicaine 22 dans le décompte
Contre (22) : Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Jean-Louis Thiériot, Christelle Minard, Julien Dive, Pierre Cordier, Frédérique Meunier, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Hubert Brigand, Thierry Liger, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Emeline Rey-Rinchet, Nicolas Tryzna, Lionel Duparay
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Pour (14) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Sophie Taillé-Polian, Hendrik Davi, Marie Pochon, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Catherine Hervieu, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 6 dans le décompte
Pour (1) : Emmanuel Mandon
Contre (5) : Christophe Blanchet, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Frédéric Petit, Laurent Croizier
Horizons & Indépendants 13 dans le décompte
Contre (13) : Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Laetitia Saint-Paul, Charlotte Parmentier-Lecocq, Xavier Roseren, Christophe Plassard (ancien député), Félicie Gérard, Pierre Marle, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Contre (5) : Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Joël Bruneau, Constance de Pélichy
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Contre (4) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Maxime Michelet
Non inscrit 4 dans le décompte
Contre (4) : Véronique Besse, Philippe Bonnecarrère, Lionel Vuibert, Christine Engrand
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Aurélie Trouvé
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin