Votes · Scrutin n° 6957 · 27 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1684 de Mme Pochon après l'article 14 (examen prioritaire) du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).
Dossier : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles · Demandé par : Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 14
- Texte
- Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Pochon et 8 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe Écologiste et Social vise à anticiper l’extension progressive de l’aire de présence du loup sur le territoire national métropolitain et à renforcer les dispositifs de prévention de la prédation sur les troupeaux.
La dynamique actuelle de colonisation observée dans de nombreux départements conduit un nombre croissant d’éleveurs à être confrontés, à court ou moyen terme, à un risque de prédation. Or, les dispositifs de protection demeurent aujourd’hui largement conditionnés au zonage administratif des « cercles loup » (0, 1, 2 ou 3), qui limite l’accès anticipé aux mesures de prévention.
En réputant le loup susceptible d’étendre son aire de présence à l’ensemble du territoire métropolitain, cet amendement encourage la mise en place préventive de mesures de protection, notamment dans les zones situées à proximité des nouveaux fronts de colonisation.
Cette évolution vise à donner aux éleveurs la possibilité d’anticiper l’arrivée du loup, de sécuriser leurs pratiques d’élevage et d’accéder plus largement aux dispositifs d’accompagnement prévus par l’État.
Elle participe également d’une logique de gradation des réponses à la prédation, fondée prioritairement sur la prévention et la protection des troupeaux, avant le recours aux tirs.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’article L. 113‑3 du code rural et de la pêche maritime, il est inséré un article L. 113‑3‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 113‑3‑1. – Le loup est réputé susceptible d’étendre son aire de présence à l’ensemble du territoire métropolitain. Des mesures de protection sont encouragées afin de prévenir les risques de prédation. Les conditions d’application du présent article sont fixées par décret en Conseil d’État. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, ministre de l’agriculture Annie Genevard), déposé à l’Assemblée le 8 avril 2026 en procédure accélérée. Son exposé des motifs annonce des « réponses concrètes, rapides, utiles » autour de cinq axes : « projets d’avenir agricole » dans les territoires, lutte contre la concurrence déloyale (suspension d’importations de denrées traitées avec des substances interdites dans l’Union européenne), simplifications sur l’eau, le foncier et la prédation du loup, poids des agriculteurs dans les négociations commerciales, dommages et intérêts contre les recours abusifs.
La loi finale, décrite par le Conseil constitutionnel, comprend aussi :
- des dérogations de trois ans à l’interdiction des néonicotinoïdes et substances assimilées, accordées par l’Anses : flupyradifurone pour la betterave sucrière (semences traitées), les cerises et les pommes, acétamipride pour les noisettes (§ 39 et 52 à 54) ;
- des facilités pour le stockage de l’eau et la compensation des zones humides (articles 13, 14 et 27) ;
- des tirs de loups dérogatoires dans la limite d’un seuil de conservation de l’espèce (§ 342) et une habilitation à réformer par ordonnance le régime des élevages (article 46).
Ce que ça change
Les producteurs de betteraves, cerises, pommes et noisettes peuvent demander une dérogation, accordée seulement en cas de « menace grave » pour la production et d’absence d’alternative suffisante (§ 61). Ces dérogations doivent disparaître trois ans après la promulgation. La servitude imposée aux terrains constructibles voisins des champs, elle, a été censurée.
Ce qui est contesté
Le 20 juillet 2026, le texte de la commission mixte paritaire a été adopté par 296 voix contre 224 et 41 abstentions (scrutin n° 8427). Contre : La France insoumise (71), socialistes (66), écologistes (38), Gauche démocrate et républicaine (15), mais aussi 15 députés EPR, 11 Démocrates, 4 LIOT et 3 Horizons. Pour : Rassemblement national (122), Droite républicaine (48), UDR (17), 51 EPR, 24 Horizons, 19 Démocrates. En première lecture, le 2 juin : 369 contre 178 (scrutin n° 7259).
Débat du 20 juillet :
- Aurélie Trouvé (LFI) parle d’une « loi poison » et invoque l’Ordre des médecins contre l’acétamipride et le flupyradifurone.
- Fabrice Barusseau (socialiste) juge que le texte de la CMP « ne répond plus à la commande initiale du gouvernement ».
- Marc Fesneau (Démocrates) indique que son groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs, tout en jugeant que confier la décision à la science « est une avancée ».
- Agnès Pannier-Runacher (EPR) demande pourquoi le Gouvernement a refusé de soumettre au vote les amendements de suppression ; après une CMP, seuls les amendements acceptés par le Gouvernement sont discutés, rappelle Gabriel Attal (EPR).
- Pour le texte, Nathalie Coggia (EPR) met en avant la protection face aux importations ; Vincent Descoeur (Droite républicaine) salue les mesures contre le loup.
À l’Assemblée, les articles 4 (51 scrutins publics), 14 (50) et 5 (31) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 24 juillet par les députés insoumis et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-914 DC le 14 août 2026.
- Censure de l’article 35 : la servitude interdisant de construire sur une bande allant jusqu’à dix mètres, sans indemnisation garantie ni procédure d’observations, porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété (§ 310 à 316).
- Censure partielle de l’article 46 : réserver la participation du public aux personnes ayant un intérêt à agir viole l’article 7 de la Charte de l’environnement (§ 373 et 374).
- Cavaliers législatifs, c’est-à-dire ajouts sans lien avec le projet initial : curage des plans d’eau (article 14), piscicultures (16), suspension de la redevance pour pollutions diffuses (26), bâtiments agricoles exclus du calcul de l’artificialisation (32), haies (36), allégations sur la rémunération des agriculteurs (55) (§ 124, 146, 231, 279, 321, 447).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’Anses peut limiter une dérogation à certains territoires (§ 68) et son silence pendant deux mois vaut refus (§ 70) ; une retenue d’eau ne peut être regardée comme une zone humide (§ 244) ; réserve aussi sur les élevages (§ 390).
- Les dérogations aux néonicotinoïdes sont validées, « compte tenu en particulier de leur caractère temporaire » (§ 71).
Où en est le texte
Loi n° 2026-796 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » (18/08/2026)
- Projet de loi n° 2632 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Scrutin public n° 8427 sur l’ensemble (texte de la CMP) (20/07/2026)
- Scrutin public n° 7259 sur l’ensemble (première lecture) (02/06/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 2 juin 2026 (explications de vote) (02/06/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-914 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 48
- Contre
- 132
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 1
- Votants
- 184
- Exprimés
- 180
- Majorité requise
- 91
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 63 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 24 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 24 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 11 | 0 | 2 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 1 | 16 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 63 dans le décompte
Contre (63) : Hervé de Lépinau, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Lionel Tivoli, Cyril Tribuiani, José Gonzalez, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Philippe Ballard, Kévin Pfeffer, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Monique Griseti, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, David Magnier, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 25 dans le décompte
Contre (24) : Stéphane Travert, Pauline Cestrières, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Nicole Le Peih, Jean Terlier, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Stéphane Buchou, Thomas Gassilloud, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Paul Midy, Bastien Marchive, Anne-Sophie Ronceret, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 24 dans le décompte
Pour (24) : Loïc Prud'homme, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Gabriel Amard (ancien député), Aurélie Trouvé, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Manon Meunier, Aurélien Saintoul, René Pilato, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Pour (11) : Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Mélanie Thomin, Anna Pic, Dorine Bregman, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel
Abstention (2) : Iñaki Echaniz, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 17 dans le décompte
Pour (1) : Émilie Bonnivard
Contre (16) : Jean-Yves Bony, Vincent Descoeur, Jean-Pierre Vigier, Patrick Hetzel, Eric Liégeon, Jean-Louis Thiériot, Christelle Minard, Julien Dive, Pierre Cordier, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Hubert Brigand, Thierry Liger, Corentin Le Fur, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Pour (12) : Dominique Voynet, Sophie Taillé-Polian, Marie Pochon, Nicolas Thierry, Jérémie Iordanoff, Julie Laernoes, Catherine Hervieu, Emmanuel Duplessy, Damien Girard, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Julie Ozenne
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (7) : Christophe Blanchet, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Jimmy Pahun, Laurent Croizier, Louise Morel, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 14 dans le décompte
Contre (14) : Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), François Jolivet, Laetitia Saint-Paul, Charlotte Parmentier-Lecocq, Xavier Roseren, Christophe Plassard (ancien député), Pierre Marle, Véronique Ludmann, Frédéric Valletoux, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Abstention (1) : David Taupiac
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Abstention (1) : Julien Brugerolles
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Contre (5) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Maxime Michelet, Antoine Valentin
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Véronique Besse, Lionel Vuibert, Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin