Votes · Scrutin n° 6970 · 27 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1488 de M. Houssin après l'article 17 (examen prioritaire) du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).
Dossier : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 17
- Texte
- Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Houssin et 120 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à apporter une déclinaison opérationnelle du principe d’adaptation du régime des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) aux spécificités des activités agricoles, en particulier des élevages.
En effet, la France applique aujourd’hui des seuils d’entrée dans le régime ICPE pour les élevages significativement plus contraignants que ceux prévus par le droit de l’Union européenne, notamment au regard de la directive relative aux émissions industrielles (IED). À titre d’exemple, cette directive ne s’applique qu’aux élevages de plus de 2 000 porcs d’engraissement, 750 truies ou 40 000 volailles. Or, en France, des exploitations peuvent être soumises à des régimes ICPE dès des niveaux d’activité très inférieurs, parfois autour de quelques centaines d’animaux, ce qui conduit à appliquer des contraintes administratives lourdes à des exploitations qui ne relèvent pas, ailleurs en Europe, de ces dispositifs.
Cette situation constitue une forme de surtransposition, qui entraîne des charges administratives importantes, des délais d’instruction allongés et un frein au développement des exploitations, sans bénéfice environnemental toujours démontré.
Les travaux parlementaires récents, notamment ceux menés dans le cadre de la proposition de loi portée par le sénateur Laurent Duplomb, ont mis en évidence ces déséquilibres, sans que des mesures de correction suffisantes aient été retenues à ce stade.
Cet amendement propose donc une approche plus normative, en posant un objectif d’alignement sur les seuils européens, afin de limiter les situations de surtransposition et de restaurer des conditions de concurrence équitables, tout en maintenant un niveau élevé de protection de l’environnement. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
La section 2 du chapitre II du titre Ier du livre V du code de l’environnement est ainsi modifiée :
1° Le I de l’article L. 512‑7 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Pour les activités d’élevage, les seuils déterminant l’assujettissement aux régimes de déclaration, d’enregistrement ou d’autorisation tiennent compte des seuils définis par le droit de l’Union européenne, afin d’éviter toute surtransposition. » ;
2° Après le même article L. 512-7, il est inséré un article L. 512‑7-1A ainsi rédigé :
« Art. L. 512‑7-1A. – Un décret en Conseil d’État fixe, pour les activités d’élevage, des seuils adaptés, en cohérence avec les seuils applicables au niveau de l’Union européenne, afin de garantir la compétitivité des exploitations agricoles tout en assurant un niveau élevé de protection de l’environnement. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, ministre de l’agriculture Annie Genevard), déposé à l’Assemblée le 8 avril 2026 en procédure accélérée. Son exposé des motifs annonce des « réponses concrètes, rapides, utiles » autour de cinq axes : « projets d’avenir agricole » dans les territoires, lutte contre la concurrence déloyale (suspension d’importations de denrées traitées avec des substances interdites dans l’Union européenne), simplifications sur l’eau, le foncier et la prédation du loup, poids des agriculteurs dans les négociations commerciales, dommages et intérêts contre les recours abusifs.
La loi finale, décrite par le Conseil constitutionnel, comprend aussi :
- des dérogations de trois ans à l’interdiction des néonicotinoïdes et substances assimilées, accordées par l’Anses : flupyradifurone pour la betterave sucrière (semences traitées), les cerises et les pommes, acétamipride pour les noisettes (§ 39 et 52 à 54) ;
- des facilités pour le stockage de l’eau et la compensation des zones humides (articles 13, 14 et 27) ;
- des tirs de loups dérogatoires dans la limite d’un seuil de conservation de l’espèce (§ 342) et une habilitation à réformer par ordonnance le régime des élevages (article 46).
Ce que ça change
Les producteurs de betteraves, cerises, pommes et noisettes peuvent demander une dérogation, accordée seulement en cas de « menace grave » pour la production et d’absence d’alternative suffisante (§ 61). Ces dérogations doivent disparaître trois ans après la promulgation. La servitude imposée aux terrains constructibles voisins des champs, elle, a été censurée.
Ce qui est contesté
Le 20 juillet 2026, le texte de la commission mixte paritaire a été adopté par 296 voix contre 224 et 41 abstentions (scrutin n° 8427). Contre : La France insoumise (71), socialistes (66), écologistes (38), Gauche démocrate et républicaine (15), mais aussi 15 députés EPR, 11 Démocrates, 4 LIOT et 3 Horizons. Pour : Rassemblement national (122), Droite républicaine (48), UDR (17), 51 EPR, 24 Horizons, 19 Démocrates. En première lecture, le 2 juin : 369 contre 178 (scrutin n° 7259).
Débat du 20 juillet :
- Aurélie Trouvé (LFI) parle d’une « loi poison » et invoque l’Ordre des médecins contre l’acétamipride et le flupyradifurone.
- Fabrice Barusseau (socialiste) juge que le texte de la CMP « ne répond plus à la commande initiale du gouvernement ».
- Marc Fesneau (Démocrates) indique que son groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs, tout en jugeant que confier la décision à la science « est une avancée ».
- Agnès Pannier-Runacher (EPR) demande pourquoi le Gouvernement a refusé de soumettre au vote les amendements de suppression ; après une CMP, seuls les amendements acceptés par le Gouvernement sont discutés, rappelle Gabriel Attal (EPR).
- Pour le texte, Nathalie Coggia (EPR) met en avant la protection face aux importations ; Vincent Descoeur (Droite républicaine) salue les mesures contre le loup.
À l’Assemblée, les articles 4 (51 scrutins publics), 14 (50) et 5 (31) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 24 juillet par les députés insoumis et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-914 DC le 14 août 2026.
- Censure de l’article 35 : la servitude interdisant de construire sur une bande allant jusqu’à dix mètres, sans indemnisation garantie ni procédure d’observations, porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété (§ 310 à 316).
- Censure partielle de l’article 46 : réserver la participation du public aux personnes ayant un intérêt à agir viole l’article 7 de la Charte de l’environnement (§ 373 et 374).
- Cavaliers législatifs, c’est-à-dire ajouts sans lien avec le projet initial : curage des plans d’eau (article 14), piscicultures (16), suspension de la redevance pour pollutions diffuses (26), bâtiments agricoles exclus du calcul de l’artificialisation (32), haies (36), allégations sur la rémunération des agriculteurs (55) (§ 124, 146, 231, 279, 321, 447).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’Anses peut limiter une dérogation à certains territoires (§ 68) et son silence pendant deux mois vaut refus (§ 70) ; une retenue d’eau ne peut être regardée comme une zone humide (§ 244) ; réserve aussi sur les élevages (§ 390).
- Les dérogations aux néonicotinoïdes sont validées, « compte tenu en particulier de leur caractère temporaire » (§ 71).
Où en est le texte
Loi n° 2026-796 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » (18/08/2026)
- Projet de loi n° 2632 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Scrutin public n° 8427 sur l’ensemble (texte de la CMP) (20/07/2026)
- Scrutin public n° 7259 sur l’ensemble (première lecture) (02/06/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 2 juin 2026 (explications de vote) (02/06/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-914 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 66
- Contre
- 88
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 154
- Exprimés
- 154
- Majorité requise
- 78
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 59 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 59 dans le décompte
Pour (59) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Cyril Tribuiani, José Gonzalez, Romain Baubry, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Florence Goulet, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Alexandre Loubet, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Jean-Philippe Tanguy, Philippe Lottiaux, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Édouard Jordan, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Thibaut Monnier, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Guibert, Maxime Amblard, David Magnier, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Contre (16) : Brigitte Klinkert, Pauline Cestrières, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Nicole Le Peih, Patricia Lemoine, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Pierre Cazeneuve, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 25 dans le décompte
Contre (25) : Ugo Bernalicis, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Aurélie Trouvé, Clémence Guetté, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Manon Meunier, René Pilato, Sandrine Nosbé, Shéhérazade Bentorki, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Contre (14) : Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Dominique Potier, Gérard Leseul, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Fabrice Roussel, Peio Dufau, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (8) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Eric Liégeon, Jean-Louis Thiériot, Julien Dive, Anne-Laure Blin, François-Xavier Ceccoli, Lionel Duparay
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Contre (11) : Dominique Voynet, Marie Pochon, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Jean-Claude Raux, Lisa Belluco, Sabrina Sebaihi, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 4 dans le décompte
Contre (4) : Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Frédéric Petit, Romain Daubié
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (8) : Thierry Benoit, Laetitia Saint-Paul, Christophe Plassard (ancien député), Pierre Marle, Véronique Ludmann, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : David Taupiac
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Pour (5) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Maxime Michelet, Pierre-Henri Carbonnel
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Julien Brugerolles
Non inscrit 2 dans le décompte
Pour (2) : Véronique Besse, Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin