Votes · Scrutin n° 6973 · 27 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1999 de M. Vermorel-Marques après l'article 2 du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).
Dossier : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles · Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 2
- Texte
- Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Vermorel-Marques et 44 cosignataires (DR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement du groupe Droite Républicaine vise à compléter l’article 2 – qui tend à lutter contre la concurrence déloyale à l’importation – en instaurant des sanctions administratives en cas de non-respect de l’article L. 236-1 A du code rural et de la pêche maritime.
Aujourd’hui, en l’absence de telles sanctions, les autorités compétentes ne peuvent que détruire ou refuser les lots non conformes, sans pouvoir sanctionner réellement les opérateurs responsables. Cette situation limite l’efficacité des contrôles et affaiblit la portée des règles applicables.
Le présent dispositif propose donc d’introduire des sanctions pécuniaires, afin de compléter utilement les moyens d’action de l’administration en matière de contrôles sanitaires, vétérinaires et phytosanitaires.
Ces sanctions ne s’appliquent qu’en cas de violation des principaux règlements européens en matière de sécurité alimentaire, d’usage des produits phytosanitaires et de bien-être animal, qui prévoient eux-mêmes la possibilité pour les États membres de sanctionner les manquements, à condition que ces sanctions soient proportionnées, nécessaires et effectives.
Il s’agit ainsi de renforcer la crédibilité des contrôles, de garantir des conditions de concurrence équitables et de mieux protéger les consommateurs.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
« La section 2 du chapitre VI du titre préliminaire du livre II du code rural et de la pêche maritime est complétée par un article L. 206‑2‑1 ainsi rédigé :
« Art. L. 206‑2‑1. – I. – Lorsqu’elle constate une méconnaissance de l’article L. 236‑1 A, l’autorité administrative compétente prononce une sanction pécuniaire dont le montant ne peut excéder 10 % du chiffre d’affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers chiffres d’affaires annuels connus à la date des faits.
« II. – Le montant de l’amende est proportionné à la gravité des manquements constatés. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, ministre de l’agriculture Annie Genevard), déposé à l’Assemblée le 8 avril 2026 en procédure accélérée. Son exposé des motifs annonce des « réponses concrètes, rapides, utiles » autour de cinq axes : « projets d’avenir agricole » dans les territoires, lutte contre la concurrence déloyale (suspension d’importations de denrées traitées avec des substances interdites dans l’Union européenne), simplifications sur l’eau, le foncier et la prédation du loup, poids des agriculteurs dans les négociations commerciales, dommages et intérêts contre les recours abusifs.
La loi finale, décrite par le Conseil constitutionnel, comprend aussi :
- des dérogations de trois ans à l’interdiction des néonicotinoïdes et substances assimilées, accordées par l’Anses : flupyradifurone pour la betterave sucrière (semences traitées), les cerises et les pommes, acétamipride pour les noisettes (§ 39 et 52 à 54) ;
- des facilités pour le stockage de l’eau et la compensation des zones humides (articles 13, 14 et 27) ;
- des tirs de loups dérogatoires dans la limite d’un seuil de conservation de l’espèce (§ 342) et une habilitation à réformer par ordonnance le régime des élevages (article 46).
Ce que ça change
Les producteurs de betteraves, cerises, pommes et noisettes peuvent demander une dérogation, accordée seulement en cas de « menace grave » pour la production et d’absence d’alternative suffisante (§ 61). Ces dérogations doivent disparaître trois ans après la promulgation. La servitude imposée aux terrains constructibles voisins des champs, elle, a été censurée.
Ce qui est contesté
Le 20 juillet 2026, le texte de la commission mixte paritaire a été adopté par 296 voix contre 224 et 41 abstentions (scrutin n° 8427). Contre : La France insoumise (71), socialistes (66), écologistes (38), Gauche démocrate et républicaine (15), mais aussi 15 députés EPR, 11 Démocrates, 4 LIOT et 3 Horizons. Pour : Rassemblement national (122), Droite républicaine (48), UDR (17), 51 EPR, 24 Horizons, 19 Démocrates. En première lecture, le 2 juin : 369 contre 178 (scrutin n° 7259).
Débat du 20 juillet :
- Aurélie Trouvé (LFI) parle d’une « loi poison » et invoque l’Ordre des médecins contre l’acétamipride et le flupyradifurone.
- Fabrice Barusseau (socialiste) juge que le texte de la CMP « ne répond plus à la commande initiale du gouvernement ».
- Marc Fesneau (Démocrates) indique que son groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs, tout en jugeant que confier la décision à la science « est une avancée ».
- Agnès Pannier-Runacher (EPR) demande pourquoi le Gouvernement a refusé de soumettre au vote les amendements de suppression ; après une CMP, seuls les amendements acceptés par le Gouvernement sont discutés, rappelle Gabriel Attal (EPR).
- Pour le texte, Nathalie Coggia (EPR) met en avant la protection face aux importations ; Vincent Descoeur (Droite républicaine) salue les mesures contre le loup.
À l’Assemblée, les articles 4 (51 scrutins publics), 14 (50) et 5 (31) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 24 juillet par les députés insoumis et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-914 DC le 14 août 2026.
- Censure de l’article 35 : la servitude interdisant de construire sur une bande allant jusqu’à dix mètres, sans indemnisation garantie ni procédure d’observations, porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété (§ 310 à 316).
- Censure partielle de l’article 46 : réserver la participation du public aux personnes ayant un intérêt à agir viole l’article 7 de la Charte de l’environnement (§ 373 et 374).
- Cavaliers législatifs, c’est-à-dire ajouts sans lien avec le projet initial : curage des plans d’eau (article 14), piscicultures (16), suspension de la redevance pour pollutions diffuses (26), bâtiments agricoles exclus du calcul de l’artificialisation (32), haies (36), allégations sur la rémunération des agriculteurs (55) (§ 124, 146, 231, 279, 321, 447).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’Anses peut limiter une dérogation à certains territoires (§ 68) et son silence pendant deux mois vaut refus (§ 70) ; une retenue d’eau ne peut être regardée comme une zone humide (§ 244) ; réserve aussi sur les élevages (§ 390).
- Les dérogations aux néonicotinoïdes sont validées, « compte tenu en particulier de leur caractère temporaire » (§ 71).
Où en est le texte
Loi n° 2026-796 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » (18/08/2026)
- Projet de loi n° 2632 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Scrutin public n° 8427 sur l’ensemble (texte de la CMP) (20/07/2026)
- Scrutin public n° 7259 sur l’ensemble (première lecture) (02/06/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 2 juin 2026 (explications de vote) (02/06/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-914 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 52
- Contre
- 28
- Abstention
- 14
- Non-votant
- 1
- Votants
- 94
- Exprimés
- 80
- Majorité requise
- 41
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 40 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 1 | 15 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 0 | 5 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | aucun vote | 4 | 0 | 4 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 3 | 1 | 1 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 1 | 3 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | aucun vote | 2 | 2 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 40 dans le décompte
Pour (40) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Frédéric Falcon, Julien Rancoule, Cyril Tribuiani, José Gonzalez, Romain Baubry, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Serge Muller, Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Alexandre Loubet, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Laure Lavalette, Frank Giletti (ancien député), Eddy Casterman, Édouard Jordan, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Guibert, Frédéric Weber, Maxime Amblard, David Magnier, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Catherine Rimbert, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Pour (1) : Christophe Mongardien
Contre (15) : Pauline Cestrières, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Danielle Brulebois, Nicole Le Peih, Patricia Lemoine, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nathalie Coggia, Pierre Cazeneuve, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 5 dans le décompte
Abstention (5) : Marianne Maximi, Gabriel Amard (ancien député), Clémence Guetté, Damien Maudet, Manon Meunier
Socialistes et apparentés 5 dans le décompte
Contre (5) : Dominique Potier, Mélanie Thomin, Peio Dufau, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Pour (4) : Vincent Rolland, Thibault Bazin, Corentin Le Fur, Lionel Duparay
Abstention (4) : Eric Liégeon, Jean-Louis Thiériot, Julien Dive, Anne-Laure Blin
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (3) : Charles Fournier, Lisa Belluco, Catherine Hervieu
Contre (1) : Marie Pochon
Abstention (1) : Dominique Voynet
Les Démocrates 5 dans le décompte
Pour (1) : Romain Daubié
Contre (3) : Frédéric Petit, Hubert Ott, Pascal Lecamp
Abstention (1) : Geneviève Darrieussecq
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Pour (2) : Thierry Benoit, Pierre Marle
Contre (2) : Sylvain Berrios, Véronique Ludmann
Abstention (1) : Laetitia Saint-Paul
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (2) : David Taupiac, Joël Bruneau
Abstention (1) : Jean-Luc Warsmann
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Abstention (1) : Julien Brugerolles
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin