Votes · Scrutin n° 6991 · 27 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 2003 de Mme Trouvé à l'article 4 du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).
Dossier : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Trouvé et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement du groupe LFI prévoit un principe de non-régression de la part des produits issus de l'agriculture biologique dans les repas servis en restauration collective publique et privée. Il prévoit ainsi que dans chaque restaurant, la part de produits bio ne peut faire l'objet que d'une amélioration constante.
Les débats en commission montrent une tendance à l'élargissement du spectre des produits considérés comme "durables et de qualité" au titre d'Egalim et à un affaiblissement des exigences de durabilité. L'élargissement de ce spectre ne doit pas contribuer à réduire d'autant la part des produits bio servis en restauration collective. Tel est l'objet de cet amendement.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 5, insérer l’alinéa suivant :
« a bis) Après le 2°, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« La part des produits mentionnés au 2° dans les repas servis dans les restaurants collectifs mentionnés au premier alinéa ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante dans chaque restaurant. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 4 : 51 scrutins publics, dont 5 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, ministre de l’agriculture Annie Genevard), déposé à l’Assemblée le 8 avril 2026 en procédure accélérée. Son exposé des motifs annonce des « réponses concrètes, rapides, utiles » autour de cinq axes : « projets d’avenir agricole » dans les territoires, lutte contre la concurrence déloyale (suspension d’importations de denrées traitées avec des substances interdites dans l’Union européenne), simplifications sur l’eau, le foncier et la prédation du loup, poids des agriculteurs dans les négociations commerciales, dommages et intérêts contre les recours abusifs.
La loi finale, décrite par le Conseil constitutionnel, comprend aussi :
- des dérogations de trois ans à l’interdiction des néonicotinoïdes et substances assimilées, accordées par l’Anses : flupyradifurone pour la betterave sucrière (semences traitées), les cerises et les pommes, acétamipride pour les noisettes (§ 39 et 52 à 54) ;
- des facilités pour le stockage de l’eau et la compensation des zones humides (articles 13, 14 et 27) ;
- des tirs de loups dérogatoires dans la limite d’un seuil de conservation de l’espèce (§ 342) et une habilitation à réformer par ordonnance le régime des élevages (article 46).
Ce que ça change
Les producteurs de betteraves, cerises, pommes et noisettes peuvent demander une dérogation, accordée seulement en cas de « menace grave » pour la production et d’absence d’alternative suffisante (§ 61). Ces dérogations doivent disparaître trois ans après la promulgation. La servitude imposée aux terrains constructibles voisins des champs, elle, a été censurée.
Ce qui est contesté
Le 20 juillet 2026, le texte de la commission mixte paritaire a été adopté par 296 voix contre 224 et 41 abstentions (scrutin n° 8427). Contre : La France insoumise (71), socialistes (66), écologistes (38), Gauche démocrate et républicaine (15), mais aussi 15 députés EPR, 11 Démocrates, 4 LIOT et 3 Horizons. Pour : Rassemblement national (122), Droite républicaine (48), UDR (17), 51 EPR, 24 Horizons, 19 Démocrates. En première lecture, le 2 juin : 369 contre 178 (scrutin n° 7259).
Débat du 20 juillet :
- Aurélie Trouvé (LFI) parle d’une « loi poison » et invoque l’Ordre des médecins contre l’acétamipride et le flupyradifurone.
- Fabrice Barusseau (socialiste) juge que le texte de la CMP « ne répond plus à la commande initiale du gouvernement ».
- Marc Fesneau (Démocrates) indique que son groupe s’est opposé à la réintroduction de l’acétamipride voulue par les sénateurs, tout en jugeant que confier la décision à la science « est une avancée ».
- Agnès Pannier-Runacher (EPR) demande pourquoi le Gouvernement a refusé de soumettre au vote les amendements de suppression ; après une CMP, seuls les amendements acceptés par le Gouvernement sont discutés, rappelle Gabriel Attal (EPR).
- Pour le texte, Nathalie Coggia (EPR) met en avant la protection face aux importations ; Vincent Descoeur (Droite républicaine) salue les mesures contre le loup.
À l’Assemblée, les articles 4 (51 scrutins publics), 14 (50) et 5 (31) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 24 juillet par les députés insoumis et socialistes, le Conseil a rendu la décision n° 2026-914 DC le 14 août 2026.
- Censure de l’article 35 : la servitude interdisant de construire sur une bande allant jusqu’à dix mètres, sans indemnisation garantie ni procédure d’observations, porte une atteinte disproportionnée au droit de propriété (§ 310 à 316).
- Censure partielle de l’article 46 : réserver la participation du public aux personnes ayant un intérêt à agir viole l’article 7 de la Charte de l’environnement (§ 373 et 374).
- Cavaliers législatifs, c’est-à-dire ajouts sans lien avec le projet initial : curage des plans d’eau (article 14), piscicultures (16), suspension de la redevance pour pollutions diffuses (26), bâtiments agricoles exclus du calcul de l’artificialisation (32), haies (36), allégations sur la rémunération des agriculteurs (55) (§ 124, 146, 231, 279, 321, 447).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’Anses peut limiter une dérogation à certains territoires (§ 68) et son silence pendant deux mois vaut refus (§ 70) ; une retenue d’eau ne peut être regardée comme une zone humide (§ 244) ; réserve aussi sur les élevages (§ 390).
- Les dérogations aux néonicotinoïdes sont validées, « compte tenu en particulier de leur caractère temporaire » (§ 71).
Où en est le texte
Loi n° 2026-796 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » (18/08/2026)
- Projet de loi n° 2632 et exposé des motifs (08/04/2026)
- Scrutin public n° 8427 sur l’ensemble (texte de la CMP) (20/07/2026)
- Scrutin public n° 7259 sur l’ensemble (première lecture) (02/06/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 2 juin 2026 (explications de vote) (02/06/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-914 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 48
- Contre
- 92
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 140
- Exprimés
- 140
- Majorité requise
- 71
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 40 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 40 dans le décompte
Contre (40) : Hervé de Lépinau, Marie-France Lorho, Christian Girard, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Cyril Tribuiani, Romain Baubry, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Christine Loir, Yoann Gillet, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Eddy Casterman, Édouard Jordan, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Guibert, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Contre (20) : Stéphane Travert, Pauline Cestrières, Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Sandrine Le Feur, Jean-René Cazeneuve, Danielle Brulebois, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Olivia Grégoire, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Charles Rodwell, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Pour (20) : Ugo Bernalicis, Danièle Obono, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, François Piquemal, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Gabriel Amard (ancien député), Aurélie Trouvé, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Shéhérazade Bentorki, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 18 dans le décompte
Pour (18) : Marietta Karamanli, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Valérie Rossi, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Fabrice Roussel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Contre (10) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Eric Liégeon, Christelle Minard, Julien Dive, Anne-Laure Blin, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Nicolas Tryzna, Lionel Duparay
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Pour (10) : Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Marie Pochon, Christine Arrighi, Charles Fournier, Jean-Claude Raux, Lisa Belluco, Catherine Hervieu, Nicolas Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 4 dans le décompte
Contre (4) : Carole Guillerm, Hubert Ott, Éric Martineau, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Contre (9) : Thierry Benoit, Laetitia Saint-Paul, Xavier Roseren, Christophe Plassard (ancien député), Pierre Marle, Véronique Ludmann, Anne-Cécile Violland, Nathalie Colin-Oesterlé, Benoît Blanchard
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Contre (4) : Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, David Taupiac, Joël Bruneau
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Contre (3) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Pierre-Henri Carbonnel
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Stella Dupont, Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin