Votes · Scrutin n° 7028 · 28 mai 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 3 de M. Peytavie et l'amendement identique suivant à l'article unique de la proposition de loi portant pérennisation du contrat de professionnalisation expérimental (première lecture).
Dossier : Proposition de loi portant pérennisation du contrat de professionnalisation expérimental · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article unique
- Texte
- Proposition de loi portant pérennisation du contrat de professionnalisation expérimental Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Peytavie et 35 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement de compromis, le groupe Écologiste et social propose de majorer de 20 % la rémunération des salariés en contrat de professionnalisation dit expérimental.
L’expérimentation que la présente PPL entend pérenniser consiste à permettre la conclusion de contrats de professionnalisation adossés à des formations sur des blocs de compétences spécifiques, définis par l’employeur, et non plus sur des certifications professionnelles intégrales.
Permettre aux employeurs de choisir les compétences qu’ils souhaitent que leurs employés développent satisfait la demande des employeurs. Mais cela dégrade l’étendue des formations offertes aux salariés. Ces derniers doivent consentir à une formation restreinte, sans compensation aucune.
Le présent amendement propose donc de majorer la rémunération des salariés concluant un contrat de professionnalisation impliquant une formation sur un ou plusieurs blocs de compétences uniquement et non sur une certification professionnelle intégrale.
Rappelons que le salaire des personnes concernées par ces contrats peut aller de 55 % du SMIC au SMIC. Les employeurs bénéficient de ce fait d’une main d’œuvre très peu coûteuse, à quoi s’ajoutent des aides à l’embauche octroyées pour ces contrats.
Pour demeurer fidèle à la philosophie de ce dispositif, créé par un accord national interprofessionnel de 2003, il convient de rendre plus attractif ce dispositif du point de vue des salariés en prévoyant un coup de pouce à leur rémunération.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À l’alinéa 2, après la première occurrence du mot :
« ou »,
insérer les mots :
« , à condition que la rémunération du salarié prévue à l’article L. 6325‑8 soit majorée de 20 %, ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article unique : 9 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi déposée au Sénat le 24 mars 2025 par la sénatrice Nadège Havet et des collègues du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI), selon le rapport de l’Assemblée. Procédure accélérée engagée le 11 juin 2025. Le Sénat l’a adoptée le 3 juillet 2025, l’Assemblée sans modification le 28 mai 2026, sur le rapport de Stéphane Viry (LIOT). D’après le texte adopté, qui compte un article unique :
- le contrat de professionnalisation (un contrat de travail en alternance entre entreprise et formation) peut désormais viser « un ou plusieurs blocs de compétences » d’une certification professionnelle, et plus seulement une qualification complète ;
- les modalités sont fixées par décret ;
- le texte rend durable, sous cette forme, une expérimentation lancée par la loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », où l’employeur et l’opérateur de compétences définissaient eux-mêmes les compétences à acquérir.
Ce que ça change
Selon le rapport de la commission des affaires sociales de l’Assemblée, l’expérimentation a été prolongée jusqu’à fin 2023 par la loi, puis jusqu’au 31 décembre 2024 par un simple courrier ministériel ; depuis, aucun nouveau contrat expérimental ne peut être légalement conclu. Le même rapport indique que 35 356 contrats expérimentaux ont été signés entre 2018 et 2023 et que, selon l’évaluation remise par le Gouvernement en juin 2025, plus de 50 % ont pris la forme d’un CDI, contre moins de 18 % pour les contrats classiques (rapport n° 2812). Sont concernés les jeunes de 16 à 25 ans, les demandeurs d’emploi de 26 ans et plus et certains bénéficiaires de minima sociaux. Le décret d’application est attendu en novembre 2026, selon le baromètre de l’Assemblée.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 28 mai 2026 par 64 voix contre 30 (scrutin n° 7039). Contre : LFI-NFP (22), Écologiste et Social (5), GDR (1), ainsi qu’un député Horizons et un député LIOT. Socialistes : 4 abstentions, 2 pour. Pour : RN, EPR, Droite républicaine, Démocrates, LIOT (14), Horizons, UDR.
- Pour Écologiste et Social, Hendrik Davi estime que le texte crée des salariés « complètement dépendants de leur patron » et dénonce « ces contrats au rabais qui tirent les qualifications vers le bas ».
- Pour LFI-NFP, Hadrien Clouet soutient que « la compétence n’est pas la qualification », la première étant reconnue par l’employeur seul.
- Pour les Socialistes, Elie Califer regrette l’absence de « véritable bilan » et juge que le dispositif « renforce la sous-qualification » ; son groupe s’abstient.
- Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, défend un outil d’accès à l’emploi et indique qu’à 21-25 ans la rémunération atteint 80 % du Smic en contrat de professionnalisation, contre 53 à 70 % en apprentissage. Pour la Droite républicaine, Lionel Duparay le qualifie de « dispositif qui fonctionne et qui est efficace ».
- Selon nos données, les 8 scrutins sur l’article unique portaient sur des amendements, tous rejetés. Lionel Duparay appelait à adopter le texte « dans la version du Sénat pour qu’il soit promulgué rapidement ».
Où en est le texte
Loi n° 2026-441 du 4 juin 2026 portant pérennisation du contrat de professionnalisation expérimental, publiée au Journal officiel du 5 juin 2026. Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi (dossier législatif).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Proposition de loi n° 475 déposée au Sénat (24/03/2025)
- Rapport n° 2812 de Stéphane Viry, commission des affaires sociales de l’Assemblée (20/05/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 293) (28/05/2026)
- Scrutin n° 7039 (ensemble du texte) (28/05/2026)
- Compte rendu de la séance du 28 mai 2026 (28/05/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 26
- Contre
- 55
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 81
- Exprimés
- 81
- Majorité requise
- 41
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 1 | 12 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 20 dans le décompte
Contre (20) : José Beaurain, Jorys Bovet, Lionel Tivoli, Romain Baubry, Lisette Pollet, Christine Loir, Edwige Diaz (ancien député), Thomas Ménagé, Christophe Bentz, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Marine Hamelet, Édouard Jordan, Catherine Dellong Meng, Julien Gabarron, Claire Marais-Beuil, Jonathan Gery, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 8 dans le décompte
Contre (7) : Pauline Cestrières, Didier Le Gac, Danielle Brulebois, Olivia Grégoire, Natalia Pouzyreff, Anthony Brosse, Françoise Buffet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Pour (20) : Mathilde Panot, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Gabriel Amard (ancien député), Louis Boyard, Farida Amrani, Antoine Léaument, Sandrine Nosbé, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Shéhérazade Bentorki, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 3 dans le décompte
Contre (3) : Dominique Potier, Elie Califer, Dorine Bregman
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Vincent Descoeur, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Lionel Duparay
Écologiste et Social 3 dans le décompte
Pour (3) : Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Cyrielle Chatelain
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Hubert Ott, Éric Martineau, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Contre (3) : Sylvain Berrios, Christophe Plassard (ancien député), Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 13 dans le décompte
Pour (1) : Nicole Sanquer
Contre (12) : Valérie Létard, Jean-Pierre Bataille, Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Michel Castellani, Paul-André Colombani, Olivier Serva, Stéphane Viry, Stéphane Lenormand, Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Nicolas Sansu
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Pour (1) : Matthieu Bloch
Contre (2) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Delphine Lingemann
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin