Votes · Scrutin n° 7406 · 16 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 13 de M. Maurel et l'amendement identique suivant de suppression de l'article unique du projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République (première lecture).
Dossier : Projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République · Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République" Président du groupe "Gauche Démocrate et Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article unique
- Texte
- Projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République Projet ou proposition de loi constitutionnelle
Amendement déposé par M. Maurel (GDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Ce projet de loi constitutionnelle est le prélude au démantèlement de la République française.
Sa rédaction a beau avoir été concertée avec des élus de l'Assemblée de Corse, elle n'en contient pas moins des notions incompatibles avec la conception française de la Nation et de la souveraineté nationale.
Rappelons qu'aux termes de l'article 3 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, "nul corps, nul individu ne peut s'exercer d'autorité qui n'en émane expressément.
Or la rédaction de l'article 72-5 se réfère expressément à une "communauté historique, linguistique, culturelle ayant développé un lien singulier à sa terre".
Nous avons bien là la définition d'un "corps" au sens de l'article 3 de la DDHC à qui serait confié l'exercice d'une partie de la souveraineté nationale, via une autonomie réglementaire et même législative !
Cette rédaction est par ailleurs incompatible avec l'article 6 de la Déclaration de 1789, qui dispose que "la loi est l'expression de la volonté générale", et pas d'une quelconque "communauté" ayant des "liens singuliers avec sa terre", et surtout qu'elle doit être "la même pour tous".
A supposer que cette loi constitutionnelle soit adoptée, quelles autres "communautés linguistiques et culturelles" s'en prévaudront pour adapter les lois et règlements à leurs "propres intérêts singuliers"?
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article unique : 24 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi constitutionnelle du Gouvernement (Sébastien Lecornu, Premier ministre, et Françoise Gatel, ministre de la décentralisation), déposé à l’Assemblée le 27 avril 2026 (projet et exposé des motifs). Selon l’exposé des motifs, l’Assemblée de Corse a été consultée sur ce texte le 26 mars 2024. Son article unique crée un article 72-5 dans la Constitution. D’après le texte adopté par l’Assemblée le 23 juin 2026 (texte transmis au Sénat) :
- la Corse reçoit un « statut d’autonomie au sein de la République », fondé sur son insularité, son relief montagneux et sa « communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle » ;
- une loi organique, texte prévu par la Constitution pour en préciser l’application, pourra habiliter la Collectivité de Corse à adapter les lois et règlements, et à fixer elle-même des normes dans ses domaines de compétence ;
- les matières régaliennes restent exclues (nationalité, justice, droit pénal, défense, sécurité, monnaie, droit électoral…) ;
- la loi organique pourra prévoir un principe de non-régression par rapport aux normes nationales sociales et environnementales ;
- les électeurs inscrits en Corse sont consultés sur le projet de statut.
Ce que ça change
Rien ne change avant la fin de la révision. Une loi organique fixera ensuite les matières et conditions des habilitations. L’exposé des motifs cite comme exemples l’aménagement du territoire, le tourisme ou le développement économique, et précise que le texte n’a pas pour objet de déroger au droit de l’Union européenne. Le Gouvernement pourra aussi adapter par ordonnances les lois en vigueur, après avis de l’assemblée de Corse.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 23 juin 2026 par 271 voix contre 202 (scrutin n° 7454). Contre : RN (120), UDR (17), Droite républicaine (34 contre, 10 abstentions, 1 pour). Pour, en majorité : LFI-NFP (60), EPR (66), Socialistes (41, 19 abstentions), Écologistes (27), Démocrates (25), Horizons (22), LIOT (21), avec quelques voix contre dans plusieurs groupes. GDR s’est partagé (6 pour, 6 contre).
- Olivier Fayssat (UDR) conteste le mot « communauté », la notion de peuple corse ayant selon lui été censurée en 1991 par le Conseil constitutionnel ; il estime que la Corse doit se prononcer « sur le principe et pas seulement sur les modalités ».
- Stéphane Rambaud (RN) regrette le rejet de la « priorité régionale » pour l’emploi, le logement et le foncier. La réécriture de Marine Le Pen (« singularité » au lieu de « communauté », habilitation au cas par cas) a été rejetée par 180 voix contre 85 (scrutin n° 7407, débat).
- François-Xavier Ceccoli (Droite républicaine) estime que le texte « ne convainc pas les Corses ». Elsa Faucillon (GDR) regrette que la consultation des électeurs intervienne au moment de la loi organique et non avant la révision.
- Dans son avis du 17 juillet 2025 sur la version initiale, le Conseil d’État juge que l’autonomie ne heurte aucun grand principe républicain (§ 8), mais que la référence à une communauté liée à « sa terre » ne s’insère pas dans le principe d’égalité (§ 19) (avis).
- Pour les partisans, Jean-Paul Mattei (Démocrates) parle d’une autonomie « qui ne remet en cause ni l’unité de la République ni l’égalité entre ses citoyens ». Éric Coquerel (LFI) souligne que la communauté visée est « sans distinction d’origine » et salue la non-régression. Pierre Cazeneuve (EPR), Paul Molac (LIOT) et Sandra Regol (Écologistes) y voient un compromis.
- Le vote le plus serré (52 contre 49) a porté sur le sous-amendement de Pierre Cazeneuve rendant la non-régression facultative (scrutin n° 7423, débat).
Où en est le texte
Le texte a été transmis au Sénat le 24 juin 2026. Le 21 octobre 2026, la commission des lois du Sénat (rapporteure Muriel Jourda) l’a modifié : mention d’un « patrimoine historique, linguistique et culturel singulier » au lieu de la « communauté », suppression de la non-régression, consultation obligatoire limitée à la première loi organique (rapport). La séance publique est prévue le 26 octobre 2026 (dossier du Sénat). Selon Jean-Paul Mattei, le texte devra « puis franchir l’ultime étape du Congrès ».
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi constitutionnelle n° 2697 et exposé des motifs (27/04/2026)
- Conseil d’État, avis sur le projet de loi constitutionnelle (17/07/2025)
- Compte rendu de séance (amendement n° 30 de Mme Le Pen) (16/06/2026)
- Compte rendu de séance (sous-amendement n° 117) (18/06/2026)
- Compte rendu de séance, explications de vote (23/06/2026)
- Scrutin n° 7407 (amendement de Mme Le Pen) (16/06/2026)
- Scrutin n° 7423 (sous-amendement n° 117) (18/06/2026)
- Scrutin n° 7454 (ensemble, première lecture) (23/06/2026)
- Sénat, texte adopté par l’Assemblée nationale (n° 782) (24/06/2026)
- Sénat, rapport n° 85 de la commission des lois (21/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 5
- Contre
- 261
- Abstention
- 7
- Non-votant
- 1
- Votants
- 273
- Exprimés
- 266
- Majorité requise
- 134
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 78 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 2 | 42 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 2 | 28 | 2 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 15 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 22 | 2 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 14 | 3 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 78 dans le décompte
Contre (78) : Sébastien Chenu, Marine Le Pen, Emmanuel Blairy, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Frédéric Falcon, Gisèle Lelouis, Cyril Tribuiani, José Gonzalez, Emmanuel Taché, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Alexis Jolly, Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Alexandre Loubet, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Bernard Chaumeil, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Édouard Jordan, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 45 dans le décompte
Pour (2) : François Cormier-Bouligeon, Nicolas Metzdorf
Contre (42) : Constance Le Grip, Florent Boudié (ancien député), Stéphane Travert, Olivier Becht, Brigitte Klinkert, Olga Givernet, Pauline Cestrières, Hervé Berville (ancien député), Annaïg Le Meur, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Ludovic Mendes, Véronique Riotton, Patricia Lemoine, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Stéphane Buchou, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Benoît Larrouquis, Nathalie Coggia, Pierre Cazeneuve, Marc Ferracci, Catherine Ibled, Laure Miller, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 34 dans le décompte
Contre (34) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Éric Coquerel, Danièle Obono, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Gabriel Amard (ancien député), Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Maxime Laisney, Thomas Portes, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Shéhérazade Bentorki, Claire Lejeune, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 32 dans le décompte
Pour (2) : Jérôme Guedj, Philippe Brun
Contre (28) : Hervé Saulignac, Laurent Baumel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Martine Froger, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu
Abstention (2) : Pierre Pribetich, Pierrick Courbon
Droite Républicaine 15 dans le décompte
Contre (15) : Philippe Gosselin, Vincent Rolland, Xavier Breton, Jean-Luc Bourgeaux, Philippe Juvin, Thibault Bazin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Nicolas Ray, Hubert Brigand, Justine Gruet, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 24 dans le décompte
Contre (22) : Delphine Batho, Jean-Louis Roumégas, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Damien Girard, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Abstention (2) : Alexis Corbière, Danielle Simonnet
Les Démocrates 13 dans le décompte
Contre (13) : Marc Fesneau, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Carole Guillerm, Cyrille Isaac-Sibille, Mickaël Cosson, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Patricia Maussion, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Didier Padey, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 17 dans le décompte
Contre (14) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Laurent Marcangeli, Sylvain Berrios, François Jolivet, Charlotte Parmentier-Lecocq, Jérémie Patrier-Leitus, Henri Alfandari, François Gernigon, Pierre Marle, Véronique Ludmann, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Jean-Michel Brard, Benoît Blanchard
Abstention (3) : Pierre Henriet, Christophe Plassard (ancien député), Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 6 dans le décompte
Contre (6) : Paul Molac, Michel Castellani, Paul-André Colombani, Christophe Naegelen, Joël Bruneau, Charles de Courson
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (1) : Emmanuel Maurel
Contre (1) : Davy Rimane
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Contre (6) : Bernard Chaix, Marc Chavent, Matthieu Bloch, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel, Antoine Valentin
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin