Votes · Scrutin n° 7407 · 16 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 30 de Mme Le Pen à l'article unique du projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République (première lecture).
Dossier : Projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article unique
- Texte
- Projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République Projet ou proposition de loi constitutionnelle
Amendement déposé par Mme Le Pen et les membres du groupe Rassemblement National (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Dans la suite des annonces du Président de la République en 2018, le gouvernement a déposé un projet de loi constitutionnel pour réformer le statut de la Corse qui est a été inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale en juin 2026.
Au-delà de ses contours flous, le texte du gouvernement ne répond pas aux véritables enjeux auxquels la Corse est aujourd’hui confrontée. Il donne davantage le sentiment de servir de vitrine au bilan institutionnel de l’exécutif corse que de répondre aux préoccupations des Corses eux-mêmes, qu’il s’agisse de la préservation de leur identité, de leur culture et de leur langue, de la défense de leur pouvoir d’achat ou encore de leur capacité à vivre, travailler et se loger sur leur terre.
C’est pourquoi le groupe Rassemblement national propose d’ajuster l’idée portée par cette réforme aux enjeux locaux afin de répondre aux véritables attentes des Corses, fondées sur les singularités historiques, géographiques, linguistiques et culturelles de l’Ile, qui nourrissent l’âme corse, tout en garantissant l’ancrage de la Corse dans la Nation française.
Cette contre-proposition vise ainsi à créer un statut d’autonomie insulaire, réfléchi, maîtrisé, durable et protecteur, permettant de répondre aux enjeux propres à la Corse sans fragiliser l’unité nationale ni créer d’ambiguïté sur sa place dans la République.
Cette autonomie insulaire sera exercée par la collectivité de Corse. Toutefois afin d’éviter une trop forte concentration des pouvoirs en son sein, il parait nécessaire de consacrer également dans la Constitution les autres collectivités territoriales de la République en Corse. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rédiger ainsi cet article :
« Après l’article 72‑2 de la Constitution, il est inséré un article 72‑2‑1 ainsi rédigé :
« Art. 72‑2‑1. – La Corse est dotée d’un statut d’autonomie insulaire au sein de la République, qui tient compte de ses intérêts propres s’inscrivant dans une singularité géographique, historique, linguistique et culturelle.
« Les collectivités territoriales de la République en Corse sont les communes, la collectivité des pièves du Nord, la collectivité des pièves du Sud et la collectivité de Corse.
« Les lois et règlements sont applicables de plein droit en Corse. Ils peuvent faire l’objet d’adaptations justifiées par la singularité mentionnée au premier alinéa. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article unique : 24 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi constitutionnelle du Gouvernement (Sébastien Lecornu, Premier ministre, et Françoise Gatel, ministre de la décentralisation), déposé à l’Assemblée le 27 avril 2026 (projet et exposé des motifs). Selon l’exposé des motifs, l’Assemblée de Corse a été consultée sur ce texte le 26 mars 2024. Son article unique crée un article 72-5 dans la Constitution. D’après le texte adopté par l’Assemblée le 23 juin 2026 (texte transmis au Sénat) :
- la Corse reçoit un « statut d’autonomie au sein de la République », fondé sur son insularité, son relief montagneux et sa « communauté insulaire, historique, linguistique, culturelle » ;
- une loi organique, texte prévu par la Constitution pour en préciser l’application, pourra habiliter la Collectivité de Corse à adapter les lois et règlements, et à fixer elle-même des normes dans ses domaines de compétence ;
- les matières régaliennes restent exclues (nationalité, justice, droit pénal, défense, sécurité, monnaie, droit électoral…) ;
- la loi organique pourra prévoir un principe de non-régression par rapport aux normes nationales sociales et environnementales ;
- les électeurs inscrits en Corse sont consultés sur le projet de statut.
Ce que ça change
Rien ne change avant la fin de la révision. Une loi organique fixera ensuite les matières et conditions des habilitations. L’exposé des motifs cite comme exemples l’aménagement du territoire, le tourisme ou le développement économique, et précise que le texte n’a pas pour objet de déroger au droit de l’Union européenne. Le Gouvernement pourra aussi adapter par ordonnances les lois en vigueur, après avis de l’assemblée de Corse.
Ce qui est contesté
L’Assemblée a adopté le texte le 23 juin 2026 par 271 voix contre 202 (scrutin n° 7454). Contre : RN (120), UDR (17), Droite républicaine (34 contre, 10 abstentions, 1 pour). Pour, en majorité : LFI-NFP (60), EPR (66), Socialistes (41, 19 abstentions), Écologistes (27), Démocrates (25), Horizons (22), LIOT (21), avec quelques voix contre dans plusieurs groupes. GDR s’est partagé (6 pour, 6 contre).
- Olivier Fayssat (UDR) conteste le mot « communauté », la notion de peuple corse ayant selon lui été censurée en 1991 par le Conseil constitutionnel ; il estime que la Corse doit se prononcer « sur le principe et pas seulement sur les modalités ».
- Stéphane Rambaud (RN) regrette le rejet de la « priorité régionale » pour l’emploi, le logement et le foncier. La réécriture de Marine Le Pen (« singularité » au lieu de « communauté », habilitation au cas par cas) a été rejetée par 180 voix contre 85 (scrutin n° 7407, débat).
- François-Xavier Ceccoli (Droite républicaine) estime que le texte « ne convainc pas les Corses ». Elsa Faucillon (GDR) regrette que la consultation des électeurs intervienne au moment de la loi organique et non avant la révision.
- Dans son avis du 17 juillet 2025 sur la version initiale, le Conseil d’État juge que l’autonomie ne heurte aucun grand principe républicain (§ 8), mais que la référence à une communauté liée à « sa terre » ne s’insère pas dans le principe d’égalité (§ 19) (avis).
- Pour les partisans, Jean-Paul Mattei (Démocrates) parle d’une autonomie « qui ne remet en cause ni l’unité de la République ni l’égalité entre ses citoyens ». Éric Coquerel (LFI) souligne que la communauté visée est « sans distinction d’origine » et salue la non-régression. Pierre Cazeneuve (EPR), Paul Molac (LIOT) et Sandra Regol (Écologistes) y voient un compromis.
- Le vote le plus serré (52 contre 49) a porté sur le sous-amendement de Pierre Cazeneuve rendant la non-régression facultative (scrutin n° 7423, débat).
Où en est le texte
Le texte a été transmis au Sénat le 24 juin 2026. Le 21 octobre 2026, la commission des lois du Sénat (rapporteure Muriel Jourda) l’a modifié : mention d’un « patrimoine historique, linguistique et culturel singulier » au lieu de la « communauté », suppression de la non-régression, consultation obligatoire limitée à la première loi organique (rapport). La séance publique est prévue le 26 octobre 2026 (dossier du Sénat). Selon Jean-Paul Mattei, le texte devra « puis franchir l’ultime étape du Congrès ».
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi constitutionnelle n° 2697 et exposé des motifs (27/04/2026)
- Conseil d’État, avis sur le projet de loi constitutionnelle (17/07/2025)
- Compte rendu de séance (amendement n° 30 de Mme Le Pen) (16/06/2026)
- Compte rendu de séance (sous-amendement n° 117) (18/06/2026)
- Compte rendu de séance, explications de vote (23/06/2026)
- Scrutin n° 7407 (amendement de Mme Le Pen) (16/06/2026)
- Scrutin n° 7423 (sous-amendement n° 117) (18/06/2026)
- Scrutin n° 7454 (ensemble, première lecture) (23/06/2026)
- Sénat, texte adopté par l’Assemblée nationale (n° 782) (24/06/2026)
- Sénat, rapport n° 85 de la commission des lois (21/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 85
- Contre
- 180
- Abstention
- 11
- Non-votant
- 1
- Votants
- 276
- Exprimés
- 265
- Majorité requise
- 133
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 79 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 44 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 33 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Abstention | 0 | 6 | 10 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 1 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 79 dans le décompte
Pour (79) : Sébastien Chenu, Marine Le Pen, Emmanuel Blairy, Bruno Bilde, Marie-France Lorho, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Angélique Ranc, Frédéric Falcon, Gisèle Lelouis, Cyril Tribuiani, José Gonzalez, Emmanuel Taché, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Alexandre Loubet, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Stéphane Rambaud, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Bernard Chaumeil, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Édouard Jordan, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 45 dans le décompte
Contre (44) : Constance Le Grip, Florent Boudié (ancien député), Stéphane Travert, Olivier Becht, Brigitte Klinkert, Olga Givernet, Pauline Cestrières, François Cormier-Bouligeon, Hervé Berville (ancien député), Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Ludovic Mendes, Véronique Riotton, Patricia Lemoine, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Stéphane Buchou, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nicolas Metzdorf, Benoît Larrouquis, Nathalie Coggia, Pierre Cazeneuve, Marc Ferracci, Catherine Ibled, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 34 dans le décompte
Contre (34) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Éric Coquerel, Danièle Obono, Sophia Chikirou, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Gabriel Amard (ancien député), Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Louis Boyard, Damien Maudet, Maxime Laisney, Thomas Portes, René Pilato, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Shéhérazade Bentorki, Claire Lejeune, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 33 dans le décompte
Contre (33) : Jérôme Guedj, Hervé Saulignac, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Mélanie Thomin, Mickaël Bouloux, Iñaki Echaniz, Martine Froger, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Denis Fégné, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey, Céline Hervieu
Droite Républicaine 16 dans le décompte
Contre (6) : Philippe Gosselin, Philippe Juvin, Émilie Bonnivard, Nicolas Ray, Justine Gruet, Corentin Le Fur
Abstention (10) : Vincent Rolland, Xavier Breton, Jean-Luc Bourgeaux, Thibault Bazin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Hubert Brigand, François-Xavier Ceccoli, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 25 dans le décompte
Contre (25) : Delphine Batho, Jean-Louis Roumégas, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Christine Arrighi, Nicolas Thierry, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Catherine Hervieu, Benoît Biteau, Damien Girard, Nicolas Bonnet, Léa Balage El Mariky, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 14 dans le décompte
Contre (14) : Marc Fesneau, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Carole Guillerm, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Mickaël Cosson, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Patricia Maussion, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Didier Padey, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 17 dans le décompte
Contre (17) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Laurent Marcangeli, Sylvain Berrios, François Jolivet, Charlotte Parmentier-Lecocq, Pierre Henriet, Jérémie Patrier-Leitus, Christophe Plassard (ancien député), Henri Alfandari, François Gernigon, Pierre Marle, Véronique Ludmann, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Frédéric Valletoux, Jean-Michel Brard, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 6 dans le décompte
Contre (6) : Paul Molac, Michel Castellani, Paul-André Colombani, Christophe Naegelen, Joël Bruneau, Charles de Courson
Union des droites pour la République 6 dans le décompte
Pour (6) : Bernard Chaix, Marc Chavent, Matthieu Bloch, Éric Michoux, Pierre-Henri Carbonnel, Antoine Valentin
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Abstention (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin