Votes · Scrutin n° 751 · 11 février 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 36 de M. Gouffier Valente à l'article premier de la proposition de loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Proposition de loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Gouffier Valente (EPR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Amendement rédactionnel.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Supprimer la deuxième phrase de l’alinéa 8.
II. – En conséquence, supprimer la seconde phrase de l’alinéa 9.
III. – En conséquence, après le même alinéa, insérer l’alinéa suivant :
« La palpation de sécurité mentionnée aux deux alinéas précédents doit être faite par une personne de même sexe que la personne qui en fait l’objet ou selon des modalités qui tiennent compte de l’identité de genre de cette dernière. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 16 scrutins publics, dont 6 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi donne de nouveaux pouvoirs aux agents de sécurité des réseaux de transport et lance plusieurs expérimentations de captation d’images et de sons. Elle vient d’une proposition de loi déposée au Sénat le 28 décembre 2023 par le sénateur Philippe Tabarot et plusieurs de ses collègues, devenu depuis ministre des transports. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit le texte définitif :
- les agents de sûreté de la SNCF (Suge) et de la RATP (GPSR) peuvent fouiller les bagages et procéder à des palpations sans arrêté préfectoral, à certaines conditions (paragraphes 2 et 15) ;
- ils peuvent conserver temporairement un objet dangereux, avec l’accord de son propriétaire (paragraphes 22 à 24), et constater la vente à la sauvette aux abords des gares (paragraphe 38) ;
- des agents d’Île-de-France Mobilités peuvent visionner les images de vidéoprotection (paragraphe 89) ;
- deux expérimentations sont prévues : caméras frontales sur les tramways et métros pendant trois ans, captation du son dans les bus et cars pendant deux ans (paragraphes 122 et 139) ;
- l’abandon de bagages dans un véhicule de transport devient passible d’une amende (paragraphe 148).
Ce que ça change
Les voyageurs peuvent être fouillés ou palpés plus souvent par des agents de la SNCF et de la RATP, et se voir refuser l’accès à une gare. Selon le Conseil (paragraphe 15), les palpations sans arrêté préfectoral supposent « des éléments objectifs » laissant penser qu’une personne porte un objet dangereux. Le rapporteur Guillaume Gouffier Valente indique que le texte doit « doter la Suge et le GPSR de nouvelles dispositions » (compte rendu du 18 mars 2025).
Ce qui est contesté
Le 18 mars 2025, l’Assemblée a adopté le texte de la commission mixte paritaire (CMP, réunion de députés et de sénateurs chargée de trouver un texte commun) par 303 voix contre 135 (7 abstentions). Ont voté contre : La France insoumise (53), les Socialistes (42), les Écologistes (27) et la Gauche démocrate et républicaine (12). Ont voté pour : RN (104), Ensemble pour la République (77), Droite républicaine (34), Horizons (31), Démocrates (21), LIOT (17) et UDR (14). En première lecture, l’article 1er a été le plus disputé : 15 scrutins publics, dont 4 à quelques voix d’écart.
Roger Vicot (Socialistes) juge le texte « trop imprécis » alors qu’il touche à « la liberté d’aller et venir ». Stéphane Peu (GDR) dénonce « le flou » entre missions de l’État et sécurité privée. Pour Bérenger Cernon (LFI), « l’adversaire d’une vraie liberté, c’est le désir excessif de sécurité ». Sandra Regol (Écologiste et social) estime que « toutes les mains tendues ont été refusées ».
Côté partisans, Ian Boucard (Droite républicaine) affirme que « protéger les usagers, c’est justement garantir leur liberté d’aller et venir ». Laure Miller (Ensemble pour la République) et Bryan Masson (RN) annoncent le vote de leur groupe en faveur du texte.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI (24 mars 2025) puis par des députés socialistes et écologistes (27 mars), le Conseil a rendu sa décision le 24 avril 2025.
- Censuré sur le fond : le pouvoir donné à des agents privés de contraindre physiquement une personne qui refuse d’obéir (2° de l’article 4), car la contrainte relève « de la seule compétence des autorités de police » (paragraphe 66) ; les caméras dans les transports scolaires à Mayotte (article 13), faute de garanties pour la vie privée (paragraphes 119 à 121).
- Censurés comme « cavaliers législatifs » (ajouts sans lien avec le texte initial) : le pistolet à impulsion électrique pour la Suge (article 5), un numéro national de signalement (article 12), la prolongation jusqu’en 2027 de l’analyse automatisée des images de vidéoprotection lors de grands événements (article 15) et la plainte déposée par l’employeur au nom d’un agent (article 22) (paragraphes 87, 137, 159 et 161).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) : refus d’accès fondé sur des critères excluant toute discrimination (paragraphe 71), caméras frontales limitées aux « abords immédiats » des véhicules (paragraphe 128), agents de la SNCF et de la RATP limités à la protection des exploitants, des personnels et des usagers (paragraphe 34), aucune contrainte physique confiée à des agents de sécurité privée (paragraphe 55).
Où en est le texte
La loi n° 2025-379 du 28 avril 2025 a été publiée au Journal officiel du 29 avril 2025.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/04/2025)
- Dossier législatif du Sénat (proposition de loi n° 235) (28/04/2025)
- Compte rendu de la première séance du 18 mars 2025 (lecture du texte de la CMP) (18/03/2025)
- Scrutin n° 1041 sur l’ensemble du texte de la CMP (18/03/2025)
- Scrutin n° 788 sur l’ensemble en première lecture (11/02/2025)
- Décision n° 2025-878 DC du Conseil constitutionnel (24/04/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 40
- Contre
- 47
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 88
- Exprimés
- 87
- Majorité requise
- 44
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Contre | 0 | 34 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 1 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 34 dans le décompte
Contre (34) : Christian Girard, Julien Rancoule, Bryan Masson (ancien député), Emmanuel Taché, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Yoann Gillet, Stéphanie Galzy, Thomas Ménagé, Christophe Bentz, Michaël Taverne, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Sandra Delannoy, Pascal Markowsky, Thierry Perez, Pascal Jenft, Anthony Boulogne, Maxime Amblard, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Arnaud Sanvert (ancien député), Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 16 dans le décompte
Pour (15) : Sébastien Huyghe, Florent Boudié (ancien député), Liliana Tanguy, Danielle Brulebois, Stéphanie Rist (ancien député), Guillaume Gouffier Valente, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Philippe Fait, Prisca Thevenot, Pauline Levasseur (ancien député), Anne-Sophie Ronceret, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 11 dans le décompte
Pour (11) : Laurent Alexandre, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Thomas Portes, Mathilde Feld, Claire Lejeune, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 8 dans le décompte
Pour (8) : Alain David, Anna Pic, Roger Vicot, Paul Christophle, Jacques Oberti, Peio Dufau, Thierry Sother, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Contre (7) : Eric Liégeon, Éric Pauget, Pierre Cordier, Frédérique Meunier, Fabien Di Filippo (ancien député), Ian Boucard, Sylvie Dezarnaud (ancien député)
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (4) : Alexis Corbière, Sébastien Peytavie, Sandra Regol, Lisa Belluco
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 1 dans le décompte
Pour (1) : Géraldine Bannier
Horizons & Indépendants 1 dans le décompte
Pour (1) : Jean Moulliere (ancien député)
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (1) : Joël Bruneau
Abstention (1) : Constance de Pélichy
UDR 5 dans le décompte
Contre (5) : Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Bartolomé Lenoir, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin