Votes · Scrutin n° 764 · 11 février 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 189 de M. Ray et l'amendement identique suivant après l'article 3 de la proposition de loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 3
- Texte
- Proposition de loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Ray et 1 cosignataire (DR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement ouvre la possibilité pour les agents de la sûreté des transports (Suge et GPSR) de faire usage de leurs armes en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée.
L'armement des agents de la sûreté des transports est une mesure ancienne qui a su prouver son efficacité notamment dans un contexte de menace terroriste élevée. Grâce à leur présence permanente sur les réseaux, les espaces et les véhicules de transport public de personnes, ces agents sont souvent les premiers acteurs armés à pouvoir intervenir.
Toutefois, la rédaction du cadre législatif d'usage de ces armes mérite d'être précisée.
En effet, lorsqu'un agent a des raisons réelles et objectives d’estimer qu'un individu va réitérer, dans un temps un temps rapproché, un ou plusieurs meurtres ou tentatives de meurtre venant d’être commis, il doit pouvoir faire usage de son arme pour empêcher cette réitération.
Naturellement, l'usage des armes par les agents des services internes de sécurité de la SNCF et de la RATP ne peut se faire que dans des conditions strictes et limitées afin d'éviter les abus.
C'est la raison pour laquelle cet amendement prévoit de limiter cet usage aux cas de légitime défense et dans le but d’intervenir et d’empêcher immédiatement la réitération de meurtres ou de tentatives de meurtres.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le premier alinéa de l’article L. 2251-4 du code des transports est complété par une phrase ainsi rédigée : « Ils peuvent faire usage de leurs armes en cas de légitime défense et dans les cas prévus au 1° et 5° de l’article L. 435-1 du code de la sécurité intérieure ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi donne de nouveaux pouvoirs aux agents de sécurité des réseaux de transport et lance plusieurs expérimentations de captation d’images et de sons. Elle vient d’une proposition de loi déposée au Sénat le 28 décembre 2023 par le sénateur Philippe Tabarot et plusieurs de ses collègues, devenu depuis ministre des transports. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit le texte définitif :
- les agents de sûreté de la SNCF (Suge) et de la RATP (GPSR) peuvent fouiller les bagages et procéder à des palpations sans arrêté préfectoral, à certaines conditions (paragraphes 2 et 15) ;
- ils peuvent conserver temporairement un objet dangereux, avec l’accord de son propriétaire (paragraphes 22 à 24), et constater la vente à la sauvette aux abords des gares (paragraphe 38) ;
- des agents d’Île-de-France Mobilités peuvent visionner les images de vidéoprotection (paragraphe 89) ;
- deux expérimentations sont prévues : caméras frontales sur les tramways et métros pendant trois ans, captation du son dans les bus et cars pendant deux ans (paragraphes 122 et 139) ;
- l’abandon de bagages dans un véhicule de transport devient passible d’une amende (paragraphe 148).
Ce que ça change
Les voyageurs peuvent être fouillés ou palpés plus souvent par des agents de la SNCF et de la RATP, et se voir refuser l’accès à une gare. Selon le Conseil (paragraphe 15), les palpations sans arrêté préfectoral supposent « des éléments objectifs » laissant penser qu’une personne porte un objet dangereux. Le rapporteur Guillaume Gouffier Valente indique que le texte doit « doter la Suge et le GPSR de nouvelles dispositions » (compte rendu du 18 mars 2025).
Ce qui est contesté
Le 18 mars 2025, l’Assemblée a adopté le texte de la commission mixte paritaire (CMP, réunion de députés et de sénateurs chargée de trouver un texte commun) par 303 voix contre 135 (7 abstentions). Ont voté contre : La France insoumise (53), les Socialistes (42), les Écologistes (27) et la Gauche démocrate et républicaine (12). Ont voté pour : RN (104), Ensemble pour la République (77), Droite républicaine (34), Horizons (31), Démocrates (21), LIOT (17) et UDR (14). En première lecture, l’article 1er a été le plus disputé : 15 scrutins publics, dont 4 à quelques voix d’écart.
Roger Vicot (Socialistes) juge le texte « trop imprécis » alors qu’il touche à « la liberté d’aller et venir ». Stéphane Peu (GDR) dénonce « le flou » entre missions de l’État et sécurité privée. Pour Bérenger Cernon (LFI), « l’adversaire d’une vraie liberté, c’est le désir excessif de sécurité ». Sandra Regol (Écologiste et social) estime que « toutes les mains tendues ont été refusées ».
Côté partisans, Ian Boucard (Droite républicaine) affirme que « protéger les usagers, c’est justement garantir leur liberté d’aller et venir ». Laure Miller (Ensemble pour la République) et Bryan Masson (RN) annoncent le vote de leur groupe en faveur du texte.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI (24 mars 2025) puis par des députés socialistes et écologistes (27 mars), le Conseil a rendu sa décision le 24 avril 2025.
- Censuré sur le fond : le pouvoir donné à des agents privés de contraindre physiquement une personne qui refuse d’obéir (2° de l’article 4), car la contrainte relève « de la seule compétence des autorités de police » (paragraphe 66) ; les caméras dans les transports scolaires à Mayotte (article 13), faute de garanties pour la vie privée (paragraphes 119 à 121).
- Censurés comme « cavaliers législatifs » (ajouts sans lien avec le texte initial) : le pistolet à impulsion électrique pour la Suge (article 5), un numéro national de signalement (article 12), la prolongation jusqu’en 2027 de l’analyse automatisée des images de vidéoprotection lors de grands événements (article 15) et la plainte déposée par l’employeur au nom d’un agent (article 22) (paragraphes 87, 137, 159 et 161).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) : refus d’accès fondé sur des critères excluant toute discrimination (paragraphe 71), caméras frontales limitées aux « abords immédiats » des véhicules (paragraphe 128), agents de la SNCF et de la RATP limités à la protection des exploitants, des personnels et des usagers (paragraphe 34), aucune contrainte physique confiée à des agents de sécurité privée (paragraphe 55).
Où en est le texte
La loi n° 2025-379 du 28 avril 2025 a été publiée au Journal officiel du 29 avril 2025.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/04/2025)
- Dossier législatif du Sénat (proposition de loi n° 235) (28/04/2025)
- Compte rendu de la première séance du 18 mars 2025 (lecture du texte de la CMP) (18/03/2025)
- Scrutin n° 1041 sur l’ensemble du texte de la CMP (18/03/2025)
- Scrutin n° 788 sur l’ensemble en première lecture (11/02/2025)
- Décision n° 2025-878 DC du Conseil constitutionnel (24/04/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 86
- Contre
- 67
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 2
- Votants
- 157
- Exprimés
- 153
- Majorité requise
- 77
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Pour | 65 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 1 | 18 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 21 | 1 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 1 | 8 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 65 dans le décompte
Pour (65) : Sébastien Chenu, Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Bryan Masson (ancien député), José Gonzalez, Romain Baubry, Emmanuel Taché, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Guillaume Florquin, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, René Lioret, Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Arnaud Sanvert (ancien député), Julien Limongi, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Pour (1) : Mathieu Lefèvre (ancien député)
Contre (18) : Florent Boudié (ancien député), Sandra Marsaud, Daniel Labaronne, Lionel Causse, Stéphanie Rist (ancien député), Nicole Dubré-Chirat, Ludovic Mendes, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Jean-Marie Fiévet, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Philippe Fait, Marie-Ange Rousselot (ancien député), Yannick Chenevard, Joséphine Missoffe, Pauline Levasseur (ancien député), Vincent Caure
Abstention (1) : Sylvain Maillard
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 22 dans le décompte
Contre (21) : Élisa Martin, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Jérôme Legavre, Clémence Guetté, Damien Maudet, Manon Meunier, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Mathilde Feld, Zahia Hamdane
Abstention (1) : Farida Amrani
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Contre (13) : François Hollande, Guillaume Garot, Marietta Karamanli, Hervé Saulignac, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Paul Christophle, Pierrick Courbon, Estelle Mercier, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 14 dans le décompte
Pour (14) : Vincent Rolland, Jean-Luc Bourgeaux, Eric Liégeon, Guillaume Lepers (ancien député), Éric Pauget, Pierre Cordier, Sylvie Bonnet, Fabien Di Filippo (ancien député), Émilie Bonnivard, Ian Boucard, Hubert Brigand, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Thierry Liger, Corentin Le Fur
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Contre (4) : Sandra Regol, Lisa Belluco, Tristan Lahais, Steevy Gustave
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 1 dans le décompte
Contre (1) : Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Pour (1) : Thierry Benoit
Contre (8) : Jean-François Portarrieu, Naïma Moutchou (ancien député), Jérémie Patrier-Leitus, François Gernigon, Jean Moulliere (ancien député), Didier Lemaire, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député)
Abstention (1) : Béatrice Piron
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Abstention (1) : Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Elsa Faucillon, Édouard Bénard
UDR 4 dans le décompte
Pour (4) : Bartolomé Lenoir, Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin