Votes · Scrutin n° 766 · 11 février 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 70 de M. Rancoule à l'article 7 de la proposition de loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 7
- Texte
- Proposition de loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Rancoule et 122 cosignataires (RN) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Dans la logique d'introduire les agents de sécurité privée dans le renforcement de la sûreté dans les transports, il apparait cohérent qu'ils puissent participer au continuum de sécurité et ainsi être en mesure de visionner les images des systèmes de vidéoprotection transmises en temps réel vers les salles d'information et de commandement.
En accédant directement à ces images, les agents peuvent eux aussi évaluer immédiatement la situation et coordonner les actions nécessaires avec les autorités. Cela améliore non seulement la réactivité face aux menaces potentielles, mais renforce également la prévention des crimes et délits en permettant une surveillance proactive.
Les agents de sécurité peuvent être en mesure d'intervenir plus rapidement que les forces de l'ordre et leur présence permet ainsi une gestion immédiate des crises, favorisant de facto le relais d'informations ainsi que la communication et l'intervention des autorités compétentes.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 2, insérer l'alinéa suivant :
« Les agents de sécurité privée mentionnés à l’article L. 611‑1 du code de la sécurité intérieure exerçant des missions relatives à la sûreté des transports peuvent être affectés dans des salles d’information et de commandement relevant de l’État dans les mêmes conditions. Ils doivent être individuellement désignés et dûment habilités par le représentant de l’État dans le département. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi donne de nouveaux pouvoirs aux agents de sécurité des réseaux de transport et lance plusieurs expérimentations de captation d’images et de sons. Elle vient d’une proposition de loi déposée au Sénat le 28 décembre 2023 par le sénateur Philippe Tabarot et plusieurs de ses collègues, devenu depuis ministre des transports. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit le texte définitif :
- les agents de sûreté de la SNCF (Suge) et de la RATP (GPSR) peuvent fouiller les bagages et procéder à des palpations sans arrêté préfectoral, à certaines conditions (paragraphes 2 et 15) ;
- ils peuvent conserver temporairement un objet dangereux, avec l’accord de son propriétaire (paragraphes 22 à 24), et constater la vente à la sauvette aux abords des gares (paragraphe 38) ;
- des agents d’Île-de-France Mobilités peuvent visionner les images de vidéoprotection (paragraphe 89) ;
- deux expérimentations sont prévues : caméras frontales sur les tramways et métros pendant trois ans, captation du son dans les bus et cars pendant deux ans (paragraphes 122 et 139) ;
- l’abandon de bagages dans un véhicule de transport devient passible d’une amende (paragraphe 148).
Ce que ça change
Les voyageurs peuvent être fouillés ou palpés plus souvent par des agents de la SNCF et de la RATP, et se voir refuser l’accès à une gare. Selon le Conseil (paragraphe 15), les palpations sans arrêté préfectoral supposent « des éléments objectifs » laissant penser qu’une personne porte un objet dangereux. Le rapporteur Guillaume Gouffier Valente indique que le texte doit « doter la Suge et le GPSR de nouvelles dispositions » (compte rendu du 18 mars 2025).
Ce qui est contesté
Le 18 mars 2025, l’Assemblée a adopté le texte de la commission mixte paritaire (CMP, réunion de députés et de sénateurs chargée de trouver un texte commun) par 303 voix contre 135 (7 abstentions). Ont voté contre : La France insoumise (53), les Socialistes (42), les Écologistes (27) et la Gauche démocrate et républicaine (12). Ont voté pour : RN (104), Ensemble pour la République (77), Droite républicaine (34), Horizons (31), Démocrates (21), LIOT (17) et UDR (14). En première lecture, l’article 1er a été le plus disputé : 15 scrutins publics, dont 4 à quelques voix d’écart.
Roger Vicot (Socialistes) juge le texte « trop imprécis » alors qu’il touche à « la liberté d’aller et venir ». Stéphane Peu (GDR) dénonce « le flou » entre missions de l’État et sécurité privée. Pour Bérenger Cernon (LFI), « l’adversaire d’une vraie liberté, c’est le désir excessif de sécurité ». Sandra Regol (Écologiste et social) estime que « toutes les mains tendues ont été refusées ».
Côté partisans, Ian Boucard (Droite républicaine) affirme que « protéger les usagers, c’est justement garantir leur liberté d’aller et venir ». Laure Miller (Ensemble pour la République) et Bryan Masson (RN) annoncent le vote de leur groupe en faveur du texte.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI (24 mars 2025) puis par des députés socialistes et écologistes (27 mars), le Conseil a rendu sa décision le 24 avril 2025.
- Censuré sur le fond : le pouvoir donné à des agents privés de contraindre physiquement une personne qui refuse d’obéir (2° de l’article 4), car la contrainte relève « de la seule compétence des autorités de police » (paragraphe 66) ; les caméras dans les transports scolaires à Mayotte (article 13), faute de garanties pour la vie privée (paragraphes 119 à 121).
- Censurés comme « cavaliers législatifs » (ajouts sans lien avec le texte initial) : le pistolet à impulsion électrique pour la Suge (article 5), un numéro national de signalement (article 12), la prolongation jusqu’en 2027 de l’analyse automatisée des images de vidéoprotection lors de grands événements (article 15) et la plainte déposée par l’employeur au nom d’un agent (article 22) (paragraphes 87, 137, 159 et 161).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) : refus d’accès fondé sur des critères excluant toute discrimination (paragraphe 71), caméras frontales limitées aux « abords immédiats » des véhicules (paragraphe 128), agents de la SNCF et de la RATP limités à la protection des exploitants, des personnels et des usagers (paragraphe 34), aucune contrainte physique confiée à des agents de sécurité privée (paragraphe 55).
Où en est le texte
La loi n° 2025-379 du 28 avril 2025 a été publiée au Journal officiel du 29 avril 2025.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/04/2025)
- Dossier législatif du Sénat (proposition de loi n° 235) (28/04/2025)
- Compte rendu de la première séance du 18 mars 2025 (lecture du texte de la CMP) (18/03/2025)
- Scrutin n° 1041 sur l’ensemble du texte de la CMP (18/03/2025)
- Scrutin n° 788 sur l’ensemble en première lecture (11/02/2025)
- Décision n° 2025-878 DC du Conseil constitutionnel (24/04/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 86
- Contre
- 74
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 161
- Exprimés
- 160
- Majorité requise
- 81
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Pour | 69 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 2 | 22 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 11 | 0 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 69 dans le décompte
Pour (69) : Emmanuel Blairy, Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Bryan Masson (ancien député), Joëlle Mélin, José Gonzalez, Romain Baubry, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Géraldine Grangier, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Philippe Ballard, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Thierry Frappé, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Julie Lechanteux, Frank Giletti (ancien député), Frédéric Boccaletti, Philippe Schreck, Eddy Casterman, Sandra Delannoy, Monique Griseti, Romain Tonussi, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Thibaut Monnier, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Aurélien Dutremble, Arnaud Sanvert (ancien député), Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 25 dans le décompte
Pour (2) : Sébastien Huyghe, Danielle Brulebois
Contre (22) : Florent Boudié (ancien député), Sylvain Maillard, Sandra Marsaud, François Cormier-Bouligeon, Corinne Vignon, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Stéphanie Rist (ancien député), Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Ludovic Mendes, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Jean Terlier, Jean-Marie Fiévet, Anthony Brosse, Philippe Fait, Mathieu Lefèvre (ancien député), Yannick Chenevard, Joséphine Missoffe, Pauline Levasseur (ancien député), Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 17 dans le décompte
Contre (17) : Élisa Martin, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, François Piquemal, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Jean-François Coulomme, Jérôme Legavre, Manon Meunier, Arnaud Le Gall, Aurélien Saintoul, René Pilato, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Contre (13) : Christine Pirès Beaune, Arthur Delaporte, Philippe Brun, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Paul Christophle, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Thierry Sother, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 12 dans le décompte
Pour (11) : Eric Liégeon, Thibault Bazin, Guillaume Lepers (ancien député), Éric Pauget, Frédérique Meunier, Christelle Petex (ancien député), Ian Boucard, Hubert Brigand, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Jean-Pierre Taite (ancien député), Thierry Liger
Abstention (1) : Émilie Bonnivard
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Contre (6) : Charles Fournier, Sandra Regol, Lisa Belluco, Catherine Hervieu, Emmanuel Duplessy, Steevy Gustave
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (6) : Géraldine Bannier, Frédéric Petit, Philippe Latombe, Cyrille Isaac-Sibille, Mickaël Cosson, Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (6) : Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Xavier Roseren, Béatrice Piron, Jean Moulliere (ancien député), Jean-Michel Brard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : Joël Bruneau, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Édouard Bénard
UDR 3 dans le décompte
Pour (3) : Bartolomé Lenoir, Maxime Michelet, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin