Votes · Scrutin n° 775 · 11 février 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 55 de M. Jenft à l'article 13 (supprimé) de la proposition de loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports (première lecture).
Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 13
- Texte
- Proposition de loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Jenft et 15 cosignataires (RN) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement tend à restaurer l’article 13 supprimé par la commission des Lois.
L’article 13 visait à créer une peine complémentaire pour les auteurs de crimes ou de certains délits commis dans un véhicule de transport collectif de voyageurs ou dans un lieu destiné à l’accès à un moyen de transport collectif de voyageurs. Il prévoyait que le juge pourrait assortir la peine principale prononcée d’une interdiction de paraître dans les réseaux de transport public ou dans les lieux permettant l’accès à ces réseaux pendant une durée de trois ans au plus.
Cet article a été supprimé dans une logique de protection de la vie privée des agresseurs.
Pourtant, les faits concernés étaient particulièrement graves, alors qu’étaient visés, outre les crimes, les agressions sexuelles ainsi que les violences physiques.
La peine complémentaire d’interdiction temporaire de transports doit dès lors être rétablie tant au regard de la nécessité de punir le délinquant, qu’en considération de l’impératif de protection des usagers. En effet, certains agresseurs, notamment sexuels, utilisent les transports en commun pour perpétrer leurs agressions.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rétablir cet article dans la rédaction suivante :
« I. – Après le chapitre III du titre III du livre VI de la première partie du code des transports, il est inséré un chapitre III bis ainsi rédigé :
« Chapitre III bis
« Peine complémentaire d’interdiction de paraître dans un ou plusieurs réseaux de transport public
« Art. L. 1633‑3. – Lorsque les faits ont été commis dans un véhicule affecté au transport collectif de voyageurs ou dans un lieu destiné à l’accès à un moyen de transport collectif de voyageurs, les personnes déclarées coupables soit d’un crime, soit des délits prévus aux articles 222‑11 à 222‑13, 222‑22 à 222‑22‑2, 222‑32, 222‑33, 311‑1 à 311‑6, 312‑1 et 312‑2 du code pénal et aux articles L. 2242‑1 à L. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi donne de nouveaux pouvoirs aux agents de sécurité des réseaux de transport et lance plusieurs expérimentations de captation d’images et de sons. Elle vient d’une proposition de loi déposée au Sénat le 28 décembre 2023 par le sénateur Philippe Tabarot et plusieurs de ses collègues, devenu depuis ministre des transports. D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit le texte définitif :
- les agents de sûreté de la SNCF (Suge) et de la RATP (GPSR) peuvent fouiller les bagages et procéder à des palpations sans arrêté préfectoral, à certaines conditions (paragraphes 2 et 15) ;
- ils peuvent conserver temporairement un objet dangereux, avec l’accord de son propriétaire (paragraphes 22 à 24), et constater la vente à la sauvette aux abords des gares (paragraphe 38) ;
- des agents d’Île-de-France Mobilités peuvent visionner les images de vidéoprotection (paragraphe 89) ;
- deux expérimentations sont prévues : caméras frontales sur les tramways et métros pendant trois ans, captation du son dans les bus et cars pendant deux ans (paragraphes 122 et 139) ;
- l’abandon de bagages dans un véhicule de transport devient passible d’une amende (paragraphe 148).
Ce que ça change
Les voyageurs peuvent être fouillés ou palpés plus souvent par des agents de la SNCF et de la RATP, et se voir refuser l’accès à une gare. Selon le Conseil (paragraphe 15), les palpations sans arrêté préfectoral supposent « des éléments objectifs » laissant penser qu’une personne porte un objet dangereux. Le rapporteur Guillaume Gouffier Valente indique que le texte doit « doter la Suge et le GPSR de nouvelles dispositions » (compte rendu du 18 mars 2025).
Ce qui est contesté
Le 18 mars 2025, l’Assemblée a adopté le texte de la commission mixte paritaire (CMP, réunion de députés et de sénateurs chargée de trouver un texte commun) par 303 voix contre 135 (7 abstentions). Ont voté contre : La France insoumise (53), les Socialistes (42), les Écologistes (27) et la Gauche démocrate et républicaine (12). Ont voté pour : RN (104), Ensemble pour la République (77), Droite républicaine (34), Horizons (31), Démocrates (21), LIOT (17) et UDR (14). En première lecture, l’article 1er a été le plus disputé : 15 scrutins publics, dont 4 à quelques voix d’écart.
Roger Vicot (Socialistes) juge le texte « trop imprécis » alors qu’il touche à « la liberté d’aller et venir ». Stéphane Peu (GDR) dénonce « le flou » entre missions de l’État et sécurité privée. Pour Bérenger Cernon (LFI), « l’adversaire d’une vraie liberté, c’est le désir excessif de sécurité ». Sandra Regol (Écologiste et social) estime que « toutes les mains tendues ont été refusées ».
Côté partisans, Ian Boucard (Droite républicaine) affirme que « protéger les usagers, c’est justement garantir leur liberté d’aller et venir ». Laure Miller (Ensemble pour la République) et Bryan Masson (RN) annoncent le vote de leur groupe en faveur du texte.
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI (24 mars 2025) puis par des députés socialistes et écologistes (27 mars), le Conseil a rendu sa décision le 24 avril 2025.
- Censuré sur le fond : le pouvoir donné à des agents privés de contraindre physiquement une personne qui refuse d’obéir (2° de l’article 4), car la contrainte relève « de la seule compétence des autorités de police » (paragraphe 66) ; les caméras dans les transports scolaires à Mayotte (article 13), faute de garanties pour la vie privée (paragraphes 119 à 121).
- Censurés comme « cavaliers législatifs » (ajouts sans lien avec le texte initial) : le pistolet à impulsion électrique pour la Suge (article 5), un numéro national de signalement (article 12), la prolongation jusqu’en 2027 de l’analyse automatisée des images de vidéoprotection lors de grands événements (article 15) et la plainte déposée par l’employeur au nom d’un agent (article 22) (paragraphes 87, 137, 159 et 161).
- Réserves d’interprétation (conditions d’application fixées par le Conseil) : refus d’accès fondé sur des critères excluant toute discrimination (paragraphe 71), caméras frontales limitées aux « abords immédiats » des véhicules (paragraphe 128), agents de la SNCF et de la RATP limités à la protection des exploitants, des personnels et des usagers (paragraphe 34), aucune contrainte physique confiée à des agents de sécurité privée (paragraphe 55).
Où en est le texte
La loi n° 2025-379 du 28 avril 2025 a été publiée au Journal officiel du 29 avril 2025.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (28/04/2025)
- Dossier législatif du Sénat (proposition de loi n° 235) (28/04/2025)
- Compte rendu de la première séance du 18 mars 2025 (lecture du texte de la CMP) (18/03/2025)
- Scrutin n° 1041 sur l’ensemble du texte de la CMP (18/03/2025)
- Scrutin n° 788 sur l’ensemble en première lecture (11/02/2025)
- Décision n° 2025-878 DC du Conseil constitutionnel (24/04/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 67
- Contre
- 95
- Abstention
- 5
- Non-votant
- 2
- Votants
- 167
- Exprimés
- 162
- Majorité requise
- 82
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Pour | 60 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 1 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 13 | 2 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 1 | 9 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Abstention | 0 | 1 | 2 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 60 dans le décompte
Pour (60) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Nicolas Dragon, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Christophe Barthès (ancien député), Julien Rancoule, Gisèle Lelouis, Franck Allisio, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Serge Muller, Yoann Gillet, Pascale Bordes (ancien député), Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Michèle Martinez, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Julie Lechanteux, Philippe Schreck, Monique Griseti, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Manon Bouquin (ancien député), Thierry Perez, Pascal Jenft, Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Arnaud Sanvert (ancien député), Julien Limongi, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Contre (20) : Florent Boudié (ancien député), Sylvain Maillard, Hervé Berville (ancien député), Sandrine Le Feur, Daniel Labaronne, Stéphanie Rist (ancien député), Nicole Dubré-Chirat, Bertrand Sorre, Anne Genetet, Guillaume Gouffier Valente, Céline Calvez, Jean-Marie Fiévet, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Philippe Fait, Yannick Chenevard, Pauline Levasseur (ancien député), Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 12 dans le décompte
Contre (11) : Élisa Martin, Mathilde Hignet, David Guiraud (ancien député), Marianne Maximi, Ersilia Soudais, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, René Pilato, Sandrine Nosbé, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 20 dans le décompte
Contre (20) : Marietta Karamanli, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Julien Gokel (ancien député), Peio Dufau, Denis Fégné, Thierry Sother, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 15 dans le décompte
Contre (13) : Vincent Rolland, Michèle Tabarot, Jean-Luc Bourgeaux, Eric Liégeon, Éric Pauget, Sylvie Bonnet, Christelle Petex (ancien député), Ian Boucard, Nicolas Ray, Sylvie Dezarnaud (ancien député), Justine Gruet, Thierry Liger, Alexandre Portier
Abstention (2) : Patrick Hetzel, Thibault Bazin
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Contre (12) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Sébastien Peytavie, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Lisa Belluco, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Julie Ozenne
Les Démocrates 7 dans le décompte
Contre (7) : Philippe Bolo (ancien député), Jimmy Pahun, Philippe Latombe, Emmanuel Mandon, Hubert Ott, Éric Martineau, Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 11 dans le décompte
Pour (1) : Lise Magnier
Contre (9) : Paul Christophe (ancien député), Sylvain Berrios, Béatrice Piron, François Gernigon, Anne Le Hénanff (ancien député), Jean Moulliere (ancien député), Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député)
Abstention (1) : Thierry Benoit
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (1) : Constance de Pélichy
Abstention (2) : Christophe Naegelen, Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Édouard Bénard
UDR 5 dans le décompte
Pour (5) : Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Éric Michoux
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin