Votes · Scrutin n° 7829 · 29 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 277 de M. Viry après l'article 1er A de la proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel (première lecture).
Dossier : Proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel · Demandé par : Président du groupe "Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 1er A
- Texte
- Proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Viry et 8 cosignataires (LIOT) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Dans le rapport d'information sur le développement de la pratique féminine du sport, les rapporteurs Véronique Riotton et Stéphane Viry proposaient, dans leur recommandation n°24 (page 55), de préciser dans la loi la définition du terme d'instances dirigeantes" soumises à la parité, afin de mettre fin aux stratégies de contournement des fédérations.
En effet, l'utilisation de la notion "d'instances dirigeantes", peu précise, alimente un flou juridique exploité par les fédérations réfractaires : si l'organe formellement qualifié de dirigeant respecte la règle, le pouvoir décisionnel réel se concentre dans un bureau ou un comité exécutif restreint qui, n'étant pas regardé comme une instance dirigeante, échappe à toute exigence de parité.
Cet amendement propose donc d'opérer cette précision en ciblant l'ensemble des organes collégiaux qui, en vertu des statuts, exercent des attributions de direction, d'administration ou de gestion de la fédération ou de ses organes régionaux, notamment le conseil d'administration ou comité directeur, le bureau, ainsi que tout comité exécutif ou organe restreint en tenant lieu.
Ce faisant, l'amendement cible toute forme d'organe concentrant le pouvoir décisionnel dans des organes restreints non soumis à la règle, sans rien ajouter à l'obligation de fond. L'amendement vise simplement à en garantir l'effet.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après le 2 du II de l’article L. 131‑8 du code du sport, il est inséré un 2 bis ainsi rédigé :
« 2 bis. Pour l’application des 1 et 2, sont regardés comme instances dirigeantes l’ensemble des organes collégiaux, qui, en vertu des statuts, exercent des attributions de direction, d’administration ou de gestion de la fédération ou de ses organes régionaux, notamment le conseil d’administration ou comité directeur, le bureau et tout comité exécutif ou organe restreint en tenant lieu, ainsi que les commissions investies par les statuts ou le règlement disciplinaire d’un pouvoir propre de décision, notamment en matière disciplinaire, électorale ou de contrôle. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi du sénateur Laurent Lafon, déposée au Sénat le 18 mars 2025, adoptée par le Sénat le 10 juin 2025 puis par l’Assemblée le 29 juin 2026. Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 20 juillet 2026 :
- gouvernance : statuts démocratiques pour les fédérations ; les clubs professionnels ne peuvent détenir plus de 25 % des voix à leur assemblée générale ; aucun candidat ne peut être financé par un État étranger ;
- rémunérations : celle des dirigeants d’une fédération est plafonnée à trois fois le plafond de la sécurité sociale ; celles de la ligue ne peuvent dépasser le plafond fixé pour les présidents d’établissements publics industriels et commerciaux de l’État ;
- droits télévisés : la fédération fixe l’écart de répartition entre clubs d’une même compétition, « au maximum d’un à trois » ;
- contrôle : la Cour des comptes peut contrôler fédérations, ligues et sociétés commerciales ; supporters associés via un comité de dialogue permanent réuni au moins trois fois par an ;
- piratage : blocage pendant le direct de sites pirates non encore identifiés, sous le contrôle de l’Arcom ; sport féminin : une société commerciale distincte possible pour le secteur féminin.
Ce que ça change
Les fédérations, ligues, clubs et agents sportifs sont les premiers concernés. Le texte, d’origine parlementaire, n’a eu ni étude d’impact ni avis du Conseil d’État, comme l’a relevé le rapporteur Lionel Duparay en séance. Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, la plupart des décrets sont attendus entre décembre 2026 et février 2027. Certaines règles ont une date différée : 1er janvier 2027 pour une mesure sur les jeux d’argent des 18 à 25 ans, 1er janvier 2028 pour le nombre de sociétés d’un agent sportif, 10 juillet 2029 au plus tard pour les obligations anti-blanchiment des agents.
Ce qui est contesté
Première lecture à l’Assemblée, le 29 juin 2026 : 75 voix pour, 2 contre (scrutin n° 7893). Texte final, le 20 juillet 2026 : 359 voix pour, 1 contre (scrutin n° 8418). Aucun groupe n’a voté contre. La France insoumise (52 abstentions) et GDR (15) se sont abstenus, comme la majorité de l’UDR (13 abstentions, 4 pour). Le seul vote contre vient d’un député écologiste ; son groupe a voté pour (31 voix).
- Pour LFI, François Piquemal estime que le texte rapproche le football français du modèle anglais de la Premier League, « fortement financiarisé » ; il regrette que les dispositions contre la multipropriété des clubs aient été « vidées de leur substance lors de la CMP ».
- Pour GDR, Soumya Bourouaha critique l’abandon de l’interdiction de la multipropriété et la sévérité des peines contre le piratage : le texte ne remet pas en cause, selon elle, les « logiques néolibérales qui gouvernent le football professionnel ».
- Pour l’UDR, Matthieu Bloch juge que les règles pensées pour le football s’appliquent « indistinctement au rugby, au basket, au handball et aux autres disciplines ».
- Pour EPR, Benjamin Dirx salue la lutte contre le streaming illégal, qui « prive de ressources essentielles les clubs, les ligues et les fédérations ». Le RN, LIOT, les Socialistes, les Démocrates et Horizons ont aussi annoncé un vote pour.
- Selon nos données, l’article le plus disputé en première lecture est l’article 9, sur le contrôle des comptes (8 scrutins), devant l’article 2 sur les relations entre fédérations et ligues et l’article 6 sur les sociétés commerciales (6 scrutins chacun).
Où en est le texte
Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Promulguée : loi n° 2026-725 du 3 août 2026 relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Texte adopté n° 334 (texte de la commission mixte paritaire) (20/07/2026)
- Scrutin n° 7893 (première lecture) (29/06/2026)
- Scrutin n° 8418 (texte final) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (explications de vote) (20/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 24
- Contre
- 22
- Abstention
- 9
- Non-votant
- 1
- Votants
- 55
- Exprimés
- 46
- Majorité requise
- 24
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Abstention | 0 | 1 | 8 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 4 | 3 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 2 | 7 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 1 | 2 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 9 dans le décompte
Contre (1) : Christian Girard
Abstention (8) : Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Laurent Jacobelli, Michèle Martinez, Julien Odoul, Marine Hamelet, Bruno Clavet, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 8 dans le décompte
Pour (4) : Véronique Riotton, Olivia Grégoire, Jean-François Rousset, Catherine Ibled
Contre (3) : Liliana Tanguy, Benjamin Dirx, Julie Delpech
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 9 dans le décompte
Pour (9) : Éric Coquerel, Sébastien Delogu, Emmanuel Fernandes, Rodrigo Arenas, Nadège Abomangoli, Thomas Portes, Marie Mesmeur, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 4 dans le décompte
Pour (4) : Belkhir Belhaddad, Pierrick Courbon, Christophe Proença, Denis Fégné
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (8) : Vincent Rolland, Virginie Duby-Muller, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Alexandre Portier, Corentin Le Fur, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 3 dans le décompte
Pour (3) : Pouria Amirshahi, Charles Fournier, Jean-Claude Raux
Les Démocrates 9 dans le décompte
Pour (2) : Cyrille Isaac-Sibille, Delphine Lingemann
Contre (7) : Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Carole Guillerm, Romain Daubié, Éric Martineau, Didier Padey, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Pour (1) : Pierre Henriet
Contre (2) : Jean-François Portarrieu, Jérémie Patrier-Leitus
Abstention (1) : Agnès Firmin Le Bodo
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Pour (1) : Jean Bodart
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin