Votes · Scrutin n° 7838 · 29 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 372 du Gouvernement à l'article 2 de la proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel (première lecture).
Dossier : Proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel · Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par le Gouvernement · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à réintroduire la possibilité pour le ministre chargé des sports de donner force exécutoire, à l’issue de la procédure déjà prévue, au projet de convention qu’il aura préalablement soumis aux conseils d’administration de la ligue professionnelle et de la fédération délégataire, afin d’éviter l’hypothèse où une fédération délégataire souhaite maintenir l’existence d’une ligue professionnelle mais que celle-ci ne fonctionne sans convention de subdélégation.
Aussi, cet amendement reprend les recommandations formulées par le Conseil d’Etat dans son avis du 27 novembre 2025, lesquelles consistent d’une part, à insister sur le fait que cette disposition serait applicable au seul cas où la fédération souhaiterait maintenir l’existence d’une ligue et, d’autre part, à rappeler la condition selon laquelle la force exécutoire donnée à une convention par le ministre chargé des sports dans le cadre d’un dispositif visant à préserver l’objectif d’intérêt général lié à l’exercice et à la continuité de la mission de service public, n’a pas pour fonction de se substituer aux articles L. 131‑14 et R. 132‑17 du code du sport et reste assujettie au principe de la liberté contractuelle.
Enfin, cet amendement propose de supprimer, pour le motif lié à l’ordre public, la notion de « moralité publique », laquelle est déjà une composante de l’ordre public et dont le contour peut paraitre imprécis.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Compléter l’alinéa 2 par les trois phrases suivantes :
Au terme de la prorogation, le ministre chargé des sports peut, après consultation de la fédération et de la ligue, conférer force exécutoire à ce projet de convention. Cette convention ne peut avoir une durée supérieure à celle de la dernière convention conclue en application de l’article L. 131‑14 et ne peut être renouvelée au terme de cette durée. Lorsqu’un accord est trouvé entre la fédération et la ligue et que la convention résultant de cet accord est approuvée par le ministre chargé des sports, celle-ci se substitue à celle dont le ministre a donné force exécutoire.
II. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 5, supprimer les mots : mots :
« ou à la moralité publique »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 5 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi du sénateur Laurent Lafon, déposée au Sénat le 18 mars 2025, adoptée par le Sénat le 10 juin 2025 puis par l’Assemblée le 29 juin 2026. Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 20 juillet 2026 :
- gouvernance : statuts démocratiques pour les fédérations ; les clubs professionnels ne peuvent détenir plus de 25 % des voix à leur assemblée générale ; aucun candidat ne peut être financé par un État étranger ;
- rémunérations : celle des dirigeants d’une fédération est plafonnée à trois fois le plafond de la sécurité sociale ; celles de la ligue ne peuvent dépasser le plafond fixé pour les présidents d’établissements publics industriels et commerciaux de l’État ;
- droits télévisés : la fédération fixe l’écart de répartition entre clubs d’une même compétition, « au maximum d’un à trois » ;
- contrôle : la Cour des comptes peut contrôler fédérations, ligues et sociétés commerciales ; supporters associés via un comité de dialogue permanent réuni au moins trois fois par an ;
- piratage : blocage pendant le direct de sites pirates non encore identifiés, sous le contrôle de l’Arcom ; sport féminin : une société commerciale distincte possible pour le secteur féminin.
Ce que ça change
Les fédérations, ligues, clubs et agents sportifs sont les premiers concernés. Le texte, d’origine parlementaire, n’a eu ni étude d’impact ni avis du Conseil d’État, comme l’a relevé le rapporteur Lionel Duparay en séance. Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, la plupart des décrets sont attendus entre décembre 2026 et février 2027. Certaines règles ont une date différée : 1er janvier 2027 pour une mesure sur les jeux d’argent des 18 à 25 ans, 1er janvier 2028 pour le nombre de sociétés d’un agent sportif, 10 juillet 2029 au plus tard pour les obligations anti-blanchiment des agents.
Ce qui est contesté
Première lecture à l’Assemblée, le 29 juin 2026 : 75 voix pour, 2 contre (scrutin n° 7893). Texte final, le 20 juillet 2026 : 359 voix pour, 1 contre (scrutin n° 8418). Aucun groupe n’a voté contre. La France insoumise (52 abstentions) et GDR (15) se sont abstenus, comme la majorité de l’UDR (13 abstentions, 4 pour). Le seul vote contre vient d’un député écologiste ; son groupe a voté pour (31 voix).
- Pour LFI, François Piquemal estime que le texte rapproche le football français du modèle anglais de la Premier League, « fortement financiarisé » ; il regrette que les dispositions contre la multipropriété des clubs aient été « vidées de leur substance lors de la CMP ».
- Pour GDR, Soumya Bourouaha critique l’abandon de l’interdiction de la multipropriété et la sévérité des peines contre le piratage : le texte ne remet pas en cause, selon elle, les « logiques néolibérales qui gouvernent le football professionnel ».
- Pour l’UDR, Matthieu Bloch juge que les règles pensées pour le football s’appliquent « indistinctement au rugby, au basket, au handball et aux autres disciplines ».
- Pour EPR, Benjamin Dirx salue la lutte contre le streaming illégal, qui « prive de ressources essentielles les clubs, les ligues et les fédérations ». Le RN, LIOT, les Socialistes, les Démocrates et Horizons ont aussi annoncé un vote pour.
- Selon nos données, l’article le plus disputé en première lecture est l’article 9, sur le contrôle des comptes (8 scrutins), devant l’article 2 sur les relations entre fédérations et ligues et l’article 6 sur les sociétés commerciales (6 scrutins chacun).
Où en est le texte
Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Promulguée : loi n° 2026-725 du 3 août 2026 relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Texte adopté n° 334 (texte de la commission mixte paritaire) (20/07/2026)
- Scrutin n° 7893 (première lecture) (29/06/2026)
- Scrutin n° 8418 (texte final) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (explications de vote) (20/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 14
- Contre
- 35
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 1
- Votants
- 53
- Exprimés
- 49
- Majorité requise
- 25
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 3 | 1 | 2 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | aucun vote | 1 | 0 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 9 dans le décompte
Contre (9) : Christian Girard, Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Laurent Jacobelli, Michèle Martinez, Julien Odoul, Marine Hamelet, Frédéric Weber, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 7 dans le décompte
Pour (3) : François Cormier-Bouligeon, Véronique Riotton, Olivia Grégoire
Contre (1) : Julie Delpech
Abstention (2) : Liliana Tanguy, Benjamin Dirx
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 8 dans le décompte
Contre (8) : Éric Coquerel, Sébastien Delogu, Emmanuel Fernandes, Rodrigo Arenas, Nadège Abomangoli, Carlos Martens Bilongo, Thomas Portes, Marie Mesmeur
Socialistes et apparentés 5 dans le décompte
Contre (5) : Christine Pirès Beaune, Belkhir Belhaddad, Pierrick Courbon, Christophe Proença, Denis Fégné
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (8) : Vincent Rolland, Virginie Duby-Muller, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Frédérique Meunier, Alexandre Portier, Corentin Le Fur, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 3 dans le décompte
Contre (3) : Pouria Amirshahi, Charles Fournier, Jean-Claude Raux
Les Démocrates 9 dans le décompte
Pour (9) : Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Carole Guillerm, Cyrille Isaac-Sibille, Romain Daubié, Delphine Lingemann, Éric Martineau, Didier Padey, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 2 dans le décompte
Pour (1) : Agnès Firmin Le Bodo
Abstention (1) : Jean-François Portarrieu
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Pour (1) : Jean Bodart
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Soumya Bourouaha
Non inscrit 1 dans le décompte
Abstention (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin