Votes · Scrutin n° 7854 · 29 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 264 de Mme Bourouaha après l'article 3 de la proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel (première lecture).
Dossier : Proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel · Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 3
- Texte
- Proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Bourouaha et 15 cosignataires (GDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à garantir aux supporters un droit de regard effectif sur les décisions susceptibles d'altérer durablement l'identité historique du club.
La proposition de loi reconnaît déjà la nécessité d'accorder aux fédération sportive une golden share afin de préserver l'intérêt général du sport. Il apparaît tout aussi légitime de protéger les éléments constitutifs de l'identité des clubs, qui ne sauraient être assimilés à de simples actifs commerciaux.
Plusieurs exemples récents illustrent les risques d'une gouvernance exclusivement actionnariale. Dans plusieurs clubs détenus par le groupe Red Bull, les couleurs, les emblèmes et l'identité visuelle historique ont progressivement été remplacés par ceux d'une marque commerciale internationale. Ces transformations ont nourri un sentiment de dépossession chez de nombreux supporters.
En France, la refonte du logo du Football Club de Nantes en 2019 a également suscité une forte mobilisation populaire. Adopté sans consultation préalable des supporters, ce nouveau logo a supprimé de nombreuses références historiques qui constituaient pourtant des marqueurs identitaires essentiels du club.
Le nom d'un club, ses couleurs, son blason, son stade ou son ancrage territorial ne sont pas des attributs commerciaux ordinaires. Ils constituent un patrimoine immatériel collectif transmis de génération en génération. Les propriétaires successifs des clubs en assurent la gestion mais ne sauraient disposer seuls du pouvoir d'en effacer les symboles les plus fondamentaux.
L'avis conforme du conseil des supporters est limité aux seules décisions affectant l'identité historique du club. Il ne concerne ni la gestion courante, ni les choix sportifs, ni la stratégie économique de la société sportive. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’article L. 122‑20 du code du sport, il est inséré un article L. 122‑21 ainsi rédigé :
« Art. L. 122‑21. – Toute société sportive ou association sportive participant à une compétition professionnelle organisée par une ligue professionnelle ou par une fédération délégataire institue un conseil des supporters.
« Ce conseil est composé de représentants des associations de supporters bénéficiant de l’agrément préfectoral.
« Les modalités de composition, de désignation des représentants et de fonctionnement du conseil des supporters sont précisées par décret en Conseil d’État. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi du sénateur Laurent Lafon, déposée au Sénat le 18 mars 2025, adoptée par le Sénat le 10 juin 2025 puis par l’Assemblée le 29 juin 2026. Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 20 juillet 2026 :
- gouvernance : statuts démocratiques pour les fédérations ; les clubs professionnels ne peuvent détenir plus de 25 % des voix à leur assemblée générale ; aucun candidat ne peut être financé par un État étranger ;
- rémunérations : celle des dirigeants d’une fédération est plafonnée à trois fois le plafond de la sécurité sociale ; celles de la ligue ne peuvent dépasser le plafond fixé pour les présidents d’établissements publics industriels et commerciaux de l’État ;
- droits télévisés : la fédération fixe l’écart de répartition entre clubs d’une même compétition, « au maximum d’un à trois » ;
- contrôle : la Cour des comptes peut contrôler fédérations, ligues et sociétés commerciales ; supporters associés via un comité de dialogue permanent réuni au moins trois fois par an ;
- piratage : blocage pendant le direct de sites pirates non encore identifiés, sous le contrôle de l’Arcom ; sport féminin : une société commerciale distincte possible pour le secteur féminin.
Ce que ça change
Les fédérations, ligues, clubs et agents sportifs sont les premiers concernés. Le texte, d’origine parlementaire, n’a eu ni étude d’impact ni avis du Conseil d’État, comme l’a relevé le rapporteur Lionel Duparay en séance. Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, la plupart des décrets sont attendus entre décembre 2026 et février 2027. Certaines règles ont une date différée : 1er janvier 2027 pour une mesure sur les jeux d’argent des 18 à 25 ans, 1er janvier 2028 pour le nombre de sociétés d’un agent sportif, 10 juillet 2029 au plus tard pour les obligations anti-blanchiment des agents.
Ce qui est contesté
Première lecture à l’Assemblée, le 29 juin 2026 : 75 voix pour, 2 contre (scrutin n° 7893). Texte final, le 20 juillet 2026 : 359 voix pour, 1 contre (scrutin n° 8418). Aucun groupe n’a voté contre. La France insoumise (52 abstentions) et GDR (15) se sont abstenus, comme la majorité de l’UDR (13 abstentions, 4 pour). Le seul vote contre vient d’un député écologiste ; son groupe a voté pour (31 voix).
- Pour LFI, François Piquemal estime que le texte rapproche le football français du modèle anglais de la Premier League, « fortement financiarisé » ; il regrette que les dispositions contre la multipropriété des clubs aient été « vidées de leur substance lors de la CMP ».
- Pour GDR, Soumya Bourouaha critique l’abandon de l’interdiction de la multipropriété et la sévérité des peines contre le piratage : le texte ne remet pas en cause, selon elle, les « logiques néolibérales qui gouvernent le football professionnel ».
- Pour l’UDR, Matthieu Bloch juge que les règles pensées pour le football s’appliquent « indistinctement au rugby, au basket, au handball et aux autres disciplines ».
- Pour EPR, Benjamin Dirx salue la lutte contre le streaming illégal, qui « prive de ressources essentielles les clubs, les ligues et les fédérations ». Le RN, LIOT, les Socialistes, les Démocrates et Horizons ont aussi annoncé un vote pour.
- Selon nos données, l’article le plus disputé en première lecture est l’article 9, sur le contrôle des comptes (8 scrutins), devant l’article 2 sur les relations entre fédérations et ligues et l’article 6 sur les sociétés commerciales (6 scrutins chacun).
Où en est le texte
Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Promulguée : loi n° 2026-725 du 3 août 2026 relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Texte adopté n° 334 (texte de la commission mixte paritaire) (20/07/2026)
- Scrutin n° 7893 (première lecture) (29/06/2026)
- Scrutin n° 8418 (texte final) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (explications de vote) (20/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 24
- Contre
- 28
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 1
- Votants
- 54
- Exprimés
- 52
- Majorité requise
- 27
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 7 | 2 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 9 dans le décompte
Pour (9) : Christian Girard, José Beaurain, Yoann Gillet, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Michèle Martinez, Julien Odoul, Marine Hamelet, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 10 dans le décompte
Contre (7) : François Cormier-Bouligeon, Liliana Tanguy, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Charles Rodwell, Marc Ferracci
Abstention (2) : Agnès Pannier-Runacher, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député)
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 10 dans le décompte
Pour (10) : Éric Coquerel, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Emmanuel Fernandes, Clémence Guetté, Farida Amrani, Paul Vannier, Thomas Portes, Marie Mesmeur, Shéhérazade Bentorki
Socialistes et apparentés 2 dans le décompte
Pour (2) : Pierrick Courbon, Denis Fégné
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (8) : Vincent Rolland, Jean-Luc Bourgeaux, Virginie Duby-Muller, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Alexandre Portier, Corentin Le Fur, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 2 dans le décompte
Pour (2) : Charles Fournier, Jean-Claude Raux
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (9) : Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Carole Guillerm, Cyrille Isaac-Sibille, Delphine Lingemann, Didier Padey, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 2 dans le décompte
Contre (2) : Agnès Firmin Le Bodo, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Jean Bodart
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Soumya Bourouaha
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin