Votes · Scrutin n° 7860 · 29 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 296 de Mme Mesmeur à l'article 6 de la proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel (première lecture).
Dossier : Proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 6
- Texte
- Proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Mesmeur et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite souligner les effets bénéfiques de la société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) pour le développement du sport professionnel en France.
Issue des réflexions sur l’économie sociale et solidaire engagées au tournant du siècle, la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) est un modèle original de société, à mi-chemin entre l’association non lucrative et la société commerciale classique. La SCIC est une société commerciale régie par le code de commerce et par la loi n° 47-1775 du 10 septembre 1947 portant statut de la coopération, particulièrement son titre II ter, introduit par la loi n° 2001-624 du 17 juillet 2001, qui l’a créée. Elle prend la forme d’une SARL, d’une SA ou d’une SAS dont l’objet est « la production ou la fourniture de biens et de services d’intérêt collectif qui présentent un caractère d’utilité sociale ». À la différence d’une société commerciale classique, au moins 57,5 % des bénéfices doivent abonder les réserves impartageables, le reste pouvant donner lieu à la distribution de dividendes. La SCIC présente plusieurs spécificités par rapport à une société commerciale classique, tenant essentiellement à son actionnariat, sa gouvernance et sa finalité. Il se caractérise par le multisociétariat, une gouvernance plus démocratique et la défense de l’utilité sociale. Le multisociétariat implique que doit compter au moins trois catégories de personnes parmi ses associés dont deux sont précisées par la loi : les personnes qui bénéficient habituellement, à titre gratuit ou onéreux, des activités de la coopérative ; les salariés ou, en l’absence de personnes salariées au sein de la société, les producteurs de biens ou de services de la coopérative. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après la première phrase de l’alinéa 3, insérer la phrase suivante :
« La société commerciale peut prendre la forme d’une société coopérative d’intérêt collectif, conformément au 7° de l’article L. 122‑2 du présent code ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 6 : 6 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi du sénateur Laurent Lafon, déposée au Sénat le 18 mars 2025, adoptée par le Sénat le 10 juin 2025 puis par l’Assemblée le 29 juin 2026. Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 20 juillet 2026 :
- gouvernance : statuts démocratiques pour les fédérations ; les clubs professionnels ne peuvent détenir plus de 25 % des voix à leur assemblée générale ; aucun candidat ne peut être financé par un État étranger ;
- rémunérations : celle des dirigeants d’une fédération est plafonnée à trois fois le plafond de la sécurité sociale ; celles de la ligue ne peuvent dépasser le plafond fixé pour les présidents d’établissements publics industriels et commerciaux de l’État ;
- droits télévisés : la fédération fixe l’écart de répartition entre clubs d’une même compétition, « au maximum d’un à trois » ;
- contrôle : la Cour des comptes peut contrôler fédérations, ligues et sociétés commerciales ; supporters associés via un comité de dialogue permanent réuni au moins trois fois par an ;
- piratage : blocage pendant le direct de sites pirates non encore identifiés, sous le contrôle de l’Arcom ; sport féminin : une société commerciale distincte possible pour le secteur féminin.
Ce que ça change
Les fédérations, ligues, clubs et agents sportifs sont les premiers concernés. Le texte, d’origine parlementaire, n’a eu ni étude d’impact ni avis du Conseil d’État, comme l’a relevé le rapporteur Lionel Duparay en séance. Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, la plupart des décrets sont attendus entre décembre 2026 et février 2027. Certaines règles ont une date différée : 1er janvier 2027 pour une mesure sur les jeux d’argent des 18 à 25 ans, 1er janvier 2028 pour le nombre de sociétés d’un agent sportif, 10 juillet 2029 au plus tard pour les obligations anti-blanchiment des agents.
Ce qui est contesté
Première lecture à l’Assemblée, le 29 juin 2026 : 75 voix pour, 2 contre (scrutin n° 7893). Texte final, le 20 juillet 2026 : 359 voix pour, 1 contre (scrutin n° 8418). Aucun groupe n’a voté contre. La France insoumise (52 abstentions) et GDR (15) se sont abstenus, comme la majorité de l’UDR (13 abstentions, 4 pour). Le seul vote contre vient d’un député écologiste ; son groupe a voté pour (31 voix).
- Pour LFI, François Piquemal estime que le texte rapproche le football français du modèle anglais de la Premier League, « fortement financiarisé » ; il regrette que les dispositions contre la multipropriété des clubs aient été « vidées de leur substance lors de la CMP ».
- Pour GDR, Soumya Bourouaha critique l’abandon de l’interdiction de la multipropriété et la sévérité des peines contre le piratage : le texte ne remet pas en cause, selon elle, les « logiques néolibérales qui gouvernent le football professionnel ».
- Pour l’UDR, Matthieu Bloch juge que les règles pensées pour le football s’appliquent « indistinctement au rugby, au basket, au handball et aux autres disciplines ».
- Pour EPR, Benjamin Dirx salue la lutte contre le streaming illégal, qui « prive de ressources essentielles les clubs, les ligues et les fédérations ». Le RN, LIOT, les Socialistes, les Démocrates et Horizons ont aussi annoncé un vote pour.
- Selon nos données, l’article le plus disputé en première lecture est l’article 9, sur le contrôle des comptes (8 scrutins), devant l’article 2 sur les relations entre fédérations et ligues et l’article 6 sur les sociétés commerciales (6 scrutins chacun).
Où en est le texte
Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Promulguée : loi n° 2026-725 du 3 août 2026 relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Texte adopté n° 334 (texte de la commission mixte paritaire) (20/07/2026)
- Scrutin n° 7893 (première lecture) (29/06/2026)
- Scrutin n° 8418 (texte final) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (explications de vote) (20/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 17
- Contre
- 31
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 48
- Exprimés
- 48
- Majorité requise
- 25
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | aucun vote | 2 | 2 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 6 dans le décompte
Contre (6) : Yoann Gillet, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Michèle Martinez, Julien Odoul, Théo Bernhardt
Ensemble pour la République 10 dans le décompte
Contre (9) : François Cormier-Bouligeon, Liliana Tanguy, Véronique Riotton, Olivia Grégoire, Benjamin Dirx, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Charles Rodwell, Marc Ferracci
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 12 dans le décompte
Pour (12) : Éric Coquerel, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Emmanuel Fernandes, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Farida Amrani, Paul Vannier, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Marie Mesmeur, Shéhérazade Bentorki
Socialistes et apparentés 4 dans le décompte
Pour (2) : Pierrick Courbon, Denis Fégné
Contre (2) : Christine Pirès Beaune, Belkhir Belhaddad
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Contre (6) : Vincent Rolland, Jean-Luc Bourgeaux, Virginie Duby-Muller, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Alexandre Portier, Lionel Duparay
Écologiste et Social 2 dans le décompte
Pour (2) : Charles Fournier, Jean-Claude Raux
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (6) : Sophie Mette, Jean-Paul Mattei, Romain Daubié, Éric Martineau, Didier Padey, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 1 dans le décompte
Contre (1) : Agnès Firmin Le Bodo
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Stéphane Viry
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Soumya Bourouaha
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin