Votes · Scrutin n° 7877 · 29 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 373 du Gouvernement à l'article 9 de la proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel (première lecture).
Dossier : Proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel · Demandé par : Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 9
- Texte
- Proposition de loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par le Gouvernement · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à réécrire les alinéas 12 à 55 dans un objectif principal de conformer ces dispositions aux règles constitutionnelles ainsi qu’à celles de l’Union européenne en matière de concurrence tout en maintenant un renforcement du contrôle des clubs professionnels par les DNCG.
Tout d’abord, cet amendement vise donc à supprimer le pouvoir conféré aux organismes mentionnés à l’article L. 132-2 du code du sport de s’opposer à tout projet d’achat, de cession et de changement d’actionnariat d’une société sportive au motif que la situation financière de la société serait menacée. En conséquence, les dispositions permettant l’application de ce dispositif sont également supprimées.
Pour rappel, dans son avis rendu le 27 novembre 2025, le Conseil d’Etat « estime que le motif donné à l’exercice du pouvoir conféré est d’une trop grande généralité et insuffisamment caractérisé pour être regardé comme se référant à un intérêt général ». Il serait alors susceptible de porter atteinte à plusieurs droits constitutionnellement garantis tels que le droit de propriété, la liberté d’entreprendre et la liberté contractuelle.
Par ailleurs, le Conseil d’Etat rappelle également que cette disposition serait contraire au traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Peuvent être cités l’article 49 qui « interdit les restrictions à la liberté d'établissement des ressortissants d'un Etat membre sur le territoire d'un autre Etat membre ». L’article 63, pour sa part, « interdit toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les Etats membres et entre les États membres et les pays tiers. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Substituer aux alinéas 12 à 55 les alinéas suivants :
« 3° D’assurer le contrôle et l’évaluation et de rendre un avis motivé sur les projets d’achat, de cession et de changement d’actionnaires des sociétés sportives ; »
« c) Après le même 3°, sont insérés trois alinéas ainsi rédigés :
« La fédération sportive délégataire assure le suivi du contrôle administratif, juridique et financier opéré par l’organisme mentionné au premier alinéa.
« Cet organisme est constitué, pour au moins les deux tiers de ses membres, de professionnels qualifiés dans les domaines du droit, de la comptabilité, de l’audit ou de la finance qui n’exercent aucun mandat au sein des instances de la fédération et de la ligue professionnelle et ne détiennent aucun droit de vote ou aucune part de capital dans une société mentionnée à l’article L. 122‑2 ou dans une société commerciale créée en application des articles L. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 9 : 8 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Proposition de loi du sénateur Laurent Lafon, déposée au Sénat le 18 mars 2025, adoptée par le Sénat le 10 juin 2025 puis par l’Assemblée le 29 juin 2026. Principales mesures, d’après le texte définitif adopté le 20 juillet 2026 :
- gouvernance : statuts démocratiques pour les fédérations ; les clubs professionnels ne peuvent détenir plus de 25 % des voix à leur assemblée générale ; aucun candidat ne peut être financé par un État étranger ;
- rémunérations : celle des dirigeants d’une fédération est plafonnée à trois fois le plafond de la sécurité sociale ; celles de la ligue ne peuvent dépasser le plafond fixé pour les présidents d’établissements publics industriels et commerciaux de l’État ;
- droits télévisés : la fédération fixe l’écart de répartition entre clubs d’une même compétition, « au maximum d’un à trois » ;
- contrôle : la Cour des comptes peut contrôler fédérations, ligues et sociétés commerciales ; supporters associés via un comité de dialogue permanent réuni au moins trois fois par an ;
- piratage : blocage pendant le direct de sites pirates non encore identifiés, sous le contrôle de l’Arcom ; sport féminin : une société commerciale distincte possible pour le secteur féminin.
Ce que ça change
Les fédérations, ligues, clubs et agents sportifs sont les premiers concernés. Le texte, d’origine parlementaire, n’a eu ni étude d’impact ni avis du Conseil d’État, comme l’a relevé le rapporteur Lionel Duparay en séance. Selon le baromètre de l’application des lois de l’Assemblée, la plupart des décrets sont attendus entre décembre 2026 et février 2027. Certaines règles ont une date différée : 1er janvier 2027 pour une mesure sur les jeux d’argent des 18 à 25 ans, 1er janvier 2028 pour le nombre de sociétés d’un agent sportif, 10 juillet 2029 au plus tard pour les obligations anti-blanchiment des agents.
Ce qui est contesté
Première lecture à l’Assemblée, le 29 juin 2026 : 75 voix pour, 2 contre (scrutin n° 7893). Texte final, le 20 juillet 2026 : 359 voix pour, 1 contre (scrutin n° 8418). Aucun groupe n’a voté contre. La France insoumise (52 abstentions) et GDR (15) se sont abstenus, comme la majorité de l’UDR (13 abstentions, 4 pour). Le seul vote contre vient d’un député écologiste ; son groupe a voté pour (31 voix).
- Pour LFI, François Piquemal estime que le texte rapproche le football français du modèle anglais de la Premier League, « fortement financiarisé » ; il regrette que les dispositions contre la multipropriété des clubs aient été « vidées de leur substance lors de la CMP ».
- Pour GDR, Soumya Bourouaha critique l’abandon de l’interdiction de la multipropriété et la sévérité des peines contre le piratage : le texte ne remet pas en cause, selon elle, les « logiques néolibérales qui gouvernent le football professionnel ».
- Pour l’UDR, Matthieu Bloch juge que les règles pensées pour le football s’appliquent « indistinctement au rugby, au basket, au handball et aux autres disciplines ».
- Pour EPR, Benjamin Dirx salue la lutte contre le streaming illégal, qui « prive de ressources essentielles les clubs, les ligues et les fédérations ». Le RN, LIOT, les Socialistes, les Démocrates et Horizons ont aussi annoncé un vote pour.
- Selon nos données, l’article le plus disputé en première lecture est l’article 9, sur le contrôle des comptes (8 scrutins), devant l’article 2 sur les relations entre fédérations et ligues et l’article 6 sur les sociétés commerciales (6 scrutins chacun).
Où en est le texte
Le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi. Promulguée : loi n° 2026-725 du 3 août 2026 relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Texte adopté n° 334 (texte de la commission mixte paritaire) (20/07/2026)
- Scrutin n° 7893 (première lecture) (29/06/2026)
- Scrutin n° 8418 (texte final) (20/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 20 juillet 2026 (explications de vote) (20/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 79
- Contre
- 1
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 80
- Exprimés
- 80
- Majorité requise
- 41
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 10 | 1 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 11 dans le décompte
Pour (10) : Yoann Gillet, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Laurence Robert-Dehault, Laurent Jacobelli, Michèle Martinez, Julien Odoul, Marine Hamelet, Frédéric Weber, Matthias Renault
Contre (1) : Christian Girard
Ensemble pour la République 11 dans le décompte
Pour (10) : Sylvain Maillard, François Cormier-Bouligeon, Liliana Tanguy, Benjamin Dirx, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Anthony Brosse, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Charles Rodwell, Marc Ferracci
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 20 dans le décompte
Pour (20) : Mathilde Panot, Éric Coquerel, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Sébastien Delogu, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Rodrigo Arenas, Nadège Abomangoli, Clémence Guetté, Farida Amrani, Paul Vannier, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Marie Mesmeur, Shéhérazade Bentorki, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 7 dans le décompte
Pour (7) : Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Belkhir Belhaddad, Pierrick Courbon, Christophe Proença, Stéphane Hablot, Denis Fégné
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Pour (8) : Vincent Rolland, Jean-Luc Bourgeaux, Virginie Duby-Muller, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Alexandre Portier, Corentin Le Fur, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (6) : Jean-Louis Roumégas, Charles Fournier, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Steevy Gustave
Les Démocrates 10 dans le décompte
Pour (10) : Sophie Mette, Geneviève Darrieussecq, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Cyrille Isaac-Sibille, Romain Daubié, Delphine Lingemann, Didier Padey, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 2 dans le décompte
Pour (2) : Agnès Firmin Le Bodo, Lise Magnier
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (3) : Stéphane Viry, Joël Bruneau, Jean Bodart
Union des droites pour la République 1 dans le décompte
Pour (1) : Olivier Fayssat
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Soumya Bourouaha
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Philippe Bonnecarrère
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Olivia Grégoire, Véronique Riotton
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin