Votes · Scrutin n° 7897 · 30 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 121 de M. Coulomme à l'article premier du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes (première lecture).
Dossier : Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Coulomme et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, les député.es du groupe LFI souhaitent contester la procédure de jugement des crimes reconnus (PJCR) qui met fin aux structures fondamentales de la procédure pénale au détriment des droits fondamentaux.
La PJCR entend déployer le mécanisme de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) existant en matière délictuelle à la matière criminelle. Ce faisant, elle confisque le procès pénal et met à mal l'ensemble des garanties procédurales fondamentales de la justice criminelle qui permettent un procès équitable.
L'oralité des débats dans la procédure criminelle a des vertus essentielles. Toute l'audience et le délibéré sont construits autour de ce principe. Il garantit le respect du contradictoire en imposant que tous les éléments soient apportés au contradictoire, ce qui protège notamment les droits de la défense. L'oralité garantit ensuite la formation de l'intime conviction des juges, qui lors de l'audience évaluent les propos, les témoins, les experts au-delà du fond et des écrits et permet aux juges de percevoir le langage non verbal nécessaire à la construction de cette intime conviction. Enfin cette oralité permet à chaque partie de prendre conscience de la situation, et cette oralité qui peut permettre à des victimes d'expérimenter le caractère cathartique du procès.
Le PJCR repose sur la conviction que l'aveu est suffisant, et déterminant, pour régler une affaire au fond. D'une part, l'aveu n'est jamais suffisant en soi, la CNCDH le rappelle dans son avis que "instaurer des dispositifs de transaction dans le processus de justice pénale présente, en l’absence d’encadrement suffisant, le risque de substituer à une vérité judiciairement établie une vérité simplement négociée". […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer les alinéas 2 à 14.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 7 scrutins publics, dont 0 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, garde des sceaux Gérald Darmanin) a été déposé au Sénat le 18 mars 2026, en procédure accélérée. Selon son exposé des motifs, les délais d’audiencement criminel « atteignent six à huit ans » et le texte « entend accélérer le temps judiciaire ». D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi adoptée :
- les cours criminelles départementales voient leurs règles d’organisation assouplies et leur compétence étendue à certains crimes commis en récidive légale (§ 16) ;
- devant la cour d’assises, l’accord trouvé en réunion préparatoire sur la liste des témoins et la durée de l’audience devient en principe définitif (§ 7 et 8) ;
- les enquêteurs pourraient analyser des traces génétiques d’inconnus et les comparer à des bases génétiques étrangères, la « généalogie génétique » (§ 82), et s’appuyer sur des psychologues de police judiciaire (§ 105) ;
- un délai de quatre mois encadre les demandes de nullité pendant l’instruction, et de nouvelles règles visent la détention provisoire (§ 127 à 153).
La « procédure de jugement des crimes reconnus », sorte de plaider-coupable criminel au cœur du projet initial, a été retirée au fil des débats, comme les citoyens assesseurs, selon les explications de vote du 7 juillet (compte rendu).
Ce que ça change
Deux outils d’enquête présentés comme majeurs ne verront pas le jour sous cette forme : la généalogie génétique et le psychologue de police judiciaire ont été censurés. L’extension des cours criminelles à la récidive et les nouveaux délais de procédure, eux, sont validés. La date d’application de chaque mesure n’a pas été vérifiée.
Ce qui est contesté
Le 8 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte de la commission mixte paritaire par 283 voix contre 156 (scrutin n° 8042). Ont voté contre : La France insoumise (68), les socialistes (41), les écologistes (35) et la Gauche démocrate et républicaine (12). Ont voté pour : Rassemblement national, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR. En première lecture, le 7 juillet, le score était de 357 contre 177 (scrutin n° 7980).
- Colette Capdevielle (socialiste) estime que le Gouvernement adapte la justice « à la pénurie » au lieu de lui donner des moyens, et critique le recours à des sociétés américaines de généalogie génétique (7 juillet).
- Gabrielle Cathala (LFI) dénonce un fichage génétique étendu et des cours criminelles renforcées « au détriment de la cour d’assises et de son jury populaire ».
- Pour le texte, Sylvie Josserand (RN) indique que son groupe a obtenu l’abandon du plaider-coupable criminel et vote le texte, « même très insuffisant » (8 juillet). Ian Boucard (Droite républicaine) salue « plusieurs avancées utiles ». Yannick Favennec-Bécot (LIOT) estime que « mieux vaut un accord imparfait qu’une réforme condamnée à ne jamais voir le jour ».
À l’Assemblée, l’article 3 (19 scrutins publics) et l’article 2 (13) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 13 juillet par les députés socialistes et insoumis, le Conseil a rendu la décision n° 2026-909 DC le 23 juillet 2026.
- Censure d’une partie de l’article 5. L’analyse de traces génétiques pour révéler l’apparence d’un inconnu manque de garanties pour la vie privée (§ 91 à 96). Pour la comparaison avec des bases génétiques étrangères, le législateur n’a pas fixé lui-même les conditions d’accès (§ 101 à 104). Le III de l’article 12 tombe par voie de conséquence (§ 104).
- Censure de l’article 8 : les analyses des psychologues de police judiciaire « pouvant » être versées au dossier sans critère, une condamnation pourrait reposer sur des éléments non débattus contradictoirement (§ 114 et 115).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’accord sur les témoins exige le consentement de tous les avocats présents (§ 10) et le président doit tenir compte des droits de la défense (§ 12) ; à Saint-Pierre-et-Miquelon, la personne détenue doit pouvoir refuser la visioconférence lors du débat suivant (§ 68).
- Sont validés : l’extension des cours criminelles à la récidive (§ 30), le délai de quatre mois pour les nullités (§ 127) et la place de l’article 4 dans la loi (§ 56).
Où en est le texte
Loi n° 2026-651 du 23 juillet 2026, publiée au Journal officiel du 24 juillet 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Justice criminelle et respect des victimes » (23/07/2026)
- Sénat, exposé des motifs du projet de loi n° 456 (18/03/2026)
- Sénat, projet de loi n° 456 (texte déposé) (18/03/2026)
- Scrutin public n° 8042 sur l’ensemble (texte de la CMP) (08/07/2026)
- Scrutin public n° 7980 sur l’ensemble (première lecture) (07/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 7 juillet 2026 (explications de vote) (07/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 8 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (08/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-909 DC (23/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 28
- Contre
- 115
- Abstention
- 15
- Non-votant
- 2
- Votants
- 158
- Exprimés
- 143
- Majorité requise
- 72
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 29 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 35 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 28 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Abstention | 0 | 0 | 8 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 0 | 0 | 7 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 1 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 29 dans le décompte
Contre (29) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Julien Rancoule, Géraldine Grangier, Katiana Levavasseur, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Serge Muller, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Laurence Robert-Dehault, Michaël Taverne, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Philippe Schreck, Bernard Chaumeil, Édouard Jordan, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Gabarron, Thierry Perez, Pascal Jenft, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Patrice Martin, Matthias Renault, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 36 dans le décompte
Contre (35) : Sébastien Huyghe, Constance Le Grip, Florent Boudié (ancien député), Éric Bothorel, Olivier Becht, Brigitte Klinkert, Vincent Ledoux, Olga Givernet, Corinne Vignon, Sophie Panonacle, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Ludovic Mendes, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Jean Terlier, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Anthony Brosse, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Charles Rodwell, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Laure Miller, Moerani Frébault, Danièle Carteron, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 28 dans le décompte
Pour (28) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Danièle Obono, Sarah Legrain, Manuel Bompard, Sébastien Delogu, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Jérôme Legavre, Damien Maudet, Maxime Laisney, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Shéhérazade Bentorki, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 8 dans le décompte
Abstention (8) : Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Roger Vicot, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Denis Fégné, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Contre (11) : Philippe Gosselin, Vincent Rolland, Marie-Christine Dalloz, Jean-Luc Bourgeaux, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Hubert Brigand, Corentin Le Fur, Alix Fruchon, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Abstention (7) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Jean-Claude Raux, Sabrina Sebaihi, Tristan Lahais, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 22 dans le décompte
Contre (21) : Jean-Carles Grelier, Erwan Balanant, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Geneviève Darrieussecq, Géraldine Bannier, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Carole Guillerm, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Romain Daubié, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau, Didier Padey, Anne Bergantz
Non-votant (1) : Christophe Blanchet
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (8) : François Jolivet, Charlotte Parmentier-Lecocq, Christophe Plassard (ancien député), Henri Alfandari, François Gernigon, Félicie Gérard, Philippe Fait, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Paul-André Colombani
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Contre (5) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Éric Michoux
Non inscrit 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont, Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin