Votes · Scrutin n° 7903 · 30 juin 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 18 de Mme K/Bidi et les amendements identiques suivants de suppression de l'article 2 du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes (première lecture).
Dossier : Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire" Président du groupe "Les Démocrates"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme K/Bidi et 15 cosignataires (GDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Les auteurs de cet amendement, fermement opposés à la création puis à la généralisation des cours criminelles départementales, demandent la suppression de cet article, lequel propose des mesures visant à accélérer le traitement des affaires renvoyées devant ces juridictions.
Ils s’opposent tant à l’élargissement des compétences des cours criminelles départementales, afin d’augmenter le nombre d’affaires qui leur seraient renvoyées, qu’aux modifications des règles d’appel et des règles d’organisation des sessions de ces juridictions.
Les modifications proposées constituent un nouveau pas vers l’effacement progressif de la cour d’assises et de la participation du jury populaire pour juger les crimes les plus graves.
Cette réforme, qui procède d’une approche uniquement gestionnaire de la justice, accentue le mouvement de marginalisation de la cour d’assises et du jury populaire, au détriment des garanties attachées au jugement des crimes et de la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 13 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, garde des sceaux Gérald Darmanin) a été déposé au Sénat le 18 mars 2026, en procédure accélérée. Selon son exposé des motifs, les délais d’audiencement criminel « atteignent six à huit ans » et le texte « entend accélérer le temps judiciaire ». D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi adoptée :
- les cours criminelles départementales voient leurs règles d’organisation assouplies et leur compétence étendue à certains crimes commis en récidive légale (§ 16) ;
- devant la cour d’assises, l’accord trouvé en réunion préparatoire sur la liste des témoins et la durée de l’audience devient en principe définitif (§ 7 et 8) ;
- les enquêteurs pourraient analyser des traces génétiques d’inconnus et les comparer à des bases génétiques étrangères, la « généalogie génétique » (§ 82), et s’appuyer sur des psychologues de police judiciaire (§ 105) ;
- un délai de quatre mois encadre les demandes de nullité pendant l’instruction, et de nouvelles règles visent la détention provisoire (§ 127 à 153).
La « procédure de jugement des crimes reconnus », sorte de plaider-coupable criminel au cœur du projet initial, a été retirée au fil des débats, comme les citoyens assesseurs, selon les explications de vote du 7 juillet (compte rendu).
Ce que ça change
Deux outils d’enquête présentés comme majeurs ne verront pas le jour sous cette forme : la généalogie génétique et le psychologue de police judiciaire ont été censurés. L’extension des cours criminelles à la récidive et les nouveaux délais de procédure, eux, sont validés. La date d’application de chaque mesure n’a pas été vérifiée.
Ce qui est contesté
Le 8 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte de la commission mixte paritaire par 283 voix contre 156 (scrutin n° 8042). Ont voté contre : La France insoumise (68), les socialistes (41), les écologistes (35) et la Gauche démocrate et républicaine (12). Ont voté pour : Rassemblement national, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR. En première lecture, le 7 juillet, le score était de 357 contre 177 (scrutin n° 7980).
- Colette Capdevielle (socialiste) estime que le Gouvernement adapte la justice « à la pénurie » au lieu de lui donner des moyens, et critique le recours à des sociétés américaines de généalogie génétique (7 juillet).
- Gabrielle Cathala (LFI) dénonce un fichage génétique étendu et des cours criminelles renforcées « au détriment de la cour d’assises et de son jury populaire ».
- Pour le texte, Sylvie Josserand (RN) indique que son groupe a obtenu l’abandon du plaider-coupable criminel et vote le texte, « même très insuffisant » (8 juillet). Ian Boucard (Droite républicaine) salue « plusieurs avancées utiles ». Yannick Favennec-Bécot (LIOT) estime que « mieux vaut un accord imparfait qu’une réforme condamnée à ne jamais voir le jour ».
À l’Assemblée, l’article 3 (19 scrutins publics) et l’article 2 (13) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 13 juillet par les députés socialistes et insoumis, le Conseil a rendu la décision n° 2026-909 DC le 23 juillet 2026.
- Censure d’une partie de l’article 5. L’analyse de traces génétiques pour révéler l’apparence d’un inconnu manque de garanties pour la vie privée (§ 91 à 96). Pour la comparaison avec des bases génétiques étrangères, le législateur n’a pas fixé lui-même les conditions d’accès (§ 101 à 104). Le III de l’article 12 tombe par voie de conséquence (§ 104).
- Censure de l’article 8 : les analyses des psychologues de police judiciaire « pouvant » être versées au dossier sans critère, une condamnation pourrait reposer sur des éléments non débattus contradictoirement (§ 114 et 115).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’accord sur les témoins exige le consentement de tous les avocats présents (§ 10) et le président doit tenir compte des droits de la défense (§ 12) ; à Saint-Pierre-et-Miquelon, la personne détenue doit pouvoir refuser la visioconférence lors du débat suivant (§ 68).
- Sont validés : l’extension des cours criminelles à la récidive (§ 30), le délai de quatre mois pour les nullités (§ 127) et la place de l’article 4 dans la loi (§ 56).
Où en est le texte
Loi n° 2026-651 du 23 juillet 2026, publiée au Journal officiel du 24 juillet 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Justice criminelle et respect des victimes » (23/07/2026)
- Sénat, exposé des motifs du projet de loi n° 456 (18/03/2026)
- Sénat, projet de loi n° 456 (texte déposé) (18/03/2026)
- Scrutin public n° 8042 sur l’ensemble (texte de la CMP) (08/07/2026)
- Scrutin public n° 7980 sur l’ensemble (première lecture) (07/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 7 juillet 2026 (explications de vote) (07/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 8 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (08/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-909 DC (23/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 42
- Contre
- 73
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 1
- Votants
- 117
- Exprimés
- 115
- Majorité requise
- 58
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 19 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 2 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 12 dans le décompte
Contre (12) : Marie-France Lorho, Lisette Pollet, Edwige Diaz (ancien député), Roger Chudeau, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Bernard Chaumeil, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Jonathan Gery, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 26 dans le décompte
Contre (25) : Sébastien Huyghe, Constance Le Grip, Florent Boudié (ancien député), Brigitte Klinkert, Vincent Ledoux, Sylvain Maillard, Olga Givernet, Hervé Berville (ancien député), Sophie Panonacle, Danielle Brulebois, Guillaume Gouffier Valente, Marie Lebec, Jean-Marie Fiévet, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Charles Rodwell, Yannick Chenevard, Laure Miller, Danièle Carteron, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 19 dans le décompte
Pour (19) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Danièle Obono, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Anne Stambach-Terrenoir, Mathilde Hignet, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Jérôme Legavre, Farida Amrani, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Aurélien Le Coq, Shéhérazade Bentorki, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 12 dans le décompte
Pour (12) : Marietta Karamanli, Fanny Dombre Coste, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Arthur Delaporte, Jacques Oberti, Karim Benbrahim, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Contre (7) : Vincent Rolland, Vincent Descoeur, Jean-Luc Bourgeaux, Corentin Le Fur, Alix Fruchon, Élisabeth de Maistre, Lionel Duparay
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Pour (9) : Dominique Voynet, Jean-Louis Roumégas, Pouria Amirshahi, Catherine Hervieu, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Léa Balage El Mariky, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 20 dans le décompte
Contre (20) : Jean-Carles Grelier, Christophe Blanchet, Erwan Balanant, Geneviève Darrieussecq, Marc Fesneau, Josy Poueyto, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Blandine Brocard, Carole Guillerm, Nicolas Turquois, Cyrille Isaac-Sibille, Romain Daubié, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Delphine Lingemann, Hubert Ott, Éric Martineau, Didier Padey, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Contre (5) : Vincent Thiébaut, Michel Criaud, Philippe Fait, Anne-Cécile Violland, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Jean-Luc Warsmann, Paul Molac, Paul-André Colombani
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Abstention (2) : Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Elsa Faucillon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin