Votes · Scrutin n° 7924 · 1 juillet 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 66 de Mme Capdevielle et l'amendement identique suivant à l'article 3 du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes (première lecture).
Dossier : Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 3
- Texte
- Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Capdevielle et 9 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à supprimer les dispositions permettant à certaines catégories d'officiers et d'agents de police judiciaire ainsi qu'à certains agents disposant de prérogatives de police judiciaire d'être habilités de plein droit à consulter une liste de traitements déterminée par arrêté ministériel.
Le régime actuel repose sur des habilitations spécialement accordées pour l'accès aux traitements concernés. Ce mécanisme constitue une garantie importante de traçabilité et de contrôle des accès à des données particulièrement sensibles.
L'extension proposée conduit à élargir considérablement le nombre de personnes susceptibles d'accéder à ces traitements sur le seul fondement de leur affectation dans certains services ou unités.
Or les précédents liés aux consultations irrégulières de fichiers de police démontrent que l'accès aux données personnelles détenues par l'administration doit être entouré de garanties particulièrement strictes. La multiplication des accès autorisés accroît mécaniquement le risque de détournement de finalité ou de consultation illégale.
En outre, le périmètre des traitements concernés serait déterminé par simple arrêté conjoint des ministres compétents, alors même que les données susceptibles d'être consultées présentent une sensibilité particulière au regard du respect de la vie privée.
Le présent amendement propose donc de maintenir le régime actuel d'habilitation.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer les alinéas 5 et 6.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 3 : 19 scrutins publics, dont 3 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Ce projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, garde des sceaux Gérald Darmanin) a été déposé au Sénat le 18 mars 2026, en procédure accélérée. Selon son exposé des motifs, les délais d’audiencement criminel « atteignent six à huit ans » et le texte « entend accélérer le temps judiciaire ». D’après la décision du Conseil constitutionnel, qui décrit la loi adoptée :
- les cours criminelles départementales voient leurs règles d’organisation assouplies et leur compétence étendue à certains crimes commis en récidive légale (§ 16) ;
- devant la cour d’assises, l’accord trouvé en réunion préparatoire sur la liste des témoins et la durée de l’audience devient en principe définitif (§ 7 et 8) ;
- les enquêteurs pourraient analyser des traces génétiques d’inconnus et les comparer à des bases génétiques étrangères, la « généalogie génétique » (§ 82), et s’appuyer sur des psychologues de police judiciaire (§ 105) ;
- un délai de quatre mois encadre les demandes de nullité pendant l’instruction, et de nouvelles règles visent la détention provisoire (§ 127 à 153).
La « procédure de jugement des crimes reconnus », sorte de plaider-coupable criminel au cœur du projet initial, a été retirée au fil des débats, comme les citoyens assesseurs, selon les explications de vote du 7 juillet (compte rendu).
Ce que ça change
Deux outils d’enquête présentés comme majeurs ne verront pas le jour sous cette forme : la généalogie génétique et le psychologue de police judiciaire ont été censurés. L’extension des cours criminelles à la récidive et les nouveaux délais de procédure, eux, sont validés. La date d’application de chaque mesure n’a pas été vérifiée.
Ce qui est contesté
Le 8 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte de la commission mixte paritaire par 283 voix contre 156 (scrutin n° 8042). Ont voté contre : La France insoumise (68), les socialistes (41), les écologistes (35) et la Gauche démocrate et républicaine (12). Ont voté pour : Rassemblement national, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Démocrates, Horizons, LIOT et UDR. En première lecture, le 7 juillet, le score était de 357 contre 177 (scrutin n° 7980).
- Colette Capdevielle (socialiste) estime que le Gouvernement adapte la justice « à la pénurie » au lieu de lui donner des moyens, et critique le recours à des sociétés américaines de généalogie génétique (7 juillet).
- Gabrielle Cathala (LFI) dénonce un fichage génétique étendu et des cours criminelles renforcées « au détriment de la cour d’assises et de son jury populaire ».
- Pour le texte, Sylvie Josserand (RN) indique que son groupe a obtenu l’abandon du plaider-coupable criminel et vote le texte, « même très insuffisant » (8 juillet). Ian Boucard (Droite républicaine) salue « plusieurs avancées utiles ». Yannick Favennec-Bécot (LIOT) estime que « mieux vaut un accord imparfait qu’une réforme condamnée à ne jamais voir le jour ».
À l’Assemblée, l’article 3 (19 scrutins publics) et l’article 2 (13) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 13 juillet par les députés socialistes et insoumis, le Conseil a rendu la décision n° 2026-909 DC le 23 juillet 2026.
- Censure d’une partie de l’article 5. L’analyse de traces génétiques pour révéler l’apparence d’un inconnu manque de garanties pour la vie privée (§ 91 à 96). Pour la comparaison avec des bases génétiques étrangères, le législateur n’a pas fixé lui-même les conditions d’accès (§ 101 à 104). Le III de l’article 12 tombe par voie de conséquence (§ 104).
- Censure de l’article 8 : les analyses des psychologues de police judiciaire « pouvant » être versées au dossier sans critère, une condamnation pourrait reposer sur des éléments non débattus contradictoirement (§ 114 et 115).
- Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’accord sur les témoins exige le consentement de tous les avocats présents (§ 10) et le président doit tenir compte des droits de la défense (§ 12) ; à Saint-Pierre-et-Miquelon, la personne détenue doit pouvoir refuser la visioconférence lors du débat suivant (§ 68).
- Sont validés : l’extension des cours criminelles à la récidive (§ 30), le délai de quatre mois pour les nullités (§ 127) et la place de l’article 4 dans la loi (§ 56).
Où en est le texte
Loi n° 2026-651 du 23 juillet 2026, publiée au Journal officiel du 24 juillet 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Justice criminelle et respect des victimes » (23/07/2026)
- Sénat, exposé des motifs du projet de loi n° 456 (18/03/2026)
- Sénat, projet de loi n° 456 (texte déposé) (18/03/2026)
- Scrutin public n° 8042 sur l’ensemble (texte de la CMP) (08/07/2026)
- Scrutin public n° 7980 sur l’ensemble (première lecture) (07/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 7 juillet 2026 (explications de vote) (07/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 8 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (08/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-909 DC (23/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 43
- Contre
- 58
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 101
- Exprimés
- 101
- Majorité requise
- 51
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 23 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 11 dans le décompte
Contre (11) : Christian Girard, Yoann Gillet, Emeric Salmon, Marine Hamelet, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Sylvie Josserand (ancien député), Julien Gabarron, Claire Marais-Beuil, Jonathan Gery, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 24 dans le décompte
Contre (23) : Sébastien Huyghe, Stéphane Travert, Brigitte Klinkert, Sylvain Maillard, Liliana Tanguy, Danielle Brulebois, Michel Lauzzana, Nicole Dubré-Chirat, Jean Terlier, Olivia Grégoire, Natalia Pouzyreff, Annie Vidal, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Christophe Marion, Françoise Buffet, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Karl Olive, Laure Miller, Danièle Carteron, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 21 dans le décompte
Pour (21) : Élisa Martin, Danièle Obono, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, François Piquemal, Christophe Bex, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Clémence Guetté, Damien Maudet, Maxime Laisney, Farida Amrani, Perceval Gaillard, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Shéhérazade Bentorki, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Pour (10) : Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Mickaël Bouloux, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Denis Fégné, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Contre (3) : Philippe Gosselin, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Jérôme End
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Pour (12) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Karim Ben Cheikh, Sabrina Sebaihi, Catherine Hervieu, Emmanuel Duplessy, Nicolas Bonnet, Boris Tavernier, Steevy Gustave
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (6) : Jean-Carles Grelier, Frédéric Petit, Philippe Latombe, Emmanuel Mandon, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (9) : Agnès Firmin Le Bodo, Thierry Benoit, Laetitia Saint-Paul, Christophe Plassard (ancien député), Michel Criaud, Félicie Gérard, Anne-Cécile Violland, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Benoît Blanchard
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Contre (5) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Maxime Michelet, Éric Michoux
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin