Votes · Scrutin n° 793 · 12 février 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 7 de Mme Faucillon et les amendements identiques suivants de suppression de l'article premier de la proposition de loi visant à restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Faucillon et 14 cosignataires (GDR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Les rédacteurs de cet amendement s’opposent à l’article 1 de la présente proposition de loi lequel vise à intégrer au délit de soustraction d’un parent à ses obligations légales, une circonstance aggravante liée à la commission d’une infraction par le mineur. Cet article ajoute également une peine de travaux d’intérêt général aux parents dits “défaillants”.
Cette mesure est à la fois dangereuse et inopérante.
Cette approche exclusivement répressive envers des parents d’enfants en conflit avec la loi ne constitue pas un vrai soutien à la parentalité des parents des enfants à protéger, qu’ils soient protégés par l’aide sociale à l’enfance ou par la protection judiciaire de la jeunesse.
Cet article dénature la visée de l’article 227‑17 du code pénal qui établit le délit de soustraction d’un parent à ses obligations légales. En effet, la mesure proposée ne juge pas la soustraction mais les actes commis par l’enfant. Cela va également à l’encontre d’un principe à valeur constitutionnelle et conventionnelle, inscrit à l’article 121-1 du code pénal.
Par ailleurs, cette mesure tend à affaiblir le délit de soustraction d’un parent à ses obligations légales. Le Syndicat des avocats de France attire l’attention sur le fait que la notion de « caractère répété » ou de « gravité » constitue un recul majeur. En effet, l’article 227-17 du code pénal a été initialement pensé pour sanctionner la soustraction aux manquements aux obligations parentales de nature à mettre l’enfant en situation de danger (la santé, la sécurité, la moralité, l’éducation faisant écho à l’article 375 du code civil). Ainsi, actuellement, la soustraction peut, même s’il s’agit d’une situation unique, conduire à sanction. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer cet article.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi vise à durcir la réponse pénale envers certains mineurs délinquants et à responsabiliser leurs parents. C’est une proposition de loi déposée le 15 octobre 2024 par Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République, et des députés de son groupe. Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 20 janvier 2025. D’après l’exposé des motifs et la décision du Conseil constitutionnel, la version adoptée prévoyait :
- des peines plus lourdes pour le parent qui se soustrait à ses obligations quand il en résulte des infractions commises par son enfant (paragraphe 2) ;
- une amende civile pour les parents qui ne se rendent pas aux audiences d’assistance éducative ;
- une audience unique en comparution immédiate pour les mineurs d’au moins 16 ans (paragraphe 15) ;
- un assouplissement de l’« excuse de minorité » (l’atténuation des peines liée à l’âge) après 16 ans (paragraphe 49) ;
- la possibilité d’interdire à un mineur de circuler seul sur la voie publique à certaines heures (paragraphes 70 et 71).
Ce que ça change
Après la décision du Conseil, plusieurs mesures phares ne s’appliquent pas (voir plus bas). Restent notamment l’aggravation des peines pour les parents et l’interdiction d’aller et venir. Selon le Conseil (paragraphes 79 et 80), cette interdiction est fixée par un magistrat spécialisé, avec des horaires précis, et ne s’applique pas si le mineur est accompagné d’un parent ou se déplace pour l’école, le travail ou un motif médical. Le rapporteur Jean Terlier (Ensemble pour la République) assure qu’« un mineur primo-délinquant ne sera jamais poursuivi » en comparution immédiate (compte rendu du 13 mai 2025).
Ce qui est contesté
Le 13 mai 2025, l’Assemblée a adopté le texte de la commission mixte paritaire (CMP, réunion de députés et de sénateurs chargée de trouver un texte commun) par 341 voix contre 187 (8 abstentions). Ont voté contre : La France insoumise (67), les Socialistes (62), les Écologistes (36), la Gauche démocrate et républicaine (13) et 6 députés LIOT. Ont voté pour : RN (119), Ensemble pour la République (80), Droite républicaine (45), Horizons (32), Démocrates (31), UDR (16) et 14 députés LIOT. En première lecture, l’article 8 du texte de la commission avait été rejeté (34 voix pour, 58 contre).
Pour Colette Capdevielle (Socialistes), « traiter un mineur comme un adulte est une maltraitance supplémentaire ». Gabrielle Cathala (LFI) estime que le texte « bafoue la Convention internationale des droits de l’enfant ». Jean-François Coulomme (LFI) juge qu’il préfère « incriminer des parents prétendument “défaillants” » plutôt que traiter la précarité ou la déscolarisation.
Côté partisans, le Gouvernement, par la voix du ministre Patrick Mignola, affirme qu’« il ne s’agit pas de juger plus sévèrement, mais de juger plus vite ». Blandine Brocard (Démocrates) estime que « les délinquants sont de plus en plus jeunes ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI et GDR (20 mai 2025), socialistes et écologistes (22 mai) et par des sénateurs de gauche (27 mai), le Conseil a rendu sa décision le 19 juin 2025. Il s’appuie sur le « principe fondamental reconnu par les lois de la République en matière de justice des mineurs », que l’exposé des motifs résume ainsi : primauté de l’éducatif, atténuation de la responsabilité selon l’âge, juges spécialisés.
- Censurés : la comparution immédiate des mineurs de 16 ans (article 4), ouverte sans la réserver « à des infractions graves ou à des cas exceptionnels » (paragraphes 25 à 27) ; l’extension de l’audience unique (article 5, paragraphes 38 à 40) ; la détention provisoire d’un an pour les moins de 16 ans (article 6, paragraphes 47 et 48) ; l’assouplissement de l’excuse de minorité (article 7, paragraphes 54 à 58) ; la rétention de 12 heures d’un mineur décidée par un officier de police judiciaire sans contrôle d’un juge (article 12, paragraphes 67 à 69).
- Censuré comme « cavalier législatif » (ajout sans lien avec le texte initial) : l’expérimentation d’un tribunal pour enfants avec plus d’assesseurs (article 15, paragraphes 86 à 88).
- Validés : l’aggravation des peines des parents, qui ne les rend pas responsables des infractions de l’enfant (paragraphe 12), et l’interdiction d’aller et venir (paragraphe 81).
Où en est le texte
La loi n° 2025-568 du 23 juin 2025 a été publiée au Journal officiel du 24 juin 2025.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (23/06/2025)
- Proposition de loi n° 448 et exposé des motifs (15/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 13 mai 2025 (lecture du texte de la CMP) (13/05/2025)
- Scrutin n° 1624 sur l’ensemble du texte de la CMP (13/05/2025)
- Scrutin n° 805 sur l’ensemble en première lecture (13/02/2025)
- Décision n° 2025-886 DC du Conseil constitutionnel (19/06/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 63
- Contre
- 125
- Abstention
- 2
- Non-votant
- 2
- Votants
- 190
- Exprimés
- 188
- Majorité requise
- 95
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Contre | 0 | 48 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Contre | 0 | 52 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 25 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Pour | 18 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 13 | 0 | 0 | 1 | |
| DEM 36 membres | Contre | 0 | 12 | 2 | 0 | |
| HOR 33 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Pour | 3 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 48 dans le décompte
Contre (48) : Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Julien Rancoule, Bryan Masson (ancien député), Timothée Houssin, Lisette Pollet, Serge Muller, Pascale Bordes (ancien député), Christophe Bentz, Michaël Taverne, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Sandrine Dogor-Such, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Jean-Philippe Tanguy, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, Sylvie Josserand (ancien député), Maxime Amblard, Thierry Tesson, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Antoine Golliot, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Arnaud Sanvert (ancien député), Robert Le Bourgeois, Matthias Renault, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 53 dans le décompte
Contre (52) : Sébastien Huyghe, Franck Riester (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Vincent Ledoux, Sylvain Maillard, Hervé Berville (ancien député), Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Sandrine Le Feur, Corinne Vignon, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Stéphanie Rist (ancien député), Denis Masséglia, Brigitte Liso, Anne Genetet, Roland Lescure (ancien député), Pieyre-Alexandre Anglade, Guillaume Gouffier Valente, Jean Terlier, Marie Lebec, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Mikaele Seo, Jean-François Rousset, Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Violette Spillebout, Julie Delpech, Caroline Yadan, Antoine Armand (ancien député), Nicolas Metzdorf, Mathieu Lefèvre (ancien député), Charles Rodwell, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Marie-Ange Rousselot (ancien député), Yannick Chenevard, Prisca Thevenot, David Amiel (ancien député), Joséphine Missoffe, Maud Bregeon (ancien député), Laure Miller, Moerani Frébault, Emmanuelle Hoffman, Anne-Sophie Ronceret, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 25 dans le décompte
Pour (25) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Maxime Laisney, Antoine Léaument, Karen Erodi, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Aly Diouara, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 18 dans le décompte
Pour (18) : Hervé Saulignac, Marie Récalde, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Chantal Jourdan, Gérard Leseul, Arthur Delaporte, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Marc Pena, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 5 dans le décompte
Contre (5) : Jean-Luc Bourgeaux, Eric Liégeon, Josiane Corneloup, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Pour (13) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Nicolas Thierry, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Damien Girard, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Non-votant (1) : Jérémie Iordanoff
Les Démocrates 14 dans le décompte
Contre (12) : Jean-Carles Grelier, Marc Fesneau, Sandrine Josso, Jean-Paul Mattei, Frédéric Petit, Cyrille Isaac-Sibille, Mickaël Cosson, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Éric Martineau, Marina Ferrari (ancien député), Anne Bergantz
Abstention (2) : Perrine Goulet, Hubert Ott
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Contre (3) : Agnès Firmin Le Bodo, Paul Christophe (ancien député), Béatrice Piron
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (1) : Laurent Panifous (ancien député)
Contre (1) : Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Nicolas Sansu, Elsa Faucillon, Emmanuel Maurel
UDR 3 dans le décompte
Contre (3) : Sophie Ricourt Vaginay, Olivier Fayssat, Éric Michoux
Non inscrit 4 dans le décompte
Pour (3) : Sophie Errante, Stella Dupont, Sacha Houlié
Contre (1) : Christine Engrand
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin