Votes · Scrutin n° 794 · 13 février 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 51 de M. Terlier et l'amendement identique suivant à l'article 4 (supprimé) de la proposition de loi visant à restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents (première lecture).
Demandé par : Président du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 4
- Texte
- Restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Terlier (EPR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Il est proposé, afin de s’inscrire dans le cadre de la réforme du code de la justice pénale des mineurs et pour répondre aux mêmes objectifs d’accélération du jugement des mineurs, de modifier le cadre actuel de l’audience unique en permettant de déroger au délai de dix jours pour les mineurs de plus de 16 ans, déjà connus de la juridiction pour mineurs et pour lesquels un placement en détention provisoire est requis (audience unique en comparution immédiate).
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rétablir cet article dans la rédaction suivante :
« La sous-section 1 de la section 2 du chapitre III du titre II du livre IV du code de la justice pénale des mineurs est ainsi modifiée :
« 1° L’article L. 423‑7 est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Lors de la présentation prévue au 2° , lorsque le procureur de la République saisit le tribunal pour enfants aux fins de jugement en audience unique dans les conditions des quatrième et sixième alinéas de l’article L. 423‑4, et qu’il fait comparaître le mineur devant le juge des libertés et de la détention en application du 2° de l’article L. 423‑9 pour qu’il soit statué sur son placement en détention provisoire, il peut demander au mineur, en présence de son avocat, s’il consent expressément à renoncer au délai de dix jours jusqu’à la comparution devant le tribunal pour enfants. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi vise à durcir la réponse pénale envers certains mineurs délinquants et à responsabiliser leurs parents. C’est une proposition de loi déposée le 15 octobre 2024 par Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République, et des députés de son groupe. Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 20 janvier 2025. D’après l’exposé des motifs et la décision du Conseil constitutionnel, la version adoptée prévoyait :
- des peines plus lourdes pour le parent qui se soustrait à ses obligations quand il en résulte des infractions commises par son enfant (paragraphe 2) ;
- une amende civile pour les parents qui ne se rendent pas aux audiences d’assistance éducative ;
- une audience unique en comparution immédiate pour les mineurs d’au moins 16 ans (paragraphe 15) ;
- un assouplissement de l’« excuse de minorité » (l’atténuation des peines liée à l’âge) après 16 ans (paragraphe 49) ;
- la possibilité d’interdire à un mineur de circuler seul sur la voie publique à certaines heures (paragraphes 70 et 71).
Ce que ça change
Après la décision du Conseil, plusieurs mesures phares ne s’appliquent pas (voir plus bas). Restent notamment l’aggravation des peines pour les parents et l’interdiction d’aller et venir. Selon le Conseil (paragraphes 79 et 80), cette interdiction est fixée par un magistrat spécialisé, avec des horaires précis, et ne s’applique pas si le mineur est accompagné d’un parent ou se déplace pour l’école, le travail ou un motif médical. Le rapporteur Jean Terlier (Ensemble pour la République) assure qu’« un mineur primo-délinquant ne sera jamais poursuivi » en comparution immédiate (compte rendu du 13 mai 2025).
Ce qui est contesté
Le 13 mai 2025, l’Assemblée a adopté le texte de la commission mixte paritaire (CMP, réunion de députés et de sénateurs chargée de trouver un texte commun) par 341 voix contre 187 (8 abstentions). Ont voté contre : La France insoumise (67), les Socialistes (62), les Écologistes (36), la Gauche démocrate et républicaine (13) et 6 députés LIOT. Ont voté pour : RN (119), Ensemble pour la République (80), Droite républicaine (45), Horizons (32), Démocrates (31), UDR (16) et 14 députés LIOT. En première lecture, l’article 8 du texte de la commission avait été rejeté (34 voix pour, 58 contre).
Pour Colette Capdevielle (Socialistes), « traiter un mineur comme un adulte est une maltraitance supplémentaire ». Gabrielle Cathala (LFI) estime que le texte « bafoue la Convention internationale des droits de l’enfant ». Jean-François Coulomme (LFI) juge qu’il préfère « incriminer des parents prétendument “défaillants” » plutôt que traiter la précarité ou la déscolarisation.
Côté partisans, le Gouvernement, par la voix du ministre Patrick Mignola, affirme qu’« il ne s’agit pas de juger plus sévèrement, mais de juger plus vite ». Blandine Brocard (Démocrates) estime que « les délinquants sont de plus en plus jeunes ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI et GDR (20 mai 2025), socialistes et écologistes (22 mai) et par des sénateurs de gauche (27 mai), le Conseil a rendu sa décision le 19 juin 2025. Il s’appuie sur le « principe fondamental reconnu par les lois de la République en matière de justice des mineurs », que l’exposé des motifs résume ainsi : primauté de l’éducatif, atténuation de la responsabilité selon l’âge, juges spécialisés.
- Censurés : la comparution immédiate des mineurs de 16 ans (article 4), ouverte sans la réserver « à des infractions graves ou à des cas exceptionnels » (paragraphes 25 à 27) ; l’extension de l’audience unique (article 5, paragraphes 38 à 40) ; la détention provisoire d’un an pour les moins de 16 ans (article 6, paragraphes 47 et 48) ; l’assouplissement de l’excuse de minorité (article 7, paragraphes 54 à 58) ; la rétention de 12 heures d’un mineur décidée par un officier de police judiciaire sans contrôle d’un juge (article 12, paragraphes 67 à 69).
- Censuré comme « cavalier législatif » (ajout sans lien avec le texte initial) : l’expérimentation d’un tribunal pour enfants avec plus d’assesseurs (article 15, paragraphes 86 à 88).
- Validés : l’aggravation des peines des parents, qui ne les rend pas responsables des infractions de l’enfant (paragraphe 12), et l’interdiction d’aller et venir (paragraphe 81).
Où en est le texte
La loi n° 2025-568 du 23 juin 2025 a été publiée au Journal officiel du 24 juin 2025.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (23/06/2025)
- Proposition de loi n° 448 et exposé des motifs (15/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 13 mai 2025 (lecture du texte de la CMP) (13/05/2025)
- Scrutin n° 1624 sur l’ensemble du texte de la CMP (13/05/2025)
- Scrutin n° 805 sur l’ensemble en première lecture (13/02/2025)
- Décision n° 2025-886 DC du Conseil constitutionnel (19/06/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 66
- Contre
- 26
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 92
- Exprimés
- 92
- Majorité requise
- 47
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Pour | 19 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 35 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 19 dans le décompte
Pour (19) : Jocelyn Dessigny, Bryan Masson (ancien député), Kévin Mauvieux, Edwige Diaz (ancien député), Alexis Jolly, Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Kévin Pfeffer, Emeric Salmon, Yaël Ménaché, Philippe Lottiaux, Eddy Casterman, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Sylvie Josserand (ancien député), Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Julien Limongi, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 36 dans le décompte
Pour (35) : Sébastien Huyghe, Franck Riester (ancien député), Florent Boudié (ancien député), Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Stéphane Mazars (ancien député), Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Jean-René Cazeneuve, Daniel Labaronne, Stéphanie Rist (ancien député), Denis Masséglia, Brigitte Liso, Anne Genetet, Roland Lescure (ancien député), Pieyre-Alexandre Anglade, Stéphane Vojetta (ancien député), Véronique Riotton, Jean Terlier, Stéphane Buchou, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-François Rousset, Freddy Sertin (ancien député), Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Violette Spillebout, Philippe Fait, Julie Delpech, Paul Midy, Pierre Cazeneuve, Prisca Thevenot, Laure Miller, Pauline Levasseur (ancien député), Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 13 dans le décompte
Contre (13) : Ugo Bernalicis, Manuel Bompard, Anne Stambach-Terrenoir, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Marianne Maximi, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Clémence Guetté, Aurélien Saintoul, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 6 dans le décompte
Contre (6) : Pascale Got, Pierre Pribetich, Jacques Oberti, Sophie Pantel, Peio Dufau, Sandrine Runel
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Luc Bourgeaux, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Contre (7) : Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Julie Laernoes, Karim Ben Cheikh, Tristan Lahais, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 3 dans le décompte
Pour (3) : Frédéric Petit, Éric Martineau, Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Pour (6) : Bertrand Bouyx, Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, Naïma Moutchou (ancien député), Marie-Agnès Poussier-Winsback, Béatrice Bellamy (ancien député)
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Béatrice Piron
Voulait voter Non-votant : Béatrice Bellamy (ancien député)
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin