Votes · Scrutin n° 8039 · 8 juillet 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 882 du Gouvernement et les amendements identiques suivants de rétablissement de l'article 2 bis (supprimé) du projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens (première lecture).
Dossier : Projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens · Demandé par : Président du groupe "Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2 bis
Amendement déposé par le Gouvernement · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à rétablir l’article 2 bis du présent projet de loi tel qu’introduit et adopté par le Sénat, qui prévoyait une modification de l’article L. 211-7 du code de la sécurité intérieure.
Celle-ci avait deux objectifs : d’une part, prévoir le caractère exécutoire d’office des décisions prises pour assurer l’effectivité de l’interdiction d’un rassemblement festif à caractère musical et d’autre part, permettre le remboursement des dépenses supplémentaires occasionnées par les services d’ordre mis en place pour assurer la sécurité de rassemblements festifs à caractère musical n’ayant pas été déclarés en préfecture, lorsque ces dépenses ne peuvent être rattachées aux obligations normales incombant à la puissance publique en matière de maintien de l’ordre.
En premier lieu, il est nécessaire de rendre exécutoires d’office les décisions prises pour assurer l’effectivité des interdictions de rassemblements festifs à caractère musical non déclarés, qui sont de nature à troubler gravement l’ordre public ou lorsque les mesures prises par les organisateurs sont insuffisantes pour assurer la sécurité des personnes ou des biens. Il est primordial que l’autorité administrative soit mise en mesure de faire exécuter ces décisions afin d’assurer la sauvegarde de l’ordre public en prévenant la survenance de ce type d’évènements qui, par leur ampleur et la nature des risques que leur tenue peut induire, sont susceptibles d’occasionner des troubles d’importance. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rétablir cet article dans la rédaction suivante :
« L’article L. 211‑7 du code de la sécurité intérieure est ainsi modifié :
« 1° Le second alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée : « Les décisions prises pour assurer l’effectivité de l’interdiction sont exécutoires d’office. » ;
« 2° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« Le deuxième alinéa de l’article L. 211‑11 est applicable, y compris lorsque le rassemblement musical n’a pas été déclaré. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement (Premier ministre Sébastien Lecornu, ministre de l’intérieur Laurent Nuñez), déposé au Sénat le 25 mars 2026 en procédure accélérée. Plusieurs orateurs l’appellent « Ripost ». Selon son exposé des motifs, il répond à des phénomènes qui « ont émergé ou connaissent une recrudescence » et renforce les moyens contre la criminalité organisée :
- mortiers d’artifice et explosifs : police administrative et peines renforcées ;
- rassemblements musicaux illégaux : l’organisation devient un délit, la participation aussi, avec une amende forfaitaire délictuelle (AFD, amende payée sans passer devant un juge, qui met fin aux poursuites) ;
- rodéos motorisés, protoxyde d’azote (horaires de vente, délit d’inhalation), squats de meublés de tourisme, interdictions de stade ;
- narcotrafic : AFD pour usage de stupéfiants portée de 200 à 500 euros, garde à vue prolongeable de 24 heures pour la criminalité organisée.
Ce que ça change
Pour les personnes visées, de nombreuses infractions passent par l’AFD ou voient leurs peines alourdies ; les préfets disposent de nouveaux pouvoirs, comme l’interdiction de paraître en marge des matchs. Une partie des mesures a toutefois été censurée (voir plus bas).
Ce qui est contesté
Le 21 juillet 2026, le texte de la commission mixte paritaire a été adopté par 351 voix contre 179 (scrutin n° 8433). Ont voté contre : La France insoumise (71), les socialistes (56), les écologistes (36) et la Gauche démocrate et républicaine (15). Ont voté pour : Rassemblement national (114), Ensemble pour la République (84), Droite républicaine (46), Démocrates (33), Horizons (32), UDR (17). LIOT : 18 pour, 1 contre, 4 abstentions. En première lecture, le 15 juillet : 366 contre 182 (scrutin n° 8279).
Explications de vote du 15 juillet :
- Roger Vicot (socialiste) juge que les AFD « s’affranchissent d’un principe fondamental du droit : l’individualisation de la peine » et que le protoxyde d’azote relève aussi de la santé publique.
- Émeline K/Bidi (GDR) dénonce « une surenchère répressive » et un texte « décousu ». Andrée Taurinya (LFI) critique la pénalisation des fêtes et la prolongation de la vidéosurveillance algorithmique.
- Christophe Marion (EPR) y voit « une réponse ferme, nécessaire et équilibrée ». Michaël Taverne (RN) vote le texte « même s’il est imparfait ». Pour Laurent Mazaury (LIOT), il doit être « un signal de fermeté ».
À l’Assemblée, les articles 2 (32 scrutins publics), 7 (27) et 3 (24) ont été les plus disputés (open data de l’Assemblée).
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi le 24 juillet par les députés socialistes et insoumis, le Conseil a rendu la décision n° 2026-915 DC le 14 août 2026. Dispositions censurées :
- fermeture administrative, jusqu’à un an, des commerces d’artifices ou d’explosifs : atteinte disproportionnée à la liberté d’entreprendre (article 1er, § 11 à 18) ;
- AFD pour des délits liés aux artifices dont les éléments ne sont pas « aisément constatés » : rupture d’égalité devant la justice (article 1er, § 47 à 55) ;
- délit de conduite d’un véhicule trop puissant en permis probatoire, seuil laissé au décret (article 7, § 100 à 102) ; destruction des véhicules de rodéo sans délai laissé au propriétaire (article 7, § 135 et 136) ;
- maintien dans un meublé de tourisme puni par deux délits aux peines différentes (article 14, § 180 et 181) ;
- interdiction automatique des permissions de sortir en quartier de lutte contre la criminalité organisée, décidée sans juge (article 39, § 366 à 369) ;
- possibilité généralisée pour les policiers et gendarmes de ne pas donner leur nom dans les procédures : atteinte aux droits de la défense (article 46, § 451 à 459) ;
- caméras individuelles pour les agents des gestionnaires de routes, y compris privés (article 47, § 486 à 491) ;
- cavaliers législatifs, c’est-à-dire ajouts sans lien avec le projet initial : articles 10, 18 (outrage sexiste par message pornographique), 26, 41 (tabac) et 65 (§ 598 à 605).
Réserves d’interprétation (lecture imposée pour que le texte reste conforme) : l’interdiction de paraître doit tenir compte de la vie familiale et professionnelle et ne pas dépasser vingt-quatre heures (§ 158 et 159) ; l’évacuation par le préfet de locaux commerciaux ou professionnels occupés sans droit ne vaut que si l’occupant n’y a pas son domicile (§ 173) ; les autorisations de vidéosurveillance algorithmique ne peuvent excéder trois mois (§ 544) ; réserves aussi aux § 67 et 392.
Où en est le texte
Loi n° 2026-798 du 18 août 2026, publiée au Journal officiel du 19 août 2026 (dossier de l’Assemblée).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif « Réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public » (18/08/2026)
- Sénat, exposé des motifs du projet de loi n° 472 (25/03/2026)
- Sénat, projet de loi n° 472 (texte déposé) (25/03/2026)
- Scrutin public n° 8433 sur l’ensemble (texte de la CMP) (21/07/2026)
- Scrutin public n° 8279 sur l’ensemble (première lecture) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 15 juillet 2026 (explications de vote) (15/07/2026)
- Compte rendu de la séance du 21 juillet 2026 (lecture des conclusions de la CMP) (21/07/2026)
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-915 DC (14/08/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 95
- Contre
- 30
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 125
- Exprimés
- 125
- Majorité requise
- 63
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 38 | 0 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Pour | 26 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 1 | 5 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 39 dans le décompte
Pour (38) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Cyril Tribuiani, José Gonzalez, Romain Baubry, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Edwige Diaz (ancien député), Michaël Taverne, Matthieu Marchio, Alexandre Sabatou, Emeric Salmon, Marine Hamelet, Alexandre Dufosset, Guillaume Florquin, Édouard Jordan, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, René Lioret, Catherine Dellong Meng, Manon Bouquin (ancien député), Julien Guibert, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Patrice Martin, Robert Le Bourgeois, Catherine Rimbert, Guillaume Bigot, Gaëtan Dussausaye, Joseph Rivière, Anne Sicard
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 27 dans le décompte
Pour (26) : Sébastien Huyghe, Brigitte Klinkert, Hervé Berville (ancien député), Corinne Vignon, Sophie Panonacle, Danielle Brulebois, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Pieyre-Alexandre Anglade, Véronique Riotton, Patricia Lemoine, Céline Calvez, Stéphane Buchou, Annie Vidal, Jean-Luc Fugit, Jean-François Rousset, Christophe Marion, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Charles Rodwell, Paul Midy, Christophe Mongardien, Vincent Caure, Alim Latrèche
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 12 dans le décompte
Contre (12) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Danièle Obono, Murielle Lepvraud, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Andy Kerbrat, Emmanuel Fernandes, Jean-François Coulomme, Maxime Laisney, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 11 dans le décompte
Contre (11) : Marietta Karamanli, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Chantal Jourdan, Roger Vicot, Iñaki Echaniz, Valérie Rossi, Paul Christophle, Céline Hervieu, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Pour (9) : Philippe Gosselin, Vincent Rolland, Eric Liégeon, Éric Pauget, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Ian Boucard, Corentin Le Fur, François-Xavier Ceccoli, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (1) : Clémentine Autain
Contre (5) : Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Danielle Simonnet, Damien Girard, Boris Tavernier
Les Démocrates 11 dans le décompte
Pour (11) : Christophe Blanchet, Sophie Mette, Jimmy Pahun, Carole Guillerm, Philippe Latombe, Cyrille Isaac-Sibille, Romain Daubié, Laurent Croizier, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Pour (7) : Laetitia Saint-Paul, Lise Magnier, François Gernigon, Xavier Albertini, Félicie Gérard, Pierre Marle, Philippe Fait
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (2) : Joël Bruneau, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Nicolas Sansu, Elsa Faucillon
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin