Votes · Scrutin n° 804 · 13 février 2025 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 44 de M. Terlier et l'amendement identique suivant après l'article 10 de la proposition de loi visant à restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents (première lecture).
Demandé par : Présidente de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 10
- Texte
- Restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Terlier (EPR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à étendre la période de mise à l’épreuve éducative déjà ouverte pour un mineur à l’ensemble des procédures dont est saisie ultérieurement la juridiction. Cette modification est préconisée par le rapport d’évaluation sur la mise en œuvre du code de la justice pénale des mineurs du ministère de la Justice.
En effet, l’article L. 521‑11 du code de justice pénale des mineurs, dans sa version actuelle, limite le recours à la mise à l’épreuve éducative à l’hypothèse de poursuites engagées pour des faits postérieurs à ceux ayant donné lieu à l’ouverture initiale de la mesure. L’ordre des poursuites ne respecte cependant pas nécessairement l’ordre chronologique de commission des infractions compte tenu du délai de leur découverte, du temps de l’enquête et du traitement judiciaire.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À la première phrase du premier alinéa de l’article L. 521‑11 du code de la justice pénale des mineurs, les mots : « pour des faits antérieurs » sont supprimés.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
La loi vise à durcir la réponse pénale envers certains mineurs délinquants et à responsabiliser leurs parents. C’est une proposition de loi déposée le 15 octobre 2024 par Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République, et des députés de son groupe. Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 20 janvier 2025. D’après l’exposé des motifs et la décision du Conseil constitutionnel, la version adoptée prévoyait :
- des peines plus lourdes pour le parent qui se soustrait à ses obligations quand il en résulte des infractions commises par son enfant (paragraphe 2) ;
- une amende civile pour les parents qui ne se rendent pas aux audiences d’assistance éducative ;
- une audience unique en comparution immédiate pour les mineurs d’au moins 16 ans (paragraphe 15) ;
- un assouplissement de l’« excuse de minorité » (l’atténuation des peines liée à l’âge) après 16 ans (paragraphe 49) ;
- la possibilité d’interdire à un mineur de circuler seul sur la voie publique à certaines heures (paragraphes 70 et 71).
Ce que ça change
Après la décision du Conseil, plusieurs mesures phares ne s’appliquent pas (voir plus bas). Restent notamment l’aggravation des peines pour les parents et l’interdiction d’aller et venir. Selon le Conseil (paragraphes 79 et 80), cette interdiction est fixée par un magistrat spécialisé, avec des horaires précis, et ne s’applique pas si le mineur est accompagné d’un parent ou se déplace pour l’école, le travail ou un motif médical. Le rapporteur Jean Terlier (Ensemble pour la République) assure qu’« un mineur primo-délinquant ne sera jamais poursuivi » en comparution immédiate (compte rendu du 13 mai 2025).
Ce qui est contesté
Le 13 mai 2025, l’Assemblée a adopté le texte de la commission mixte paritaire (CMP, réunion de députés et de sénateurs chargée de trouver un texte commun) par 341 voix contre 187 (8 abstentions). Ont voté contre : La France insoumise (67), les Socialistes (62), les Écologistes (36), la Gauche démocrate et républicaine (13) et 6 députés LIOT. Ont voté pour : RN (119), Ensemble pour la République (80), Droite républicaine (45), Horizons (32), Démocrates (31), UDR (16) et 14 députés LIOT. En première lecture, l’article 8 du texte de la commission avait été rejeté (34 voix pour, 58 contre).
Pour Colette Capdevielle (Socialistes), « traiter un mineur comme un adulte est une maltraitance supplémentaire ». Gabrielle Cathala (LFI) estime que le texte « bafoue la Convention internationale des droits de l’enfant ». Jean-François Coulomme (LFI) juge qu’il préfère « incriminer des parents prétendument “défaillants” » plutôt que traiter la précarité ou la déscolarisation.
Côté partisans, le Gouvernement, par la voix du ministre Patrick Mignola, affirme qu’« il ne s’agit pas de juger plus sévèrement, mais de juger plus vite ». Blandine Brocard (Démocrates) estime que « les délinquants sont de plus en plus jeunes ».
Ce qu’a décidé le Conseil constitutionnel
Saisi par des députés LFI et GDR (20 mai 2025), socialistes et écologistes (22 mai) et par des sénateurs de gauche (27 mai), le Conseil a rendu sa décision le 19 juin 2025. Il s’appuie sur le « principe fondamental reconnu par les lois de la République en matière de justice des mineurs », que l’exposé des motifs résume ainsi : primauté de l’éducatif, atténuation de la responsabilité selon l’âge, juges spécialisés.
- Censurés : la comparution immédiate des mineurs de 16 ans (article 4), ouverte sans la réserver « à des infractions graves ou à des cas exceptionnels » (paragraphes 25 à 27) ; l’extension de l’audience unique (article 5, paragraphes 38 à 40) ; la détention provisoire d’un an pour les moins de 16 ans (article 6, paragraphes 47 et 48) ; l’assouplissement de l’excuse de minorité (article 7, paragraphes 54 à 58) ; la rétention de 12 heures d’un mineur décidée par un officier de police judiciaire sans contrôle d’un juge (article 12, paragraphes 67 à 69).
- Censuré comme « cavalier législatif » (ajout sans lien avec le texte initial) : l’expérimentation d’un tribunal pour enfants avec plus d’assesseurs (article 15, paragraphes 86 à 88).
- Validés : l’aggravation des peines des parents, qui ne les rend pas responsables des infractions de l’enfant (paragraphe 12), et l’interdiction d’aller et venir (paragraphe 81).
Où en est le texte
La loi n° 2025-568 du 23 juin 2025 a été publiée au Journal officiel du 24 juin 2025.
Sources
- Dossier législatif de l’Assemblée nationale (23/06/2025)
- Proposition de loi n° 448 et exposé des motifs (15/10/2024)
- Compte rendu de la première séance du 13 mai 2025 (lecture du texte de la CMP) (13/05/2025)
- Scrutin n° 1624 sur l’ensemble du texte de la CMP (13/05/2025)
- Scrutin n° 805 sur l’ensemble en première lecture (13/02/2025)
- Décision n° 2025-886 DC du Conseil constitutionnel (19/06/2025)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 56
- Contre
- 73
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 129
- Exprimés
- 129
- Majorité requise
- 65
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 124 membres | Contre | 0 | 35 | 0 | 0 | |
| EPR 94 membres | Pour | 45 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 18 | 0 | 1 | |
| SOC 66 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 13 | 0 | 0 | |
| DEM 36 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 33 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDR 16 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 35 dans le décompte
Contre (35) : Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Julien Rancoule, Bryan Masson (ancien député), Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Christine Loir, Serge Muller, Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Alexandre Sabatou, Kévin Pfeffer, Michel Guiniot, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Yaël Ménaché, Eddy Casterman, Alexandre Dufosset, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, René Lioret, Sylvie Josserand (ancien député), Maxime Amblard, Claire Marais-Beuil, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Sophie-Laurence Roy
Ensemble pour la République 46 dans le décompte
Pour (45) : Sébastien Huyghe, Florent Boudié (ancien député), Éric Bothorel, Vincent Ledoux, Sylvain Maillard, Sandra Marsaud, François Cormier-Bouligeon, Guillaume Kasbarian, Annaïg Le Meur, Liliana Tanguy, Daniel Labaronne, Michel Lauzzana, Stéphanie Rist (ancien député), Brigitte Liso, Anne Genetet, Roland Lescure (ancien député), Pieyre-Alexandre Anglade, Véronique Riotton, Jean Terlier, Olivia Grégoire, Marie Lebec, Jean-Marie Fiévet, Gabriel Attal, Jean-Luc Fugit, Benjamin Dirx, Mikaele Seo, Jean-François Rousset, Freddy Sertin (ancien député), Thomas Cazenave (ancien député), Christophe Marion, Violette Spillebout, Philippe Fait, Julie Delpech, Caroline Yadan, Antoine Armand (ancien député), Karl Olive, Bastien Marchive, Prisca Thevenot, David Amiel (ancien député), Maud Bregeon (ancien député), Laure Miller, Pauline Levasseur (ancien député), Jean Laussucq (ancien député), Emmanuelle Hoffman, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 19 dans le décompte
Contre (18) : Ugo Bernalicis, Bastien Lachaud, Manuel Bompard, Anne Stambach-Terrenoir, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, David Guiraud (ancien député), Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Maxime Laisney, Paul Vannier, Aurélien Saintoul, Marie Mesmeur, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 5 dans le décompte
Contre (5) : Marc Pena, Pierre Pribetich, Sophie Pantel, Sandrine Runel, Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Jean-Luc Bourgeaux, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 13 dans le décompte
Contre (13) : Dominique Voynet, Pouria Amirshahi, Hendrik Davi, Nicolas Thierry, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Lisa Belluco, Karim Ben Cheikh, Tristan Lahais, Emmanuel Duplessy, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 2 dans le décompte
Pour (2) : Éric Martineau, Marina Ferrari (ancien député)
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Pour (5) : Bertrand Bouyx, Loïc Kervran (ancien député), Naïma Moutchou (ancien député), Pierre Henriet, Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Pour (1) : Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Elsa Faucillon
UDR 1 dans le décompte
Contre (1) : Olivier Fayssat
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin