Votes · Scrutin n° 8282 · 15 juillet 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 397 de Mme Capdevielle à l'article 6 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture).
Dossier : Projet de loi relatif à la protection des enfants · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 6
- Texte
- Projet de loi relatif à la protection des enfants Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Capdevielle (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement des députés socialistes et apparentés vise à réécrire l’article 6, en confiant au juge des enfants (JE), plutôt qu'au juge aux affaires familiales (JAF), la compétence pour prononcer l'ordonnance de protection de l'enfant.
En effet, le juge des enfants est spécialement compétent pour apprécier les situations de danger auxquelles sont confrontés les mineurs et pour mettre en œuvre les mesures de protection les plus adaptées à leur intérêt supérieur. En raison de son expertise, de sa connaissance des dispositifs de protection de l’enfance et de son intervention dans le cadre de l’assistance éducative, il apparaît le mieux à même d’évaluer les besoins de protection de l’enfant et de prendre les décisions appropriées. La répartition des compétences entre le juge aux affaires familiales et le juge des enfants repose sur la nature même des missions que la loi confie à chacun. C'est précisément cette distinction qui justifie que l'ordonnance de protection de l'enfant, qui constitue une mesure de protection judiciaire, relève du juge des enfants.
À l’inverse, le juge aux affaires familiales est compétent pour trancher les litiges de nature civile entre les membres d'une même famille. Il intervient notamment en matière de divorce, d'exercice de l'autorité parentale, de résidence de l'enfant, de droit de visite ou de pension alimentaire. Son rôle consiste à arbitrer les différends entre les parents, dans un cadre contradictoire, en partant du principe que ceux-ci demeurent en capacité d'assurer la protection de leur enfant.
À l'inverse, le juge des enfants intervient dans le cadre de la protection de l'enfance en danger, en application de l'article 375 du Code civil. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Rédiger ainsi cet article :
I. – L’article 375‑5 du code civil est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est ainsi modifié :
a) Les mots : « soit ordonner la remise provisoire du mineur à un centre d’accueil ou d’observation, soit » sont supprimés ;
b) Après la référence : « 375‑4 », sont insérés les mots : « , en délivrant une ordonnance de protection de l’enfant » ;
2° Après le même premier alinéa, sont insérés trois alinéas ainsi rédigés :
« Lorsqu’il statue dans le cadre de l’ordonnance de protection de l’enfant, le juge des enfants est compétent nonobstant toute décision précédente du juge aux affaires familiales, si un fait nouveau de nature à entraîner un danger pour le mineur s’est révélé postérieurement à cette décision, pour confier l’enfant à l’un des parents, y compris s’il s’agit du parent au domicile duquel la résidence principale a été fixée. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement, présenté le 27 mai 2026 par Gérald Darmanin (justice), Édouard Geffray (éducation nationale) et Stéphanie Rist (santé et familles), en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée avant une éventuelle commission mixte paritaire) (projet de loi). Une lettre rectificative du 1er juillet 2026 y a ajouté un volet sur les infractions sexuelles commises sur des mineurs. D’après le texte adopté par l’Assemblée :
- un placement décidé par le juge des enfants est limité à un an pour un enfant de moins de 3 ans, deux ans au-delà, renouvelable par décision motivée ;
- l’accueil chez un proche (« tiers digne de confiance ») et chez des assistants familiaux est encouragé, avec une évaluation obligatoire dans les trois mois d’un placement en urgence ;
- toute personne, même bénévole, qui encadre des mineurs fait l’objet d’un contrôle de ses antécédents judiciaires (contrôle d’honorabilité) ;
- une « ordonnance de sûreté de l’enfant » permet au procureur, en urgence, de placer l’enfant, de fixer les droits de visite et d’interdire des contacts, même après une décision du juge aux affaires familiales si un fait nouveau survient ;
- après une plainte pour certaines violences sur mineur, la victime doit être entendue sans délai ; le viol en série sur mineur de 15 ans est puni de la réclusion à perpétuité ; plusieurs crimes sur mineurs deviennent imprescriptibles ;
- l’article 2, qui raccourcissait la procédure de délaissement parental ouvrant la voie à l’adoption, a été supprimé.
Ce que ça change
Rien n’est encore applicable. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, plus de 380 000 enfants et jeunes majeurs sont pris en charge ; fin 2023, 36 % des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance vivaient chez des assistants familiaux, contre 56 % en 2006. Selon l’avis du Conseil d’État (§ 3), les viols en série sur mineurs de 15 ans sont aujourd’hui punis de vingt ans de réclusion.
Ce qui est contesté
Le 21 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte par 378 voix contre 7 (scrutin n° 8430). Les 7 voix contre viennent de la Gauche démocrate et républicaine (5 pour, 5 abstentions). LFI-NFP (69), les Socialistes (63) et la plupart des écologistes (33 abstentions, 3 pour) se sont abstenus. RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Les Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté pour.
- Moyens. Pour LFI-NFP, Marianne Maximi, corapporteure, critique un texte qui « ne coûte rien au gouvernement ni rien au budget ». Ayda Hadizadeh (Socialistes) regrette qu’« il n’alloue pas un seul euro supplémentaire aux enfants placés ».
- Perpétuité. L’article 11 a d’abord été rejeté par 41 voix contre 37, les voix contre venant de LFI-NFP, des Socialistes, des écologistes et de la GDR (scrutin n° 8399), puis rétabli en seconde délibération (nouveau vote demandé par le Gouvernement) par 258 voix contre 84 (scrutin n° 8429). Mathilde Panot (LFI-NFP) estime que « La perpétuité ne protégera pas les enfants » en s’appuyant sur la Ciivise. Les Socialistes proposaient trente ans. Pour le Gouvernement, Aurore Bergé veut qu’il n’y ait « plus d’impunité pour les prédateurs et pour les criminels ». Le Conseil d’État n’y voit pas d’obstacle constitutionnel mais invite à plus de cohérence dans l’échelle des peines (§ 16 et 17).
- Délaissement. L’article 2 a été supprimé par 60 voix contre 59, le RN s’abstenant (scrutin n° 8322). Fatiha Keloua Hachi (Socialistes) craignait des décisions prises « sous la contrainte des carences du système ».
- Soutiens. Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) salue un texte « écrit et enrichi par toutes les sensibilités de cet hémicycle ». Pour le RN, Sophie Blanc juge que le texte « sort incontestablement renforcé de son examen par le Parlement ».
- Selon nos données, l’article 4 (assistants familiaux) a donné lieu à 20 scrutins publics, l’article 10 (enquêtes) à 18 et l’article 1er à 12.
Où en est le texte
Transmis au Sénat le 22 juillet 2026. La commission des lois du Sénat a établi son texte le 21 octobre 2026 (rapporteures Agnès Canayer et Dominique Vérien) ; la discussion en séance est prévue du 27 octobre au 3 novembre 2026 (dossier du Sénat).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2841 rectifié et exposé des motifs (27/05/2026)
- Étude d’impact du projet de loi (27/05/2026)
- Lettre rectificative n° 3000 (01/07/2026)
- Avis du Conseil d’État sur la lettre rectificative (25/06/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 338) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8322 (suppression de l’article 2) (16/07/2026)
- Scrutin n° 8399 (article 11) (17/07/2026)
- Scrutin n° 8429 (rétablissement de l’article 11) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8430 sur l’ensemble (21/07/2026)
- Compte rendu de la deuxième séance du 16 juillet 2026 (16/07/2026)
- Compte rendu de la première séance du 21 juillet 2026 (21/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 5
- Contre
- 136
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 2
- Votants
- 145
- Exprimés
- 141
- Majorité requise
- 71
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 0 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 30 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 25 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 5 | 4 | 4 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 10 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 16 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 19 dans le décompte
Contre (19) : Christian Girard, Nicolas Dragon, Angélique Ranc, Christine Loir, Edwige Diaz (ancien député), Laurence Robert-Dehault, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Marine Hamelet, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, René Lioret, Julien Gabarron, Julien Guibert, David Magnier, Tiffany Joncour, Julien Limongi, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 31 dans le décompte
Contre (30) : Pauline Cestrières, Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Liliana Tanguy, Christine Le Nabour, Daniel Labaronne, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Anne Genetet, Jean Terlier, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Stéphane Buchou, Annie Vidal, Jean-Marie Fiévet, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nicolas Metzdorf, Charles Rodwell, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Danièle Carteron, Christophe Mongardien, Vincent Caure, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 25 dans le décompte
Contre (25) : Élisa Martin, Ugo Bernalicis, Danièle Obono, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Élise Leboucher, Maxime Laisney, Farida Amrani, Karen Erodi, René Pilato, Marie Mesmeur, Mathilde Feld, Shéhérazade Bentorki, Abdelkader Lahmar, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 13 dans le décompte
Pour (5) : Colette Capdevielle, Martine Froger, Marie-José Allemand, Jacques Oberti, Denis Fégné
Contre (4) : Jérôme Guedj, Chantal Jourdan, Florence Herouin-Léautey, Ayda Hadizadeh
Abstention (4) : Hervé Saulignac, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Stéphane Hablot
Droite Républicaine 16 dans le décompte
Contre (16) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Jean-Luc Bourgeaux, Patrick Hetzel, Virginie Duby-Muller, Thibault Bazin, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Justine Gruet, Emeline Rey-Rinchet, Nicolas Tryzna
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Contre (10) : Jean-Louis Roumégas, Sébastien Peytavie, Charles Fournier, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Catherine Hervieu, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 16 dans le décompte
Contre (16) : Erwan Balanant, Sophie Mette, Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Frédéric Petit, Maud Petit, Bruno Fuchs, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Emmanuel Mandon, Patricia Maussion, Hubert Ott, Éric Martineau, Pascal Lecamp, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (8) : Thierry Benoit, Charlotte Parmentier-Lecocq, Christophe Plassard (ancien député), François Gernigon, Michel Criaud, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Nathalie Colin-Oesterlé
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Yannick Monnet, Édouard Bénard
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Christelle D'Intorni, Olivier Fayssat
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin