Votes · Scrutin n° 8294 · 16 juillet 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 505 de Mme Blin et l'amendement identique suivant à l'article 10 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture).
Dossier : Projet de loi relatif à la protection des enfants · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 10
- Texte
- Projet de loi relatif à la protection des enfants Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Blin et 1 cosignataire (DR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à supprimer la disposition introduisant une enquête systématique sur la personnalité et l'environnement social et familial de la personne mise en cause dans le cadre des infractions sexuelles.
L’introduction d’une telle mesure risque de déplacer indûment le curseur du débat judiciaire en fournissant des excuses sociologiques ou économiques aux auteurs de viols ou d'agressions sexuelles. En insistant de manière disproportionnée sur un milieu socio-économique difficile, un environnement familial complexe ou les défaillances de l'intégration sociale, cette disposition offre des arguments directs à la défense pour atténuer la responsabilité pénale des mis en cause et minimiser la gravité de leurs actes au détriment des victimes.
Le droit pénal et la procédure pénale prévoient déjà, dans de nombreuses configurations, des enquêtes sur la personnalité des prévenus ou des accusés. Ces démarches, souvent confiées au Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP), s'apparentent en pratique à de simples interrogatoires administratifs qui n'apportent pas de plus-value probante tout en alourdissant inutilement le travail des services compétents.
Pour ces raisons, il convient de ne pas fragiliser la réponse pénale face aux violences sexuelles et de supprimer cet alinéa.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer l'alinéa 6.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 10 : 18 scrutins publics, dont 3 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement, présenté le 27 mai 2026 par Gérald Darmanin (justice), Édouard Geffray (éducation nationale) et Stéphanie Rist (santé et familles), en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée avant une éventuelle commission mixte paritaire) (projet de loi). Une lettre rectificative du 1er juillet 2026 y a ajouté un volet sur les infractions sexuelles commises sur des mineurs. D’après le texte adopté par l’Assemblée :
- un placement décidé par le juge des enfants est limité à un an pour un enfant de moins de 3 ans, deux ans au-delà, renouvelable par décision motivée ;
- l’accueil chez un proche (« tiers digne de confiance ») et chez des assistants familiaux est encouragé, avec une évaluation obligatoire dans les trois mois d’un placement en urgence ;
- toute personne, même bénévole, qui encadre des mineurs fait l’objet d’un contrôle de ses antécédents judiciaires (contrôle d’honorabilité) ;
- une « ordonnance de sûreté de l’enfant » permet au procureur, en urgence, de placer l’enfant, de fixer les droits de visite et d’interdire des contacts, même après une décision du juge aux affaires familiales si un fait nouveau survient ;
- après une plainte pour certaines violences sur mineur, la victime doit être entendue sans délai ; le viol en série sur mineur de 15 ans est puni de la réclusion à perpétuité ; plusieurs crimes sur mineurs deviennent imprescriptibles ;
- l’article 2, qui raccourcissait la procédure de délaissement parental ouvrant la voie à l’adoption, a été supprimé.
Ce que ça change
Rien n’est encore applicable. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, plus de 380 000 enfants et jeunes majeurs sont pris en charge ; fin 2023, 36 % des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance vivaient chez des assistants familiaux, contre 56 % en 2006. Selon l’avis du Conseil d’État (§ 3), les viols en série sur mineurs de 15 ans sont aujourd’hui punis de vingt ans de réclusion.
Ce qui est contesté
Le 21 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte par 378 voix contre 7 (scrutin n° 8430). Les 7 voix contre viennent de la Gauche démocrate et républicaine (5 pour, 5 abstentions). LFI-NFP (69), les Socialistes (63) et la plupart des écologistes (33 abstentions, 3 pour) se sont abstenus. RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Les Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté pour.
- Moyens. Pour LFI-NFP, Marianne Maximi, corapporteure, critique un texte qui « ne coûte rien au gouvernement ni rien au budget ». Ayda Hadizadeh (Socialistes) regrette qu’« il n’alloue pas un seul euro supplémentaire aux enfants placés ».
- Perpétuité. L’article 11 a d’abord été rejeté par 41 voix contre 37, les voix contre venant de LFI-NFP, des Socialistes, des écologistes et de la GDR (scrutin n° 8399), puis rétabli en seconde délibération (nouveau vote demandé par le Gouvernement) par 258 voix contre 84 (scrutin n° 8429). Mathilde Panot (LFI-NFP) estime que « La perpétuité ne protégera pas les enfants » en s’appuyant sur la Ciivise. Les Socialistes proposaient trente ans. Pour le Gouvernement, Aurore Bergé veut qu’il n’y ait « plus d’impunité pour les prédateurs et pour les criminels ». Le Conseil d’État n’y voit pas d’obstacle constitutionnel mais invite à plus de cohérence dans l’échelle des peines (§ 16 et 17).
- Délaissement. L’article 2 a été supprimé par 60 voix contre 59, le RN s’abstenant (scrutin n° 8322). Fatiha Keloua Hachi (Socialistes) craignait des décisions prises « sous la contrainte des carences du système ».
- Soutiens. Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) salue un texte « écrit et enrichi par toutes les sensibilités de cet hémicycle ». Pour le RN, Sophie Blanc juge que le texte « sort incontestablement renforcé de son examen par le Parlement ».
- Selon nos données, l’article 4 (assistants familiaux) a donné lieu à 20 scrutins publics, l’article 10 (enquêtes) à 18 et l’article 1er à 12.
Où en est le texte
Transmis au Sénat le 22 juillet 2026. La commission des lois du Sénat a établi son texte le 21 octobre 2026 (rapporteures Agnès Canayer et Dominique Vérien) ; la discussion en séance est prévue du 27 octobre au 3 novembre 2026 (dossier du Sénat).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2841 rectifié et exposé des motifs (27/05/2026)
- Étude d’impact du projet de loi (27/05/2026)
- Lettre rectificative n° 3000 (01/07/2026)
- Avis du Conseil d’État sur la lettre rectificative (25/06/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 338) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8322 (suppression de l’article 2) (16/07/2026)
- Scrutin n° 8399 (article 11) (17/07/2026)
- Scrutin n° 8429 (rétablissement de l’article 11) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8430 sur l’ensemble (21/07/2026)
- Compte rendu de la deuxième séance du 16 juillet 2026 (16/07/2026)
- Compte rendu de la première séance du 21 juillet 2026 (21/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 63
- Contre
- 60
- Abstention
- 6
- Non-votant
- 2
- Votants
- 129
- Exprimés
- 123
- Majorité requise
- 62
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 33 | 0 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Pour | 13 | 0 | 3 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 14 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 7 | 3 | 2 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 10 | 1 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 1 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 1 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 34 dans le décompte
Pour (33) : Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Angélique Ranc, Gisèle Lelouis, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Laurence Robert-Dehault, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Michel Guiniot, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Philippe Schreck, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, René Lioret, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Marc de Fleurian, Auguste Evrard, Tiffany Joncour, Sébastien Humbert
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Pour (13) : Pauline Cestrières, Denis Masséglia, Nicole Le Peih, Patricia Lemoine, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Catherine Ibled, Danièle Carteron, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien, Vincent Caure, Marie-Philippe Lubet
Abstention (3) : Pieyre-Alexandre Anglade, Olivia Grégoire, Violette Spillebout
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 21 dans le décompte
Contre (21) : Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Sébastien Delogu, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Marianne Maximi, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Karen Erodi, Aurélien Saintoul, Marie Mesmeur, Shéhérazade Bentorki, Claire Lejeune, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Contre (14) : Jérôme Guedj, Marietta Karamanli, Laurent Baumel, Colette Capdevielle, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Martine Froger, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 12 dans le décompte
Pour (7) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Jean-Luc Bourgeaux, Virginie Duby-Muller, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Josiane Corneloup, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes)
Contre (3) : Christelle Minard, Émilie Bonnivard, Alix Fruchon
Abstention (2) : Thibault Bazin, Pierre Cordier
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Contre (7) : Sébastien Peytavie, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Léa Balage El Mariky, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 11 dans le décompte
Contre (10) : Frédéric Petit, Maud Petit, Bruno Fuchs, Cyrille Isaac-Sibille, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Louise Morel, Hubert Ott, Frantz Gumbs, Pascal Lecamp
Abstention (1) : Blandine Brocard
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Pour (8) : Thierry Benoit, Charlotte Parmentier-Lecocq, Christophe Plassard (ancien député), Michel Criaud, Félicie Gérard, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (1) : Joël Bruneau
Contre (2) : Valérie Létard, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Yannick Monnet, Édouard Bénard
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Alexandra Martin (Alpes-Maritimes)
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin