Votes · Scrutin n° 8308 · 16 juillet 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 362 de M. Arnaud Bonnet après l'article 11 (examen prioritaire) du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture).
Dossier : Projet de loi relatif à la protection des enfants · Demandé par : Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 11
- Texte
- Projet de loi relatif à la protection des enfants Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Arnaud Bonnet et 19 cosignataires (ECOS) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Les violences les plus graves commises sur les enfants appellent une réponse à la hauteur de leur gravité et de la réalité de leur révélation. Les mécanismes psychotraumatiques qui les accompagnent (sidération, dissociation, honte, emprise de l'agresseur,…) retardent fréquemment la parole de plusieurs décennies. Trop de victimes découvrent, le jour où elles trouvent la force de porter plainte, que la prescription a déjà éteint l'action publique. Le temps qui passe ne saurait valoir amnistie pour les auteurs des crimes les plus graves commis contre des enfants.
Le présent amendement rend imprescriptibles les crimes commis sur les mineurs. Il reprend la rédaction de compromis élaborée dans le cadre de la proposition de loi transpartisane n° 2677, déposée par l'auteur de cet amendement et portée avec Mmes Perrine Goulet et Alexandra Martin, fruit d'un travail commun destiné à concilier l'exigence de justice due aux victimes et la solidité juridique du dispositif. Outre les viols et les crimes déjà couverts par l'article 7 du code de procédure pénale, sont désormais visés les crimes d'une particulière gravité commis sur un mineur : les violences ayant entraîné la mort ou une mutilation, les tortures et actes de barbarie, les enlèvements et séquestrations, la traite des êtres humains et les infractions d'exploitation qui s'y rattachent, ainsi que les crimes de guerre commis sur un mineur.
Ce même dispositif met fin au mécanisme dit de « prescription glissante », qui ne prolongeait le délai applicable aux faits subis par une victime qu'à la condition que son agresseur commette une nouvelle infraction sur un autre enfant. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – L’article 2226 du code civil est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Lorsque l’action publique est imprescriptible en application du troisième alinéa de l’article 7 du code de procédure pénale, l’action civile en réparation du dommage causé par ces infractions est également imprescriptible. L’action en responsabilité civile s’éteint au décès du responsable du dommage causé par ces infractions. »
II. – À la fin de l’avant‑dernier alinéa de l’article 7 du code de procédure pénale, les mots : « lorsqu’ils sont commis sur des mineurs, se prescrit par trente années révolues à compter de la majorité de ces derniers ; toutefois, s’il s’agit d’un viol, en cas de commission sur un autre mineur par la même personne, avant l’expiration de ce délai, d’un nouveau viol, d’une agression sexuelle ou d’une atteinte sexuelle, le délai de prescription de ce viol est prolongé, le cas échéant, jusqu […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement, présenté le 27 mai 2026 par Gérald Darmanin (justice), Édouard Geffray (éducation nationale) et Stéphanie Rist (santé et familles), en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée avant une éventuelle commission mixte paritaire) (projet de loi). Une lettre rectificative du 1er juillet 2026 y a ajouté un volet sur les infractions sexuelles commises sur des mineurs. D’après le texte adopté par l’Assemblée :
- un placement décidé par le juge des enfants est limité à un an pour un enfant de moins de 3 ans, deux ans au-delà, renouvelable par décision motivée ;
- l’accueil chez un proche (« tiers digne de confiance ») et chez des assistants familiaux est encouragé, avec une évaluation obligatoire dans les trois mois d’un placement en urgence ;
- toute personne, même bénévole, qui encadre des mineurs fait l’objet d’un contrôle de ses antécédents judiciaires (contrôle d’honorabilité) ;
- une « ordonnance de sûreté de l’enfant » permet au procureur, en urgence, de placer l’enfant, de fixer les droits de visite et d’interdire des contacts, même après une décision du juge aux affaires familiales si un fait nouveau survient ;
- après une plainte pour certaines violences sur mineur, la victime doit être entendue sans délai ; le viol en série sur mineur de 15 ans est puni de la réclusion à perpétuité ; plusieurs crimes sur mineurs deviennent imprescriptibles ;
- l’article 2, qui raccourcissait la procédure de délaissement parental ouvrant la voie à l’adoption, a été supprimé.
Ce que ça change
Rien n’est encore applicable. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, plus de 380 000 enfants et jeunes majeurs sont pris en charge ; fin 2023, 36 % des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance vivaient chez des assistants familiaux, contre 56 % en 2006. Selon l’avis du Conseil d’État (§ 3), les viols en série sur mineurs de 15 ans sont aujourd’hui punis de vingt ans de réclusion.
Ce qui est contesté
Le 21 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte par 378 voix contre 7 (scrutin n° 8430). Les 7 voix contre viennent de la Gauche démocrate et républicaine (5 pour, 5 abstentions). LFI-NFP (69), les Socialistes (63) et la plupart des écologistes (33 abstentions, 3 pour) se sont abstenus. RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Les Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté pour.
- Moyens. Pour LFI-NFP, Marianne Maximi, corapporteure, critique un texte qui « ne coûte rien au gouvernement ni rien au budget ». Ayda Hadizadeh (Socialistes) regrette qu’« il n’alloue pas un seul euro supplémentaire aux enfants placés ».
- Perpétuité. L’article 11 a d’abord été rejeté par 41 voix contre 37, les voix contre venant de LFI-NFP, des Socialistes, des écologistes et de la GDR (scrutin n° 8399), puis rétabli en seconde délibération (nouveau vote demandé par le Gouvernement) par 258 voix contre 84 (scrutin n° 8429). Mathilde Panot (LFI-NFP) estime que « La perpétuité ne protégera pas les enfants » en s’appuyant sur la Ciivise. Les Socialistes proposaient trente ans. Pour le Gouvernement, Aurore Bergé veut qu’il n’y ait « plus d’impunité pour les prédateurs et pour les criminels ». Le Conseil d’État n’y voit pas d’obstacle constitutionnel mais invite à plus de cohérence dans l’échelle des peines (§ 16 et 17).
- Délaissement. L’article 2 a été supprimé par 60 voix contre 59, le RN s’abstenant (scrutin n° 8322). Fatiha Keloua Hachi (Socialistes) craignait des décisions prises « sous la contrainte des carences du système ».
- Soutiens. Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) salue un texte « écrit et enrichi par toutes les sensibilités de cet hémicycle ». Pour le RN, Sophie Blanc juge que le texte « sort incontestablement renforcé de son examen par le Parlement ».
- Selon nos données, l’article 4 (assistants familiaux) a donné lieu à 20 scrutins publics, l’article 10 (enquêtes) à 18 et l’article 1er à 12.
Où en est le texte
Transmis au Sénat le 22 juillet 2026. La commission des lois du Sénat a établi son texte le 21 octobre 2026 (rapporteures Agnès Canayer et Dominique Vérien) ; la discussion en séance est prévue du 27 octobre au 3 novembre 2026 (dossier du Sénat).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2841 rectifié et exposé des motifs (27/05/2026)
- Étude d’impact du projet de loi (27/05/2026)
- Lettre rectificative n° 3000 (01/07/2026)
- Avis du Conseil d’État sur la lettre rectificative (25/06/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 338) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8322 (suppression de l’article 2) (16/07/2026)
- Scrutin n° 8399 (article 11) (17/07/2026)
- Scrutin n° 8429 (rétablissement de l’article 11) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8430 sur l’ensemble (21/07/2026)
- Compte rendu de la deuxième séance du 16 juillet 2026 (16/07/2026)
- Compte rendu de la première séance du 21 juillet 2026 (21/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 93
- Contre
- 51
- Abstention
- 8
- Non-votant
- 2
- Votants
- 152
- Exprimés
- 144
- Majorité requise
- 73
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 23 | 1 | 1 | |
| EPR 91 membres | Pour | 24 | 1 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 22 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 7 | 2 | 5 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 11 | 0 | 1 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 1 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 25 dans le décompte
Contre (23) : Jorys Bovet, Angélique Ranc, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Kévin Mauvieux, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Caroline Parmentier, Sophie Blanc, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Philippe Schreck, Gabriel Tomatis, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Tiffany Joncour, Matthias Renault, Sébastien Humbert, Joseph Rivière
Abstention (1) : Julien Gabarron
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 26 dans le décompte
Pour (24) : Pauline Cestrières, Guillaume Kasbarian, Liliana Tanguy, Christine Le Nabour, Nicole Le Peih, Jean Terlier, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Stéphane Buchou, Annie Vidal, Jean-Luc Fugit, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Françoise Buffet, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nicolas Metzdorf, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Charles Rodwell, Pierre Cazeneuve, Catherine Ibled, Laure Miller, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Contre (1) : Nicole Dubré-Chirat
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 22 dans le décompte
Contre (22) : Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Danièle Obono, Laurent Alexandre, Sébastien Delogu, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Clémence Guetté, Damien Maudet, Antoine Léaument, Aurélien Saintoul, René Pilato, Shéhérazade Bentorki, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Pour (21) : Jérôme Guedj, Marietta Karamanli, Hervé Saulignac, Marie Récalde, Laurent Baumel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Isabelle Santiago, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Martine Froger, Laurent Lhardit, Sébastien Saint-Pasteur, Fabrice Roussel, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 17 dans le décompte
Pour (17) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Philippe Juvin, Michel Barnier, Virginie Duby-Muller, Thibault Bazin, Jean-Louis Thiériot, Christelle Minard, Pierre Cordier, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Corentin Le Fur, Alix Fruchon, Nicolas Tryzna
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Pour (7) : Jean-Louis Roumégas, Cyrielle Chatelain, Julie Laernoes, Marie-Charlotte Garin, Catherine Hervieu, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Contre (2) : Dominique Voynet, Léa Balage El Mariky
Abstention (5) : Sébastien Peytavie, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Lisa Belluco, Boris Tavernier
Les Démocrates 12 dans le décompte
Pour (11) : Erwan Balanant, Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Maud Petit, Bruno Fuchs, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Louise Morel, Hubert Ott, Éric Martineau, Frantz Gumbs
Abstention (1) : Blandine Brocard
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Pour (9) : Charlotte Parmentier-Lecocq, Christophe Plassard (ancien député), Michel Criaud, Félicie Gérard, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Marie-Agnès Poussier-Winsback, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Pour (3) : Joël Bruneau, Constance de Pélichy, Laurent Mazaury
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Contre (3) : Stéphane Peu, Yannick Monnet, Émeline K/Bidi
Abstention (1) : Édouard Bénard
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Philippe Bonnecarrère
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Abstention : Anne Stambach-Terrenoir
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin