Votes · Scrutin n° 8313 · 16 juillet 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 655 de Mme Cathala et les amendements identiques suivants à l'article premier du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture).
Dossier : Projet de loi relatif à la protection des enfants · Demandé par : Présidente du groupe "Rassemblement National" Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Projet de loi relatif à la protection des enfants Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Cathala et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, les député·es du groupe la France insoumise proposent de supprimer la possibilité offerte au juge des enfants de renouveler une mesure de placement jusqu’à la majorité d’un enfant âgé de plus de treize ans en raison de difficultés relationnelles graves et persistantes avec ses parents.
Si l’intérêt supérieur de l’enfant peut justifier le renouvellement d’une mesure de placement pour un délai plus long, cette faculté ne doit pas devenir un outil de gestion des flux au sein d’une justice des enfants confrontée à un manque chronique de moyens. Cette disposition soulève également des inquiétudes quant au respect du droit de l’enfant à être entendu. Alors que, l’article 388-1 du code civil prévoit que, dans toute procédure le concernant, le mineur capable de discernement peut être entendu par le juge. De même, l’article 375-1 du code civil impose au juge des enfants de procéder à un entretien individuel avec l’enfant capable de discernement lors de son audience ou de son audition. Pourtant, selon une enquête du Syndicat de la magistrature, 91 % des juges des enfants déclarent être conduits à rendre certaines décisions sans audience préalable, malgré l’obligation légale d’en tenir une. Dans ces conditions, il arrive que des enfants placés ne soient pas entendus avant qu’une décision les concernant soit prise.
Cette mesure réduirait encore le nombre d’audiences sans renforcer la protection des mineurs. Comme le souligne le Syndicat de la magistrature, elle « s’inscrit davantage dans une logique de gestion des flux que dans l’intérêt et la protection de ces enfants ». Même lorsque le placement n’a pas vocation à être remis en cause, l’audience demeure indispensable pour faire le point sur la situation de l’enfant et garantir le respect de ses droits. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Supprimer la seconde phrase de l’alinéa 12.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 12 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement, présenté le 27 mai 2026 par Gérald Darmanin (justice), Édouard Geffray (éducation nationale) et Stéphanie Rist (santé et familles), en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée avant une éventuelle commission mixte paritaire) (projet de loi). Une lettre rectificative du 1er juillet 2026 y a ajouté un volet sur les infractions sexuelles commises sur des mineurs. D’après le texte adopté par l’Assemblée :
- un placement décidé par le juge des enfants est limité à un an pour un enfant de moins de 3 ans, deux ans au-delà, renouvelable par décision motivée ;
- l’accueil chez un proche (« tiers digne de confiance ») et chez des assistants familiaux est encouragé, avec une évaluation obligatoire dans les trois mois d’un placement en urgence ;
- toute personne, même bénévole, qui encadre des mineurs fait l’objet d’un contrôle de ses antécédents judiciaires (contrôle d’honorabilité) ;
- une « ordonnance de sûreté de l’enfant » permet au procureur, en urgence, de placer l’enfant, de fixer les droits de visite et d’interdire des contacts, même après une décision du juge aux affaires familiales si un fait nouveau survient ;
- après une plainte pour certaines violences sur mineur, la victime doit être entendue sans délai ; le viol en série sur mineur de 15 ans est puni de la réclusion à perpétuité ; plusieurs crimes sur mineurs deviennent imprescriptibles ;
- l’article 2, qui raccourcissait la procédure de délaissement parental ouvrant la voie à l’adoption, a été supprimé.
Ce que ça change
Rien n’est encore applicable. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, plus de 380 000 enfants et jeunes majeurs sont pris en charge ; fin 2023, 36 % des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance vivaient chez des assistants familiaux, contre 56 % en 2006. Selon l’avis du Conseil d’État (§ 3), les viols en série sur mineurs de 15 ans sont aujourd’hui punis de vingt ans de réclusion.
Ce qui est contesté
Le 21 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte par 378 voix contre 7 (scrutin n° 8430). Les 7 voix contre viennent de la Gauche démocrate et républicaine (5 pour, 5 abstentions). LFI-NFP (69), les Socialistes (63) et la plupart des écologistes (33 abstentions, 3 pour) se sont abstenus. RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Les Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté pour.
- Moyens. Pour LFI-NFP, Marianne Maximi, corapporteure, critique un texte qui « ne coûte rien au gouvernement ni rien au budget ». Ayda Hadizadeh (Socialistes) regrette qu’« il n’alloue pas un seul euro supplémentaire aux enfants placés ».
- Perpétuité. L’article 11 a d’abord été rejeté par 41 voix contre 37, les voix contre venant de LFI-NFP, des Socialistes, des écologistes et de la GDR (scrutin n° 8399), puis rétabli en seconde délibération (nouveau vote demandé par le Gouvernement) par 258 voix contre 84 (scrutin n° 8429). Mathilde Panot (LFI-NFP) estime que « La perpétuité ne protégera pas les enfants » en s’appuyant sur la Ciivise. Les Socialistes proposaient trente ans. Pour le Gouvernement, Aurore Bergé veut qu’il n’y ait « plus d’impunité pour les prédateurs et pour les criminels ». Le Conseil d’État n’y voit pas d’obstacle constitutionnel mais invite à plus de cohérence dans l’échelle des peines (§ 16 et 17).
- Délaissement. L’article 2 a été supprimé par 60 voix contre 59, le RN s’abstenant (scrutin n° 8322). Fatiha Keloua Hachi (Socialistes) craignait des décisions prises « sous la contrainte des carences du système ».
- Soutiens. Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) salue un texte « écrit et enrichi par toutes les sensibilités de cet hémicycle ». Pour le RN, Sophie Blanc juge que le texte « sort incontestablement renforcé de son examen par le Parlement ».
- Selon nos données, l’article 4 (assistants familiaux) a donné lieu à 20 scrutins publics, l’article 10 (enquêtes) à 18 et l’article 1er à 12.
Où en est le texte
Transmis au Sénat le 22 juillet 2026. La commission des lois du Sénat a établi son texte le 21 octobre 2026 (rapporteures Agnès Canayer et Dominique Vérien) ; la discussion en séance est prévue du 27 octobre au 3 novembre 2026 (dossier du Sénat).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2841 rectifié et exposé des motifs (27/05/2026)
- Étude d’impact du projet de loi (27/05/2026)
- Lettre rectificative n° 3000 (01/07/2026)
- Avis du Conseil d’État sur la lettre rectificative (25/06/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 338) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8322 (suppression de l’article 2) (16/07/2026)
- Scrutin n° 8399 (article 11) (17/07/2026)
- Scrutin n° 8429 (rétablissement de l’article 11) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8430 sur l’ensemble (21/07/2026)
- Compte rendu de la deuxième séance du 16 juillet 2026 (16/07/2026)
- Compte rendu de la première séance du 21 juillet 2026 (21/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 63
- Contre
- 64
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 128
- Exprimés
- 127
- Majorité requise
- 64
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 31 | 0 | 1 | 1 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 22 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 33 dans le décompte
Pour (31) : Christian Girard, José Beaurain, Angélique Ranc, Gisèle Lelouis, Géraldine Grangier, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Gabriel Tomatis, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Pascal Jenft, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière
Abstention (1) : Alexandre Sabatou
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Contre (20) : Constance Le Grip, Pauline Cestrières, Hervé Berville (ancien député), Christine Le Nabour, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Jean Terlier, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Charles Rodwell, Paul Midy, Catherine Ibled, Laure Miller, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien, Alim Latrèche, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 22 dans le décompte
Pour (22) : Bastien Lachaud, Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Marianne Maximi, Élise Leboucher, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Farida Amrani, Karen Erodi, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Zahia Hamdane, Bérenger Cernon
Socialistes et apparentés 11 dans le décompte
Contre (11) : Jérôme Guedj, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Isabelle Santiago, Philippe Brun, Fatiha Keloua Hachi, Dorine Bregman, Sébastien Saint-Pasteur, Sophie Pantel, Florence Herouin-Léautey, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 12 dans le décompte
Contre (12) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Jean-Luc Bourgeaux, Michel Barnier, Virginie Duby-Muller, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Alix Fruchon
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (8) : Pouria Amirshahi, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 11 dans le décompte
Contre (11) : Erwan Balanant, Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Maud Petit, Blandine Brocard, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Louise Morel, Hubert Ott, Éric Martineau, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (8) : Thierry Benoit, Charlotte Parmentier-Lecocq, Pierre Henriet, Christophe Plassard (ancien député), Michel Criaud, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Joël Bruneau
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Stéphane Peu, Yannick Monnet
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin