Votes · Scrutin n° 8320 · 16 juillet 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 175 de Mme Hadizadeh à l'article premier du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture).
Dossier : Projet de loi relatif à la protection des enfants · Demandé par : Président du groupe "Socialistes et apparentés"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Projet de loi relatif à la protection des enfants Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Hadizadeh et 67 cosignataires (SOC) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement rend le rapport de situation plus accessible à l'enfant et permet d'y intégrer les observations de la commission compétente.
Le rapport de situation est aujourd'hui un document avant tout destiné aux professionnels et au juge. Il contient pourtant des informations qui concernent l'enfant au premier chef : son parcours, ses besoins, les perspectives envisagées pour lui. Sans version adaptée, l'enfant reste à l'écart d'un document qui parle pourtant de sa propre vie.
Le présent amendement impose qu'une partie de ce rapport soit rédigée dans des termes que l'enfant peut comprendre, à son niveau, et qu'elle lui soit accessible à tout moment de son parcours, dans le respect de la confidentialité des informations concernant des tiers. Il prévoit également que les observations de la commission compétente, lorsqu'elle s'est prononcée sur la situation de l'enfant, soient intégrées au rapport, afin que ce document reflète une vision d'ensemble et pas seulement le point de vue du service qui le rédige.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter l’alinéa 22 par les trois phrases suivantes :
« Ce rapport comporte une partie destinée à l’enfant, rédigée ou présentée dans des termes lisibles et compréhensibles pour lui, quel que soit son âge, sous une forme adaptée à ses capacités de compréhension et de communication. Cette partie est accessible à l’enfant à tout moment pendant la durée de son accueil ou de la mesure éducative, selon des modalités adaptées à son âge, à sa maturité et à son intérêt. Lorsque la situation de l’enfant a été examinée par la commission mentionnée à l’article L. 223‑1 du présent code, le rapport comporte également les observations ou recommandations formulées par celle-ci. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article premier : 12 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement, présenté le 27 mai 2026 par Gérald Darmanin (justice), Édouard Geffray (éducation nationale) et Stéphanie Rist (santé et familles), en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée avant une éventuelle commission mixte paritaire) (projet de loi). Une lettre rectificative du 1er juillet 2026 y a ajouté un volet sur les infractions sexuelles commises sur des mineurs. D’après le texte adopté par l’Assemblée :
- un placement décidé par le juge des enfants est limité à un an pour un enfant de moins de 3 ans, deux ans au-delà, renouvelable par décision motivée ;
- l’accueil chez un proche (« tiers digne de confiance ») et chez des assistants familiaux est encouragé, avec une évaluation obligatoire dans les trois mois d’un placement en urgence ;
- toute personne, même bénévole, qui encadre des mineurs fait l’objet d’un contrôle de ses antécédents judiciaires (contrôle d’honorabilité) ;
- une « ordonnance de sûreté de l’enfant » permet au procureur, en urgence, de placer l’enfant, de fixer les droits de visite et d’interdire des contacts, même après une décision du juge aux affaires familiales si un fait nouveau survient ;
- après une plainte pour certaines violences sur mineur, la victime doit être entendue sans délai ; le viol en série sur mineur de 15 ans est puni de la réclusion à perpétuité ; plusieurs crimes sur mineurs deviennent imprescriptibles ;
- l’article 2, qui raccourcissait la procédure de délaissement parental ouvrant la voie à l’adoption, a été supprimé.
Ce que ça change
Rien n’est encore applicable. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, plus de 380 000 enfants et jeunes majeurs sont pris en charge ; fin 2023, 36 % des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance vivaient chez des assistants familiaux, contre 56 % en 2006. Selon l’avis du Conseil d’État (§ 3), les viols en série sur mineurs de 15 ans sont aujourd’hui punis de vingt ans de réclusion.
Ce qui est contesté
Le 21 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte par 378 voix contre 7 (scrutin n° 8430). Les 7 voix contre viennent de la Gauche démocrate et républicaine (5 pour, 5 abstentions). LFI-NFP (69), les Socialistes (63) et la plupart des écologistes (33 abstentions, 3 pour) se sont abstenus. RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Les Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté pour.
- Moyens. Pour LFI-NFP, Marianne Maximi, corapporteure, critique un texte qui « ne coûte rien au gouvernement ni rien au budget ». Ayda Hadizadeh (Socialistes) regrette qu’« il n’alloue pas un seul euro supplémentaire aux enfants placés ».
- Perpétuité. L’article 11 a d’abord été rejeté par 41 voix contre 37, les voix contre venant de LFI-NFP, des Socialistes, des écologistes et de la GDR (scrutin n° 8399), puis rétabli en seconde délibération (nouveau vote demandé par le Gouvernement) par 258 voix contre 84 (scrutin n° 8429). Mathilde Panot (LFI-NFP) estime que « La perpétuité ne protégera pas les enfants » en s’appuyant sur la Ciivise. Les Socialistes proposaient trente ans. Pour le Gouvernement, Aurore Bergé veut qu’il n’y ait « plus d’impunité pour les prédateurs et pour les criminels ». Le Conseil d’État n’y voit pas d’obstacle constitutionnel mais invite à plus de cohérence dans l’échelle des peines (§ 16 et 17).
- Délaissement. L’article 2 a été supprimé par 60 voix contre 59, le RN s’abstenant (scrutin n° 8322). Fatiha Keloua Hachi (Socialistes) craignait des décisions prises « sous la contrainte des carences du système ».
- Soutiens. Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) salue un texte « écrit et enrichi par toutes les sensibilités de cet hémicycle ». Pour le RN, Sophie Blanc juge que le texte « sort incontestablement renforcé de son examen par le Parlement ».
- Selon nos données, l’article 4 (assistants familiaux) a donné lieu à 20 scrutins publics, l’article 10 (enquêtes) à 18 et l’article 1er à 12.
Où en est le texte
Transmis au Sénat le 22 juillet 2026. La commission des lois du Sénat a établi son texte le 21 octobre 2026 (rapporteures Agnès Canayer et Dominique Vérien) ; la discussion en séance est prévue du 27 octobre au 3 novembre 2026 (dossier du Sénat).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2841 rectifié et exposé des motifs (27/05/2026)
- Étude d’impact du projet de loi (27/05/2026)
- Lettre rectificative n° 3000 (01/07/2026)
- Avis du Conseil d’État sur la lettre rectificative (25/06/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 338) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8322 (suppression de l’article 2) (16/07/2026)
- Scrutin n° 8399 (article 11) (17/07/2026)
- Scrutin n° 8429 (rétablissement de l’article 11) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8430 sur l’ensemble (21/07/2026)
- Compte rendu de la deuxième séance du 16 juillet 2026 (16/07/2026)
- Compte rendu de la première séance du 21 juillet 2026 (21/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 42
- Contre
- 55
- Abstention
- 25
- Non-votant
- 2
- Votants
- 122
- Exprimés
- 97
- Majorité requise
- 49
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Contre | 0 | 33 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Abstention | 0 | 0 | 23 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 11 | 0 | 1 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 7 | 2 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 11 | 1 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 34 dans le décompte
Contre (33) : Christian Girard, Nicolas Dragon, José Beaurain, Angélique Ranc, Gisèle Lelouis, Géraldine Grangier, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Christine Loir, Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Philippe Ballard, Alexandre Sabatou, Laurent Jacobelli, Caroline Parmentier, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Marine Hamelet, Emmanuel Fouquart, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Frédéric Weber, Maxime Amblard, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Pour (16) : Pauline Cestrières, Hervé Berville (ancien député), Christine Le Nabour, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Jean Terlier, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Astrid Panosyan-Bouvet (ancien député), Nathalie Coggia, Paul Midy, Catherine Ibled, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 23 dans le décompte
Abstention (23) : Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Laurent Alexandre, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, François Piquemal, Christophe Bex, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Maxime Laisney, Farida Amrani, Karen Erodi, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Aurélien Le Coq, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 12 dans le décompte
Pour (11) : Jérôme Guedj, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Isabelle Santiago, Philippe Brun, Fatiha Keloua Hachi, Dorine Bregman, Sébastien Saint-Pasteur, Estelle Mercier, Florence Herouin-Léautey, Ayda Hadizadeh
Abstention (1) : Sophie Pantel
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Pour (7) : Virginie Duby-Muller, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Anne-Laure Blin, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Alix Fruchon
Contre (2) : Vincent Rolland, Jean-Luc Bourgeaux
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (8) : Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Julie Laernoes, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Sandrine Rousseau, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 12 dans le décompte
Contre (11) : Erwan Balanant, Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Frédéric Petit, Maud Petit, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Louise Morel, Hubert Ott, Éric Martineau, Pascal Lecamp
Abstention (1) : Blandine Brocard
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (7) : Sylvain Berrios, Charlotte Parmentier-Lecocq, Christophe Plassard (ancien député), Michel Criaud, Félicie Gérard, Véronique Ludmann, Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Joël Bruneau
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin