Votes · Scrutin n° 8325 · 16 juillet 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 143 de Mme Blin après l'article 3 du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture).
Dossier : Projet de loi relatif à la protection des enfants · Demandé par : Président de séance
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 3
- Texte
- Projet de loi relatif à la protection des enfants Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Blin et 7 cosignataires (DR) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
La loi n° 2022‑140 du 7 février 2022 relative à la protection des enfants (dite « loi Taquet ») a posé le principe selon lequel le juge doit systématiquement envisager de confier le mineur à un membre de sa famille ou à un tiers digne de confiance avant d’envisager un placement institutionnel.
Plus de quatre ans après son adoption, force est de constater que cette disposition est restée une lettre morte. Faute de contraintes procédurales précises dans les textes, le recours au placement en foyer ou en famille d’accueil inconnue demeure le réflexe administratif par défaut. L’entourage de l’enfant (grands-parents, oncles, tantes, parrains) est trop souvent ignoré, voire écarté par simple manque de temps ou de volonté d’investigation des services sociaux.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
L’article 375‑3 du code civil est ainsi modifié :
1° Au début du premier alinéa, les mots : « Si la protection de l’enfant l’exige » sont remplacés par les mots : « Dans l’intérêt supérieur de l’enfant et afin de privilégier son maintien dans son environnement familier » ;
2° Après le 5°, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« Le juge des enfants ou les services chargés de l’évaluation ne peuvent proposer un placement auprès d’un service d’aide sociale à l’enfance ou d’un établissement qu’après avoir expressément recherché et examiné les possibilités d’un accueil temporaire auprès de l’autre parent, d’un membre de la famille élargie ou d’un tiers digne de confiance issu du réseau relationnel de l’enfant. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement, présenté le 27 mai 2026 par Gérald Darmanin (justice), Édouard Geffray (éducation nationale) et Stéphanie Rist (santé et familles), en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée avant une éventuelle commission mixte paritaire) (projet de loi). Une lettre rectificative du 1er juillet 2026 y a ajouté un volet sur les infractions sexuelles commises sur des mineurs. D’après le texte adopté par l’Assemblée :
- un placement décidé par le juge des enfants est limité à un an pour un enfant de moins de 3 ans, deux ans au-delà, renouvelable par décision motivée ;
- l’accueil chez un proche (« tiers digne de confiance ») et chez des assistants familiaux est encouragé, avec une évaluation obligatoire dans les trois mois d’un placement en urgence ;
- toute personne, même bénévole, qui encadre des mineurs fait l’objet d’un contrôle de ses antécédents judiciaires (contrôle d’honorabilité) ;
- une « ordonnance de sûreté de l’enfant » permet au procureur, en urgence, de placer l’enfant, de fixer les droits de visite et d’interdire des contacts, même après une décision du juge aux affaires familiales si un fait nouveau survient ;
- après une plainte pour certaines violences sur mineur, la victime doit être entendue sans délai ; le viol en série sur mineur de 15 ans est puni de la réclusion à perpétuité ; plusieurs crimes sur mineurs deviennent imprescriptibles ;
- l’article 2, qui raccourcissait la procédure de délaissement parental ouvrant la voie à l’adoption, a été supprimé.
Ce que ça change
Rien n’est encore applicable. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, plus de 380 000 enfants et jeunes majeurs sont pris en charge ; fin 2023, 36 % des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance vivaient chez des assistants familiaux, contre 56 % en 2006. Selon l’avis du Conseil d’État (§ 3), les viols en série sur mineurs de 15 ans sont aujourd’hui punis de vingt ans de réclusion.
Ce qui est contesté
Le 21 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte par 378 voix contre 7 (scrutin n° 8430). Les 7 voix contre viennent de la Gauche démocrate et républicaine (5 pour, 5 abstentions). LFI-NFP (69), les Socialistes (63) et la plupart des écologistes (33 abstentions, 3 pour) se sont abstenus. RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Les Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté pour.
- Moyens. Pour LFI-NFP, Marianne Maximi, corapporteure, critique un texte qui « ne coûte rien au gouvernement ni rien au budget ». Ayda Hadizadeh (Socialistes) regrette qu’« il n’alloue pas un seul euro supplémentaire aux enfants placés ».
- Perpétuité. L’article 11 a d’abord été rejeté par 41 voix contre 37, les voix contre venant de LFI-NFP, des Socialistes, des écologistes et de la GDR (scrutin n° 8399), puis rétabli en seconde délibération (nouveau vote demandé par le Gouvernement) par 258 voix contre 84 (scrutin n° 8429). Mathilde Panot (LFI-NFP) estime que « La perpétuité ne protégera pas les enfants » en s’appuyant sur la Ciivise. Les Socialistes proposaient trente ans. Pour le Gouvernement, Aurore Bergé veut qu’il n’y ait « plus d’impunité pour les prédateurs et pour les criminels ». Le Conseil d’État n’y voit pas d’obstacle constitutionnel mais invite à plus de cohérence dans l’échelle des peines (§ 16 et 17).
- Délaissement. L’article 2 a été supprimé par 60 voix contre 59, le RN s’abstenant (scrutin n° 8322). Fatiha Keloua Hachi (Socialistes) craignait des décisions prises « sous la contrainte des carences du système ».
- Soutiens. Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) salue un texte « écrit et enrichi par toutes les sensibilités de cet hémicycle ». Pour le RN, Sophie Blanc juge que le texte « sort incontestablement renforcé de son examen par le Parlement ».
- Selon nos données, l’article 4 (assistants familiaux) a donné lieu à 20 scrutins publics, l’article 10 (enquêtes) à 18 et l’article 1er à 12.
Où en est le texte
Transmis au Sénat le 22 juillet 2026. La commission des lois du Sénat a établi son texte le 21 octobre 2026 (rapporteures Agnès Canayer et Dominique Vérien) ; la discussion en séance est prévue du 27 octobre au 3 novembre 2026 (dossier du Sénat).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2841 rectifié et exposé des motifs (27/05/2026)
- Étude d’impact du projet de loi (27/05/2026)
- Lettre rectificative n° 3000 (01/07/2026)
- Avis du Conseil d’État sur la lettre rectificative (25/06/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 338) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8322 (suppression de l’article 2) (16/07/2026)
- Scrutin n° 8399 (article 11) (17/07/2026)
- Scrutin n° 8429 (rétablissement de l’article 11) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8430 sur l’ensemble (21/07/2026)
- Compte rendu de la deuxième séance du 16 juillet 2026 (16/07/2026)
- Compte rendu de la première séance du 21 juillet 2026 (21/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 41
- Contre
- 76
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 2
- Votants
- 120
- Exprimés
- 117
- Majorité requise
- 59
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 34 | 0 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Contre | 0 | 9 | 1 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 9 | 2 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 35 dans le décompte
Pour (34) : Christian Girard, Nicolas Dragon, Jocelyn Dessigny, Angélique Ranc, Lionel Tivoli, Géraldine Grangier, Lisette Pollet, Christine Loir, Edwige Diaz (ancien député), Florence Goulet, Laurence Robert-Dehault, Caroline Parmentier, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Béatrice Roullaud, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Gabriel Tomatis, Alexandre Dufosset, Bruno Clavet, Emmanuel Fouquart, Florence Joubert, René Lioret, Manon Bouquin (ancien député), Julien Gabarron, Frédéric Weber, Maxime Amblard, David Magnier, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Patrice Martin, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 13 dans le décompte
Contre (12) : Pauline Cestrières, Nicole Dubré-Chirat, Nicole Le Peih, Pieyre-Alexandre Anglade, Patricia Lemoine, Jean-Luc Fugit, Anthony Brosse, Françoise Buffet, Sandrine Lalanne, Charles Rodwell, Laure Miller, Alim Latrèche
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 28 dans le décompte
Contre (28) : Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Danièle Obono, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Aurélie Trouvé, Damien Maudet, Ersilia Soudais, Manon Meunier, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Carlos Martens Bilongo, Antoine Léaument, Karen Erodi, Pierre-Yves Cadalen, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Shéhérazade Bentorki, Arnaud Saint-Martin, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 10 dans le décompte
Contre (9) : Jérôme Guedj, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Isabelle Santiago, Iñaki Echaniz, Sébastien Saint-Pasteur, Estelle Mercier, Florence Herouin-Léautey, Ayda Hadizadeh
Abstention (1) : Sophie Pantel
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Pour (7) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Virginie Duby-Muller, Christelle Minard, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Contre (8) : Cyrielle Chatelain, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Damien Girard, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 11 dans le décompte
Contre (9) : Erwan Balanant, Sophie Mette, Sabine Thillaye, Géraldine Bannier, Perrine Goulet, Josy Poueyto, Blandine Brocard, Sabine Gervais, Éric Martineau
Abstention (2) : Maud Petit, Hubert Ott
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (9) : Thierry Benoit, Sylvain Berrios, Charlotte Parmentier-Lecocq, Christophe Plassard (ancien député), Michel Criaud, Véronique Ludmann, Anne-Cécile Violland, Nathalie Colin-Oesterlé, Thomas Lam
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Émeline K/Bidi
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin