Votes · Scrutin n° 8375 · 17 juillet 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1133 de M. Peytavie après l'article 7 du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture).
Dossier : Projet de loi relatif à la protection des enfants · Demandé par : Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 7
- Texte
- Projet de loi relatif à la protection des enfants Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Peytavie et 37 cosignataires (ECOS) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Les lieux de vie et d’accueil occupent une place singulière dans l’offre de protection de l’enfance. Ils accueillent des enfants et des adolescents aux besoins souvent complexes, dans des structures de petite taille, reposant sur une forte proximité éducative et, parfois, implantées dans des territoires éloignés des services départementaux à l’origine du placement.
Le droit en vigueur prévoit que l’autorité compétente pour délivrer l’autorisation contrôle l’application des dispositions du code par les établissements, services sociaux et médico-sociaux et lieux de vie et d’accueil. Il prévoit également que le représentant de l’État dans le département peut diligenter des contrôles et que l’autorité compétente doit être informée de leurs résultats. Pour autant, dans les faits, les pratiques de contrôle demeurent hétérogènes selon les territoires. Dans son rapport de 2012 sur l’accueil de mineurs relevant de l’aide sociale à l’enfance, l’IGAS constate, à ce titre, que « dans un des départements visités par la mission, un lieu de vie n’a reçu que trois visites des services d’ASE en 20 ans d’existence. » Cette hétérogénéité peut produire des niveaux de protection inégaux pour les enfants accueillis et une insécurité pour les équipes comme pour les autorités responsables.
Le présent amendement, issu d’une proposition de la Fédération nationale des Lieux de vie et d’Accueil et d’un travail de la CNAPE, du GEPSo et de l’Unicef, vise donc à instituer un cadre national des contrôles applicables aux lieux de vie et d’accueil, défini après avis du Conseil national de la protection de l'enfance. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’article L. 313‑13‑3 du code de l’action sociale et des familles, il est inséré un article L. 313‑13‑4 ainsi rédigé :
« Art. L. 313‑13‑4. – Un cadre national des contrôles applicables aux lieux de vie et d’accueil mentionnés au III de l’article L. 312‑1 est institué. Il détermine :
« 1° Les objectifs des contrôles, portant notamment sur la sécurité, les droits de l’enfant, l’effectivité et la continuité de l’accompagnement, la conformité aux autorisations ;
« 2° Les méthodes et outils mobilisables, tels que les visites inopinées, les observations, les entretiens, les analyses des incidents et des réclamations ainsi que le recueil de la parole de l’enfant et de ses représentants légaux ;
« 3° Des indicateurs communs et des modalités d’appréciation proportionnées aux différents types de lieux de vie et d’accueil et aux caractéristiques du public accueilli ;
« 4° L’articulation des c […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement, présenté le 27 mai 2026 par Gérald Darmanin (justice), Édouard Geffray (éducation nationale) et Stéphanie Rist (santé et familles), en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée avant une éventuelle commission mixte paritaire) (projet de loi). Une lettre rectificative du 1er juillet 2026 y a ajouté un volet sur les infractions sexuelles commises sur des mineurs. D’après le texte adopté par l’Assemblée :
- un placement décidé par le juge des enfants est limité à un an pour un enfant de moins de 3 ans, deux ans au-delà, renouvelable par décision motivée ;
- l’accueil chez un proche (« tiers digne de confiance ») et chez des assistants familiaux est encouragé, avec une évaluation obligatoire dans les trois mois d’un placement en urgence ;
- toute personne, même bénévole, qui encadre des mineurs fait l’objet d’un contrôle de ses antécédents judiciaires (contrôle d’honorabilité) ;
- une « ordonnance de sûreté de l’enfant » permet au procureur, en urgence, de placer l’enfant, de fixer les droits de visite et d’interdire des contacts, même après une décision du juge aux affaires familiales si un fait nouveau survient ;
- après une plainte pour certaines violences sur mineur, la victime doit être entendue sans délai ; le viol en série sur mineur de 15 ans est puni de la réclusion à perpétuité ; plusieurs crimes sur mineurs deviennent imprescriptibles ;
- l’article 2, qui raccourcissait la procédure de délaissement parental ouvrant la voie à l’adoption, a été supprimé.
Ce que ça change
Rien n’est encore applicable. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, plus de 380 000 enfants et jeunes majeurs sont pris en charge ; fin 2023, 36 % des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance vivaient chez des assistants familiaux, contre 56 % en 2006. Selon l’avis du Conseil d’État (§ 3), les viols en série sur mineurs de 15 ans sont aujourd’hui punis de vingt ans de réclusion.
Ce qui est contesté
Le 21 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte par 378 voix contre 7 (scrutin n° 8430). Les 7 voix contre viennent de la Gauche démocrate et républicaine (5 pour, 5 abstentions). LFI-NFP (69), les Socialistes (63) et la plupart des écologistes (33 abstentions, 3 pour) se sont abstenus. RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Les Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté pour.
- Moyens. Pour LFI-NFP, Marianne Maximi, corapporteure, critique un texte qui « ne coûte rien au gouvernement ni rien au budget ». Ayda Hadizadeh (Socialistes) regrette qu’« il n’alloue pas un seul euro supplémentaire aux enfants placés ».
- Perpétuité. L’article 11 a d’abord été rejeté par 41 voix contre 37, les voix contre venant de LFI-NFP, des Socialistes, des écologistes et de la GDR (scrutin n° 8399), puis rétabli en seconde délibération (nouveau vote demandé par le Gouvernement) par 258 voix contre 84 (scrutin n° 8429). Mathilde Panot (LFI-NFP) estime que « La perpétuité ne protégera pas les enfants » en s’appuyant sur la Ciivise. Les Socialistes proposaient trente ans. Pour le Gouvernement, Aurore Bergé veut qu’il n’y ait « plus d’impunité pour les prédateurs et pour les criminels ». Le Conseil d’État n’y voit pas d’obstacle constitutionnel mais invite à plus de cohérence dans l’échelle des peines (§ 16 et 17).
- Délaissement. L’article 2 a été supprimé par 60 voix contre 59, le RN s’abstenant (scrutin n° 8322). Fatiha Keloua Hachi (Socialistes) craignait des décisions prises « sous la contrainte des carences du système ».
- Soutiens. Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) salue un texte « écrit et enrichi par toutes les sensibilités de cet hémicycle ». Pour le RN, Sophie Blanc juge que le texte « sort incontestablement renforcé de son examen par le Parlement ».
- Selon nos données, l’article 4 (assistants familiaux) a donné lieu à 20 scrutins publics, l’article 10 (enquêtes) à 18 et l’article 1er à 12.
Où en est le texte
Transmis au Sénat le 22 juillet 2026. La commission des lois du Sénat a établi son texte le 21 octobre 2026 (rapporteures Agnès Canayer et Dominique Vérien) ; la discussion en séance est prévue du 27 octobre au 3 novembre 2026 (dossier du Sénat).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2841 rectifié et exposé des motifs (27/05/2026)
- Étude d’impact du projet de loi (27/05/2026)
- Lettre rectificative n° 3000 (01/07/2026)
- Avis du Conseil d’État sur la lettre rectificative (25/06/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 338) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8322 (suppression de l’article 2) (16/07/2026)
- Scrutin n° 8399 (article 11) (17/07/2026)
- Scrutin n° 8429 (rétablissement de l’article 11) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8430 sur l’ensemble (21/07/2026)
- Compte rendu de la deuxième séance du 16 juillet 2026 (16/07/2026)
- Compte rendu de la première séance du 21 juillet 2026 (21/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 34
- Contre
- 25
- Abstention
- 21
- Non-votant
- 2
- Votants
- 80
- Exprimés
- 59
- Majorité requise
- 30
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Abstention | 0 | 0 | 19 | 1 | |
| EPR 91 membres | Contre | 2 | 7 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Contre | 1 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 6 | 2 | 0 | |
| HOR 35 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 20 dans le décompte
Abstention (19) : Christian Girard, Jocelyn Dessigny, Angélique Ranc, Géraldine Grangier, Lisette Pollet, Christine Loir, Sophie Blanc, Béatrice Roullaud, Julien Odoul, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Frédéric Weber, David Magnier, Tiffany Joncour, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 10 dans le décompte
Pour (2) : Olivia Grégoire, Violette Spillebout
Contre (7) : Sylvain Maillard, Pauline Cestrières, Christine Le Nabour, Anne Genetet, Patricia Lemoine, Anthony Brosse, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 17 dans le décompte
Pour (17) : Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Marianne Maximi, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Aurélie Trouvé, Maxime Laisney, Farida Amrani, Karen Erodi, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Zahia Hamdane
Socialistes et apparentés 8 dans le décompte
Pour (8) : Jérôme Guedj, Colette Capdevielle, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Dorine Bregman, Estelle Mercier, Denis Fégné, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Pour (1) : Alix Fruchon
Contre (7) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Christelle Minard, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Nicolas Tryzna
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (5) : Sébastien Peytavie, Jean-Claude Raux, Marie-Charlotte Garin, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 8 dans le décompte
Contre (6) : Erwan Balanant, Sabine Thillaye, Perrine Goulet, Blandine Brocard, Sabine Gervais, Delphine Lingemann
Abstention (2) : Maud Petit, Hubert Ott
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Contre (5) : Agnès Firmin Le Bodo, Charlotte Parmentier-Lecocq, Christophe Plassard (ancien député), Véronique Ludmann, Nathalie Colin-Oesterlé
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Yannick Monnet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin