Votes · Scrutin n° 8391 · 17 juillet 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 169 de Mme Bonnivard et les amendements identiques suivants à l'article 8 bis du projet de loi relatif à la protection des enfants (première lecture).
Dossier : Projet de loi relatif à la protection des enfants · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire" Président du groupe "Droite Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 8 bis
- Texte
- Projet de loi relatif à la protection des enfants Projet de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Bonnivard et 18 cosignataires (DR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Cet amendement vise à préciser la place de l’enfant dans la conférence familiale.
La rédaction proposée par l’amendement initial conditionne la participation du mineur concerné à son âge et à son degré de maturité, ce qui est légitime. Toutefois, une telle formulation peut laisser entendre que certains enfants pourraient être exclus du principe même de participation à leur conférence familiale en raison de leur âge ou de leur niveau de maturité.
Or, dans une conférence familiale, l’enfant – même bébé – est la personne centrale. La conférence familiale est organisée autour de ses besoins, de sa sécurité, de ses liens et de son parcours. Il ne s’agit donc pas de déterminer si l’enfant est ou non concerné par la conférence : il l’est nécessairement.
En revanche, les modalités concrètes de sa participation doivent être adaptées. Il revient au coordinateur formé et indépendant de préparer cette participation avec l’enfant, ses parents et, le cas échéant, les personnes qui l’accompagnent, afin de déterminer les conditions les plus protectrices et les plus adaptées : présence à tout ou partie de la conférence, expression directe, soutien par une personne de confiance ou préparation préalable de sa parole. L’âge, le degré de maturité et les capacités de compréhension ou de communication de l’enfant ne doivent donc pas conditionner son statut de partie prenante à la conférence familiale. Ils doivent uniquement guider l’aménagement des modalités de sa participation.
L’âge, le degré de maturité et les capacités de compréhension ou de communication de l’enfant ne doivent donc pas conditionner son statut de partie prenante à la conférence familiale. Ils doivent uniquement guider l’aménagement des modalités de sa participation.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À la seconde phrase de l’alinéa 2, substituer aux mots :
« en fonction de son âge et de »,
les mots :
« selon des modalités de participation adaptées à son âge et à ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Projet de loi du Gouvernement, présenté le 27 mai 2026 par Gérald Darmanin (justice), Édouard Geffray (éducation nationale) et Stéphanie Rist (santé et familles), en procédure accélérée (une seule lecture par assemblée avant une éventuelle commission mixte paritaire) (projet de loi). Une lettre rectificative du 1er juillet 2026 y a ajouté un volet sur les infractions sexuelles commises sur des mineurs. D’après le texte adopté par l’Assemblée :
- un placement décidé par le juge des enfants est limité à un an pour un enfant de moins de 3 ans, deux ans au-delà, renouvelable par décision motivée ;
- l’accueil chez un proche (« tiers digne de confiance ») et chez des assistants familiaux est encouragé, avec une évaluation obligatoire dans les trois mois d’un placement en urgence ;
- toute personne, même bénévole, qui encadre des mineurs fait l’objet d’un contrôle de ses antécédents judiciaires (contrôle d’honorabilité) ;
- une « ordonnance de sûreté de l’enfant » permet au procureur, en urgence, de placer l’enfant, de fixer les droits de visite et d’interdire des contacts, même après une décision du juge aux affaires familiales si un fait nouveau survient ;
- après une plainte pour certaines violences sur mineur, la victime doit être entendue sans délai ; le viol en série sur mineur de 15 ans est puni de la réclusion à perpétuité ; plusieurs crimes sur mineurs deviennent imprescriptibles ;
- l’article 2, qui raccourcissait la procédure de délaissement parental ouvrant la voie à l’adoption, a été supprimé.
Ce que ça change
Rien n’est encore applicable. Selon l’étude d’impact du Gouvernement, plus de 380 000 enfants et jeunes majeurs sont pris en charge ; fin 2023, 36 % des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance vivaient chez des assistants familiaux, contre 56 % en 2006. Selon l’avis du Conseil d’État (§ 3), les viols en série sur mineurs de 15 ans sont aujourd’hui punis de vingt ans de réclusion.
Ce qui est contesté
Le 21 juillet 2026, l’Assemblée a adopté le texte par 378 voix contre 7 (scrutin n° 8430). Les 7 voix contre viennent de la Gauche démocrate et républicaine (5 pour, 5 abstentions). LFI-NFP (69), les Socialistes (63) et la plupart des écologistes (33 abstentions, 3 pour) se sont abstenus. RN, Ensemble pour la République, Droite républicaine, Les Démocrates, Horizons, LIOT et UDR ont voté pour.
- Moyens. Pour LFI-NFP, Marianne Maximi, corapporteure, critique un texte qui « ne coûte rien au gouvernement ni rien au budget ». Ayda Hadizadeh (Socialistes) regrette qu’« il n’alloue pas un seul euro supplémentaire aux enfants placés ».
- Perpétuité. L’article 11 a d’abord été rejeté par 41 voix contre 37, les voix contre venant de LFI-NFP, des Socialistes, des écologistes et de la GDR (scrutin n° 8399), puis rétabli en seconde délibération (nouveau vote demandé par le Gouvernement) par 258 voix contre 84 (scrutin n° 8429). Mathilde Panot (LFI-NFP) estime que « La perpétuité ne protégera pas les enfants » en s’appuyant sur la Ciivise. Les Socialistes proposaient trente ans. Pour le Gouvernement, Aurore Bergé veut qu’il n’y ait « plus d’impunité pour les prédateurs et pour les criminels ». Le Conseil d’État n’y voit pas d’obstacle constitutionnel mais invite à plus de cohérence dans l’échelle des peines (§ 16 et 17).
- Délaissement. L’article 2 a été supprimé par 60 voix contre 59, le RN s’abstenant (scrutin n° 8322). Fatiha Keloua Hachi (Socialistes) craignait des décisions prises « sous la contrainte des carences du système ».
- Soutiens. Nathalie Colin-Oesterlé (Horizons) salue un texte « écrit et enrichi par toutes les sensibilités de cet hémicycle ». Pour le RN, Sophie Blanc juge que le texte « sort incontestablement renforcé de son examen par le Parlement ».
- Selon nos données, l’article 4 (assistants familiaux) a donné lieu à 20 scrutins publics, l’article 10 (enquêtes) à 18 et l’article 1er à 12.
Où en est le texte
Transmis au Sénat le 22 juillet 2026. La commission des lois du Sénat a établi son texte le 21 octobre 2026 (rapporteures Agnès Canayer et Dominique Vérien) ; la discussion en séance est prévue du 27 octobre au 3 novembre 2026 (dossier du Sénat).
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (24/10/2026)
- Sénat, dossier législatif (24/10/2026)
- Projet de loi n° 2841 rectifié et exposé des motifs (27/05/2026)
- Étude d’impact du projet de loi (27/05/2026)
- Lettre rectificative n° 3000 (01/07/2026)
- Avis du Conseil d’État sur la lettre rectificative (25/06/2026)
- Texte adopté par l’Assemblée (T.A. n° 338) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8322 (suppression de l’article 2) (16/07/2026)
- Scrutin n° 8399 (article 11) (17/07/2026)
- Scrutin n° 8429 (rétablissement de l’article 11) (21/07/2026)
- Scrutin n° 8430 sur l’ensemble (21/07/2026)
- Compte rendu de la deuxième séance du 16 juillet 2026 (16/07/2026)
- Compte rendu de la première séance du 21 juillet 2026 (21/07/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 88
- Contre
- 0
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 2
- Votants
- 88
- Exprimés
- 88
- Majorité requise
- 45
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 122 membres | Pour | 20 | 0 | 0 | 1 | |
| EPR 91 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 71 membres | Pour | 19 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 68 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 48 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 35 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 10 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 21 dans le décompte
Pour (20) : Christian Girard, Angélique Ranc, Géraldine Grangier, Lisette Pollet, Christine Loir, Philippe Ballard, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Julien Odoul, Marine Hamelet, Philippe Lottiaux, Gabriel Tomatis, Alexandre Dufosset, Emmanuel Fouquart, Manon Bouquin (ancien député), Pascal Jenft, Maxime Amblard, David Magnier, Tiffany Joncour, Catherine Rimbert
Non-votant (1) : Sébastien Chenu
Ensemble pour la République 11 dans le décompte
Pour (10) : Pauline Cestrières, Liliana Tanguy, Christine Le Nabour, Anne Genetet, Pieyre-Alexandre Anglade, Patricia Lemoine, Anthony Brosse, Charles Rodwell, Laure Miller, Anne-Sophie Ronceret
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 19 dans le décompte
Pour (19) : Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Danièle Obono, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Nathalie Oziol, Marianne Maximi, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Maxime Laisney, Farida Amrani, Paul Vannier, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, Marie Mesmeur, Zahia Hamdane, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 9 dans le décompte
Pour (9) : Jérôme Guedj, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Isabelle Santiago, Dorine Bregman, Estelle Mercier, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 10 dans le décompte
Pour (10) : Jean-Yves Bony, Vincent Rolland, Christelle Minard, Valérie Bazin-Malgras (ancien député), Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Anne-Laure Blin, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Alix Fruchon, Nicolas Tryzna
Écologiste et Social 3 dans le décompte
Pour (3) : Marie-Charlotte Garin, Arnaud Bonnet, Julie Ozenne
Les Démocrates 11 dans le décompte
Pour (11) : Erwan Balanant, Sabine Thillaye, Perrine Goulet, Frédéric Petit, Maud Petit, Blandine Brocard, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Delphine Lingemann, Hubert Ott, Pascal Lecamp
Horizons & Indépendants 3 dans le décompte
Pour (3) : Agnès Firmin Le Bodo, Christophe Plassard (ancien député), Nathalie Colin-Oesterlé
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Pour (1) : Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Stéphane Peu, Yannick Monnet
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin