Votes · Scrutin n° 8437 · 1 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 371 de Mme Cathala à l'article 5 (examen prioritaire) de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 5
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Cathala et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, les député.es du groupe LFI souhaitent préciser la modalité de nomination des magistrats spécialisés en matière de violence sexuelle et intrafamiliale (VSI) et leur rôle au sein des pôles VSI.
La loi organique prévoit la nomination à la fonction spécifique de juge VSI par décret, selon les modalités classiques de l'article 28 de l'ordonnance n° 58-1270 du 22 décembre 1958 portant loi organique relative au statut de la magistrature. La loi ordinaire prévoit, quant à elle, que le président du tribunal judiciaire "désigne un juge des violences sexuelles et intrafamiliales".
Il y aurait donc deux modalités de désignation d’un juge VSI au sein du tribunal, soit par décret, soit par désignation du président.
Nous souhaitons ici supprimer la désignation par le président du tribunal judiciaire pour plusieurs raisons.
D’une part, la désignation par le président implique de désigner un magistrat parmi les effectifs déjà présents au sein du tribunal. Il n’y a donc pas de création de postes supplémentaires.
D’autre part, le magistrat ainsi désigné aura été nommé à une autre fonction (juge d’instruction, juge d’application des peines, etc.). Ce qui implique que la désignation lui donnera une double casquette, au détriment d’au moins une de ses fonctions.
Par conséquent, nous proposons de préciser la portée de la désignation. La désignation ne concerne que les magistrats coordonnateurs des pôles VSI. Ces magistrats ne peuvent être désignés que parmi les magistrats VSI nommés par décret au sein du tribunal judiciaire. En proposant cela, nous garantissons que des postes spécifiques de juges VSI soient établis au sein des tribunaux judiciaires et que les pôles VSI soient coordonnés par ces magistrats spécialement formés.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – A la fin de l’alinéa 23, substituer aux mots :
« et le procureur de la République près cette juridiction désignent respectivement un juge des violences sexuelles et intrafamiliales, dénommé « magistrat du siège coordonnateur en matière de violences sexuelles et intrafamiliales », après avis de l’assemblée générale des magistrats du siège, et un magistrat du parquet coordonnateur en matière de violences sexuelles et intrafamiliales, après avis de l’assemblée générale des magistrats du parquet, pour sélectionner les dossiers relevant de la compétence du tribunal des violences sexuelles et intrafamiliales et coordonner, chacun pour ce qui les concerne, l’activité en matière de violences sexuelles et intrafamiliales au sein de la juridiction »
les mots :
« désigne un magistrat du siège coordonnateur en matière de violences sexuelles et intrafamiliales parmi les juges des violences sexue […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 5 : 7 scrutins publics, dont 4 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 77
- Contre
- 86
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 2
- Votants
- 164
- Exprimés
- 163
- Majorité requise
- 82
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Contre | 0 | 28 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 26 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 28 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 67 membres | Pour | 28 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 14 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 1 | 1 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 3 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 28 dans le décompte
Contre (28) : Marie-France Lorho, Nicolas Dragon, José Beaurain, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Thomas Ménagé, Kévin Pfeffer, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Gabriel Tomatis, Guillaume Florquin, Édouard Jordan, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Julien Gabarron, Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Marc de Fleurian, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Ensemble pour la République 27 dans le décompte
Contre (26) : Stéphane Travert, Vincent Ledoux, Pauline Cestrières, Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Sophie Panonacle, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Olivia Grégoire, Jean-Luc Fugit, Agnès Pannier-Runacher, Chantal Bouloux, Marie-Sophie Bernadeau, Alexandra Martin (Gironde), Anthony Brosse, Violette Spillebout, Caroline Yadan, Christopher Weissberg, Nathalie Coggia, Yannick Chenevard, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Emmanuelle Hoffman, Danièle Carteron, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 28 dans le décompte
Pour (28) : Élisa Martin, Mathilde Panot, Jean-Hugues Ratenon, Danièle Obono, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Hadrien Clouet, Anne Stambach-Terrenoir, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Marianne Maximi, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Maxime Laisney, Carlos Martens Bilongo, Arnaud Le Gall, Karen Erodi, Thomas Portes, Mathilde Feld, Shéhérazade Bentorki, Anaïs Belouassa-Cherifi, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 28 dans le décompte
Pour (28) : Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Joël Aviragnet, Philippe Naillet, Isabelle Santiago, Anna Pic, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Dorine Bregman, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Pierrick Courbon, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Contre (11) : Vincent Rolland, Vincent Descoeur, Eric Liégeon, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Jean-Yves Bonnefoy, Emeline Rey-Rinchet, Cendrine Chazé, Nicolas Tryzna, Lionel Duparay
Écologiste et Social 14 dans le décompte
Pour (14) : Clémentine Autain, Alexis Corbière, Sébastien Peytavie, Jérémie Iordanoff, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Lisa Belluco, Benjamin Lucas-Lundy, Sabrina Sebaihi, Danielle Simonnet, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave, Julie Ozenne
Les Démocrates 9 dans le décompte
Contre (9) : Erwan Balanant, Sandrine Josso, Perrine Goulet, Maud Petit, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Delphine Lingemann, Louise Morel, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 10 dans le décompte
Contre (8) : Bertrand Bouyx, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, François Gernigon, Pierre Marle, Véronique Ludmann, Dominique Paillat, Benoît Blanchard
Abstention (1) : Michel Criaud
Non-votant (1) : Marie-Agnès Poussier-Winsback
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 5 dans le décompte
Pour (3) : Audrey Abadie-Amiel, David Taupiac, Stéphane Lenormand
Contre (2) : Stéphane Viry, Constance de Pélichy
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Christelle D'Intorni, Matthieu Bloch
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Pour (4) : Soumya Bourouaha, Elsa Faucillon, Karine Lebon, Mereana Reid Arbelot
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin