Votes · Scrutin n° 8443 · 2 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 778 de Mme Simonnet à l'article premier de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Président du groupe "Gauche Démocrate et Républicaine"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article premier
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Simonnet et 35 cosignataires (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe écologiste et social souhaite réaffirmer que la protection contre les violences sexistes et sexuelles doit s’appliquer à toutes et tous, sans distinction de nationalité ou de situation administrative.
Les violences sexistes et sexuelles peuvent toucher toutes les femmes, quels que soient leur classe sociale, leur niveau d’éducation, leur nationalité, leur religion, leur orientation sexuelle ou leur situation personnelle. Pourtant, en France, les femmes étrangères sont davantage exposées à ces violences et rencontrent souvent des obstacles supplémentaires pour y échapper, accéder à leurs droits et obtenir justice.
Comme toutes les femmes, elles sont confrontées à un continuum de violences sexistes et sexuelles, qui peuvent se produire aussi bien dans la sphère privée et intime que dans l’espace public, les transports ou encore le monde du travail. Leur situation est toutefois marquée par l’imbrication de ces violences avec d’autres formes de discrimination et de vulnérabilité, notamment celles liées à leur situation administrative. Cette situation peut les exposer davantage au risque de victimisation secondaire lorsqu’elles entreprennent des démarches pour faire valoir leurs droits ou porter plainte.
Aux violences commises par les agresseurs peuvent ainsi s’ajouter des violences institutionnelles, lorsque les politiques et pratiques administratives contribuent à fragiliser davantage les femmes victimes au lieu de garantir leur protection. L’application de certaines politiques migratoires peut ainsi entrer en contradiction avec les objectifs de lutte contre les violences sexistes et sexuelles et renforcer les situations de dépendance et de vulnérabilité dans lesquelles se trouvent ces femmes. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À l’alinéa 3, après le mot :
« section »,
insérer les mots :
« , qu’elles soient commises à l’encontre d’une personne de nationalité française, de nationalité étrangère en situation régulière ou de nationalité étrangère en situation irrégulière sur le territoire français, ».
II. – En conséquence, compléter l’alinéa 9 par les mots :
« , que ces infractions soient commises à l’encontre d’une personne nationalité française, de nationalité étrangère en situation régulière ou de nationalité étrangère en situation irrégulière sur le territoire français ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 44
- Contre
- 51
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 1
- Votants
- 96
- Exprimés
- 95
- Majorité requise
- 48
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Contre | 0 | 12 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 67 membres | Pour | 19 | 0 | 1 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 12 dans le décompte
Contre (12) : Christian Girard, José Beaurain, Emmanuel Taché, Lisette Pollet, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Thierry Perez, Julien Guibert, David Magnier, Marc de Fleurian, Jonathan Gery, Tiffany Joncour
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Contre (20) : Vincent Ledoux, Sylvain Maillard, Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Sophie Panonacle, Brigitte Liso, Guillaume Gouffier Valente, Olivia Grégoire, Chantal Bouloux, Marie-Sophie Bernadeau, Alexandra Martin (Gironde), Anthony Brosse, Caroline Yadan, Christopher Weissberg, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Emmanuelle Hoffman, Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 15 dans le décompte
Pour (15) : Jean-Hugues Ratenon, Manuel Bompard, Murielle Lepvraud, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Matthias Tavel, Élise Leboucher, Clémence Guetté, Maxime Laisney, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, Bérenger Cernon, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 20 dans le décompte
Pour (19) : Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Gérard Leseul, Isabelle Santiago, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Abstention (1) : Céline Thiébault-Martinez
Droite Républicaine 9 dans le décompte
Contre (9) : Vincent Rolland, Eric Liégeon, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Jean-Yves Bonnefoy, Emeline Rey-Rinchet, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (8) : Clémentine Autain, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Sébastien Peytavie, Jérémie Iordanoff, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau
Les Démocrates 3 dans le décompte
Contre (3) : Sandrine Josso, Sabine Gervais, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 2 dans le décompte
Contre (2) : Bertrand Bouyx, Isabelle Rauch
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Audrey Abadie-Amiel, David Taupiac, Constance de Pélichy
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Pour (2) : Elsa Faucillon, Karine Lebon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin