Votes · Scrutin n° 8451 · 2 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 289 de Mme Legrain à l'article 2 de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Legrain et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe de la France insoumise propose que l'Autorité de lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales inclue parmi ses membres des associations d'accompagnement des victimes issues des territoires ultramarins.
Notre groupe salue la création d'une Autorité dédiée à la lutte contre les VSS et les VIF, demandée par la coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale. Celle-ci ne doit cependant pas représenter une nouvelle aubaine pour l'Etat pour se défausser de ses responsabilités.
Outre des parlementaires, des magistrats, des experts médico‑psychologiques, des chercheurs et des représentants des collectivités ultramarines, nous considérons qu'une telle institution devra inclure parmi ses membres des représentants d’associations, y compris issues de ces collectivités.
En 2018, une femme sur cinq était en situation de violences conjugales en Martinique et en Guadeloupe, selon l’INED. Le chiffre est trois fois plus élevé qu’en France hexagonale. Dans de nombreux cas, les violences conjugales se caractérisent par des violences sexuelles.
Les DROM sont également en tête des départements enregistrant le plus fort taux de victimes de violences dans le couple, selon le ministère de l’Intérieur. 11% des féminicides ont lieu en outre-mer alors que seule 4% de la population y réside selon le CESE.
Le contexte économique qui frappe de plein fouet ces territoires et la casse concomitante des services publics – qui résultent de choix politiques, freinent mécaniquement les départs du domicile. Ainsi, à La Réunion et spécifiquement à Saint-Denis, le prix du loyer est 9% plus élevé que sur la moyenne de l’Hexagone. Le taux de chômage y atteint 19 %, contre 8 % en Hexagone. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
À l’alinéa 3, après le mot :
« associations, »
insérer les mots :
« y compris d’associations issues des collectivités régies par les articles 73 et 74 de la Constitution ainsi que de la Nouvelle‑Calédonie, ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 14 scrutins publics, dont 3 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 59
- Contre
- 66
- Abstention
- 0
- Non-votant
- 1
- Votants
- 125
- Exprimés
- 125
- Majorité requise
- 63
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 23 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 67 membres | Contre | 3 | 18 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 9 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 21 dans le décompte
Pour (21) : Nicolas Dragon, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Emmanuel Taché, Lisette Pollet, Thomas Ménagé, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Yaël Ménaché, Philippe Lottiaux, Thierry Perez, Julien Guibert, David Magnier, Théo Bernhardt, Jonathan Gery, Tiffany Joncour, Anne Sicard
Ensemble pour la République 24 dans le décompte
Contre (23) : Vincent Ledoux, Sylvain Maillard, Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Sophie Panonacle, Brigitte Liso, Guillaume Gouffier Valente, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Chantal Bouloux, Marie-Sophie Bernadeau, Alexandra Martin (Gironde), Anthony Brosse, Caroline Yadan, Christopher Weissberg, Sandrine Lalanne, Nathalie Coggia, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Emmanuelle Hoffman, Christophe Mongardien, Vincent Caure
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 21 dans le décompte
Pour (21) : Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Murielle Lepvraud, Anne Stambach-Terrenoir, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Matthias Tavel, Élise Leboucher, Clémence Guetté, Maxime Laisney, Antoine Léaument, Karen Erodi, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Pierre-Yves Cadalen, Mathilde Feld, Anaïs Belouassa-Cherifi, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Pour (3) : Philippe Naillet, Estelle Mercier, Ayda Hadizadeh
Contre (18) : Marie-Noëlle Battistel, Laurent Baumel, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Joël Aviragnet, Isabelle Santiago, Dorine Bregman, Marie-José Allemand, Valérie Rossi, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Arnaud Simion, Sébastien Saint-Pasteur, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (8) : Vincent Rolland, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Jean-Yves Bonnefoy, Emeline Rey-Rinchet, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Pour (9) : Clémentine Autain, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Sébastien Peytavie, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Arnaud Bonnet
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Sandrine Josso, Delphine Lingemann, Louise Morel, Éric Martineau, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (8) : Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Pierre Marle, Véronique Ludmann, Frédéric Valletoux, Dominique Paillat, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Contre (4) : Audrey Abadie-Amiel, David Taupiac, Stéphane Lenormand, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Elsa Faucillon, Karine Lebon, Frédéric Maillot
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Pour (2) : Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin