Votes · Scrutin n° 8460 · 2 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 352 de Mme Amiot à l'article 2 de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 2
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Amiot et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe La France insoumise veut s’assurer que le nécessaire appui des centres territoriaux LGBTI aux travaux de l’Autorité de lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales, puisse trouver une équivalence aux sein des observatoires territoriaux implantés dans les territoires ultramarins.
La tenue de la première Global Black Pride européenne à Paris le 12 septembre 2026 a mis en avant plusieurs associations ultramarines de lutte contre les VSS comme le BiFwi Centre LGBT, Kréyòl Pride, Trans’Actions Guadeloupe, Kaz’Avenir de Guyane et Pilon de La Réunion. En effet, les violences sexistes et sexuelles se produisent partout en France, y compris dans les territoires ultramarins, et il existe un dense tissu associatif en première ligne pour lutter contre ce fléau directement issu du système de domination patriarcal.
Le fondateur de l’association Pilon à La Réunion témoignait de la difficulté pour les personnes LGBTI à vivre sereinement à La Réunion. L’organisatrice de la Global Black Pride de Paris, Marame Kane, rappelait quant à elle l'urgence de connaître le nombre de personnes victimes des thérapies de conversions en France hexagonale comme dans les Outre-mer, ou encore l’importance de penser l’impact des mouvements anti-genres pour les populations noires LGBT.
Cet amendement, travaillé avec STOP Homophobie, vise à affirmer l’importance d’associer les centres territoriaux et les associations LGBTI ultramarins, dont le maillage territorial se développe, aux travaux des observatoires territoriaux des violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter l’alinéa 9 par la phrase suivante :
« L’observatoire territorial associe à ses travaux les centres et les associations implantés dans les territoires ultramarins chargés de la promotion des droits des victimes de violences fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 2 : 14 scrutins publics, dont 3 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 31
- Contre
- 70
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 1
- Votants
- 102
- Exprimés
- 101
- Majorité requise
- 51
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 67 membres | Contre | 2 | 15 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 4 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 17 dans le décompte
Contre (17) : Nicolas Dragon, Emmanuel Taché, Lisette Pollet, Thomas Ménagé, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Philippe Lottiaux, Julien Guibert, David Magnier, Théo Bernhardt, Tiffany Joncour, Anne Sicard, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 18 dans le décompte
Contre (17) : Vincent Ledoux, Sylvain Maillard, Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Sophie Panonacle, Brigitte Liso, Marie-Sophie Bernadeau, Alexandra Martin (Gironde), Anthony Brosse, Caroline Yadan, Christopher Weissberg, Sandrine Lalanne, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Laure Miller, Emmanuelle Hoffman, Christophe Mongardien
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 17 dans le décompte
Pour (17) : Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Aurélie Trouvé, Clémence Guetté, Maxime Laisney, Karen Erodi, Thomas Portes, Perceval Gaillard, Mathilde Feld, Anaïs Belouassa-Cherifi, Arnaud Saint-Martin, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 17 dans le décompte
Pour (2) : Joël Aviragnet, Christian Baptiste
Contre (15) : Marie-Noëlle Battistel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Dorine Bregman, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Contre (7) : Vincent Rolland, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Jean-Yves Bonnefoy, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 11 dans le décompte
Pour (11) : Clémentine Autain, Pouria Amirshahi, Alexis Corbière, Sébastien Peytavie, Cyrielle Chatelain, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Lisa Belluco, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (4) : Sandrine Josso, Sabine Gervais, Laurent Croizier, Anne Bergantz
Abstention (1) : Maud Petit
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Contre (5) : Isabelle Rauch, Béatrice Piron, Pierre Marle, Dominique Paillat, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Audrey Abadie-Amiel, David Taupiac, Estelle Youssouffa
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Contre (2) : Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Pour (1) : Elsa Faucillon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin