Votes · Scrutin n° 8479 · 2 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1047 de Mme Firmin Le Bodo à l'article 7 de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Président du groupe "Horizons & Indépendants"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 7
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Firmin Le Bodo et 20 cosignataires (HOR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
L’article 7 poursuit un objectif légitime : garantir que les expertises médico-psychologiques portant sur des victimes de violences sexuelles, sexistes ou intrafamiliales reposent sur des connaissances actualisées et des méthodes scientifiquement validées. Les moyens retenus appellent toutefois deux réserves.
D’une part, l’article subordonne la réalisation de ces expertises à la délivrance d’un agrément « violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales » par l’Autorité de lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales. Ce dispositif superpose une procédure administrative nouvelle à un régime d’inscription et de contrôle qui en comporte déjà plusieurs : inscription sur les listes de cour d’appel ou sur la liste nationale, réinscription périodique après avis d’une commission, régime disciplinaire propre. Il emporte en outre un risque opérationnel, le nombre d’experts psychologues inscrits étant insuffisant dans de nombreux ressorts.
Le présent amendement substitue en conséquence à l’exigence d’agrément une exigence de formation, dont les conditions sont déterminées par décret en Conseil d’État. L’objectif poursuivi est préservé, sans création d’une procédure administrative supplémentaire. L’exigence d’une compétence spécifique pour l’expertise des mineurs, introduite en commission, est maintenue sous la forme d’une formation complémentaire.
D’autre part, l’article 7 sanctionne par la nullité la désignation d’un expert ne satisfaisant pas à cette condition. Une telle sanction n’apparaît ni nécessaire, ni proportionnée. Elle fait porter à la procédure, et donc à la victime, les conséquences d’une irrégularité imputable au choix du magistrat, en imposant la reprise des opérations d’expertise et, le plus souvent, un nouvel examen. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – À l’alinéa 2, substituer aux mots :
« agréé dans les conditions prévues »
le mot :
« mentionné ».
II. – En conséquence, à la première phrase de l’alinéa 5, supprimer les mots :
« , à peine de nullité, ».
III. – En conséquence, à la même première phrase du même alinéa 5, substituer aux mots :
« agréés dans les conditions prévues »
le mot :
« mentionnés ».
IV. – En conséquence, à la fin de l’avant-dernière phrase du même alinéa 5, substituer aux mots :
« bénéficiant pas de cet agrément »
les mots :
« remplissant pas cette condition ».
V. – En conséquence, à la seconde phrase de l’alinéa 12, substituer aux mots :
« agréé dans les conditions prévues »
le mot :
« mentionné ».
VI. – En conséquence, à l’alinéa 16, substituer aux mots :
« agréés au titre de »
les mots :
« mentionnés à ».
VII. […]
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 38
- Contre
- 25
- Abstention
- 7
- Non-votant
- 2
- Votants
- 70
- Exprimés
- 63
- Majorité requise
- 32
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Pour | 11 | 2 | 1 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Abstention | 0 | 0 | 6 | 1 | |
| SOC 67 membres | Contre | 2 | 12 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 1 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 15 dans le décompte
Pour (15) : Nicolas Dragon, José Beaurain, Angélique Ranc, Lisette Pollet, Christine Loir, Yoann Gillet, Thomas Ménagé, Caroline Parmentier, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Philippe Lottiaux, Julien Guibert, Maxime Amblard, David Magnier
Ensemble pour la République 15 dans le décompte
Pour (11) : Vincent Ledoux, Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Sophie Panonacle, Brigitte Liso, Véronique Riotton, Alexandra Martin (Gironde), Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Nathalie Coggia, Christophe Mongardien
Contre (2) : Anthony Brosse, Christopher Weissberg
Abstention (1) : Laure Miller
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 7 dans le décompte
Abstention (6) : Jean-Hugues Ratenon, Sophia Chikirou, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Ségolène Amiot, Anaïs Belouassa-Cherifi
Non-votant (1) : Clémence Guetté
Socialistes et apparentés 14 dans le décompte
Pour (2) : Jérôme Guedj, Ayda Hadizadeh
Contre (12) : Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Christian Baptiste, Isabelle Santiago, Marie-José Allemand, Paul Christophle, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 4 dans le décompte
Pour (4) : Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Alix Fruchon, Lionel Duparay
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Contre (7) : Clémentine Autain, Sébastien Peytavie, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Boris Tavernier, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 1 dans le décompte
Pour (1) : Sabine Gervais
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Pour (4) : Bertrand Bouyx, Laetitia Saint-Paul, Béatrice Piron, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 4 dans le décompte
Pour (1) : Stéphane Lenormand
Contre (3) : Audrey Abadie-Amiel, David Taupiac, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Mereana Reid Arbelot
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin