Votes · Scrutin n° 8527 · 5 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 336 de Mme Cathala à l'article 3 de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 3
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Cathala et 68 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe de la France insoumise souhaite que l'obligation de formation continue soit un préalable pré-requis pour tout agent ou officier destiné à être affecté à une de ces services et unités spécialisés.
Nous saluons la proposition, portée par la coalition d'associations féministes et enfantistes, de créer des unités spécialisés au sein de la police judiciaire chargées de diligenter les enquêtes et informations portant sur des faits de VSS ou de VIF. Nous saluons de même les nouvelles obligations de formation crées par cet article.
Il est cependant nécessaire que les modules de formation sur les VSS et les VIF dispensés dans le cadre de la formation continue le soient préalablement à toute affectation à une de ces unités. Aujourd'hui, de telles formations interviennent la plupart du temps au fil de la carrière, ce qui n'est pas satisfaisant.
Notre groupe alerte cependant : sans moyens budgétaires nécessaires, la mise en œuvre de telles formations restera un vœu pieux.
Les faits sont là : si la formation des agents sur les VSS et VIF a été renforcée depuis 2019, notamment dans le cadre de la formation initiale qui est obligatoire (plus de 180 000 policiers et gendarmes ont été formés entre 2020 et 2025 à la prise en charge des victimes de VIF selon le Gouvernement), cela demeure insuffisant faute de moyens budgétaires dédiés.
Entre 2025 et 2024, à peine 150 agents de gendarmerie et de police nationales ont été formés en moyenne à la formation en présentiel dispensée dans le cadre de la formation continue, à ce jour non obligatoire, pour tous les agents qui peuvent être en contact avec le public. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter l’alinéa 3 par les mots :
« dont les membres ont préalablement satisfait aux obligations de formation prévues par l’article 15‑1 du code de procédure pénale. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 3 : 10 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 17
- Contre
- 72
- Abstention
- 51
- Non-votant
- 1
- Votants
- 140
- Exprimés
- 89
- Majorité requise
- 45
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Abstention | 0 | 0 | 43 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 26 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 11 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 67 membres | Contre | 0 | 18 | 8 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 4 | 2 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 43 dans le décompte
Abstention (43) : Emmanuel Blairy, Bruno Bilde, Frédéric Falcon, Cyril Tribuiani, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Pierre Meurin, Stéphanie Galzy, Alexis Jolly, Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Philippe Lottiaux, Bruno Clavet, Édouard Jordan, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Julien Gabarron, Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Auguste Evrard, Aurélien Dutremble, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 27 dans le décompte
Contre (26) : Brigitte Klinkert, Vincent Ledoux, Pauline Cestrières, François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Brigitte Liso, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Olivia Grégoire, Marie-Sophie Bernadeau, Alexandra Martin (Gironde), Anthony Brosse, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Caroline Yadan, Christopher Weissberg, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 11 dans le décompte
Pour (11) : Mathilde Panot, Danièle Obono, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Thomas Portes, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 26 dans le décompte
Contre (18) : Jérôme Guedj, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Iñaki Echaniz, Dorine Bregman, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi
Abstention (8) : Pascale Got, Dominique Potier, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Isabelle Santiago, Mickaël Bouloux, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Contre (7) : Virginie Duby-Muller, Julien Dive, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 6 dans le décompte
Pour (4) : Clémentine Autain, Sébastien Peytavie, Sandrine Rousseau, Karim Ben Cheikh
Contre (2) : Marie-Charlotte Garin, Catherine Hervieu
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Erwan Balanant, Sandrine Josso, Perrine Goulet, Maud Petit, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (7) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, François Gernigon, Philippe Fait, Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Audrey Abadie-Amiel, David Taupiac, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (2) : Soumya Bourouaha, Karine Lebon
Contre (1) : Yannick Monnet
Union des droites pour la République 3 dans le décompte
Contre (3) : Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot, Antoine Valentin
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin