Votes · Scrutin n° 8529 · 5 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1096 de Mme Miller et l'amendement identique suivant à l'article 3 de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Président du groupe "Horizons & Indépendants"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 3
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Miller et Mme Martin (Gironde) (EPR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à préciser que la méconnaissance des dispositions de l’article 3 relatives à l’obligation de saisine des unités et services spécialisés, de création des unités et services spécialisés ainsi que l’obligation de formation des officiers et agents de police judiciaire, n’est pas sanctionnée par une nullité de la procédure pénale.
Au regard des enjeux capacitaires, les services spécialisés et la formation de l’ensemble des policiers et des gendarmes ne pourront pas être pleinement déployés dès la promulgation de la loi. Il ne pourra pas être garanti que la prise de plainte ou la réalisation d’un acte d’investigation soit confiée à un agent appartenant à un service spécialisé ou non spécialement formé à cet effet.
Dès lors, il est essentiel de prévoir que la possibilité que la méconnaissance de ces nouvelles formalités introduites par l’article 3 de la présente proposition de loi ne puisse constituer une cause de nullité de la procédure pénale. Sans une telle précision, l’ensemble de la procédure pénale pourrait être fragilisée, ce qui serait préjudiciable pour les victimes.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Compléter l’alinéa 3 par la phrase suivante :
« Le non-respect de ces dispositions ne constitue pas une cause de nullité de la procédure. »
II. – En conséquence, compléter l’alinéa 4 par la phrase suivante :
« Le non-respect de ces dispositions ne constitue pas une cause de nullité de la procédure. »
III. – En conséquence, compléter cet article par l’alinéa suivant :
« Le non-respect du présent article ne constitue pas une cause de nullité de la procédure. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 3 : 10 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 73
- Contre
- 38
- Abstention
- 13
- Non-votant
- 1
- Votants
- 124
- Exprimés
- 111
- Majorité requise
- 56
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Pour | 43 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Pour | 12 | 8 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Abstention | 0 | 0 | 11 | 0 | |
| SOC 67 membres | Pour | 13 | 11 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 7 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 1 | 4 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 3 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 4 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 43 dans le décompte
Pour (43) : Bruno Bilde, Jocelyn Dessigny, Frédéric Falcon, Cyril Tribuiani, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Stéphanie Galzy, Alexis Jolly, Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Yaël Ménaché, Philippe Lottiaux, Bruno Clavet, Édouard Jordan, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Florence Joubert, Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Auguste Evrard, Aurélien Dutremble, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Pour (12) : Brigitte Klinkert, Vincent Ledoux, Guillaume Kasbarian, Liliana Tanguy, Brigitte Liso, Véronique Riotton, Caroline Yadan, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Yannick Chenevard, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Contre (8) : François Cormier-Bouligeon, Guillaume Gouffier Valente, Olivia Grégoire, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Christopher Weissberg, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 11 dans le décompte
Abstention (11) : Mathilde Panot, Danièle Obono, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Sylvie Ferrer, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Bérenger Cernon, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 24 dans le décompte
Pour (13) : Jérôme Guedj, Pascale Got, Fanny Dombre Coste, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Mickaël Bouloux, Pierre Pribetich, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sophie Pantel, Peio Dufau
Contre (11) : Marie-Noëlle Battistel, Dominique Potier, Isabelle Santiago, Iñaki Echaniz, Sébastien Saint-Pasteur, Karim Benbrahim, Estelle Mercier, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (7) : Virginie Duby-Muller, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Corentin Le Fur, Alix Fruchon, Élisabeth de Maistre
Abstention (1) : Julien Dive
Écologiste et Social 5 dans le décompte
Pour (1) : Karim Ben Cheikh
Contre (4) : Clémentine Autain, Sébastien Peytavie, Marie-Charlotte Garin, Catherine Hervieu
Les Démocrates 4 dans le décompte
Contre (3) : Erwan Balanant, Sandrine Josso, Perrine Goulet
Abstention (1) : Maud Petit
Horizons & Indépendants 4 dans le décompte
Pour (4) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, François Gernigon, Philippe Fait
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Audrey Abadie-Amiel, David Taupiac, Constance de Pélichy
Gauche Démocrate et Républicaine 2 dans le décompte
Contre (2) : Soumya Bourouaha, Karine Lebon
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Contre : Karim Ben Cheikh, Colette Capdevielle, Fanny Dombre Coste, Peio Dufau, Pascale Got, Jérôme Guedj, Jacques Oberti, Sophie Pantel, Christine Pirès Beaune, Arnaud Simion
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin