Votes · Scrutin n° 8532 · 5 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 367 de Mme Leboucher à l'article 3 de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 3
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Leboucher et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe parlementaire de la France Insoumise demandent à ce que les lieux dédiés à l'accueil et au dépôt de plainte soient adaptés aux victimes en situation de handicap.
Nous nous félicitons de l'adoption en commission d'une disposition visant à généraliser la formation des officiers et agents de la police judiciaire aux spécificités des violences vécues par les personnes en situation de handicap.
Nous alertons cependant quant à la nécessité d'adapter en conséquence l’accueil et la réception des plaintes de ces victimes.
Les femmes en situation de handicap sont surexposées aux VSS : 34% des femmes handicapées vivent des violences de la part de leur partenaire, les enfants handicapés sont 3 à 8 fois plus susceptibles d’être victimes de violences intrafamiliales. Les personnes vivant en situation médico-sociale sont particulièrement isolées et invisibilisées des politiques de lutte contre les VSS.
Malgré cette prévalence, les femmes en situation de handicap ne sont souvent pas crues lorsqu’elles témoignent, en raison de stéréotypes validistes encore prégnants.
La prise en charge des victimes en situation de handicap est semée d’obstacles : leurs symptômes sont mal détectés car confondus avec ceux de leur handicap, et de très nombreux commissariats et gendarmerie sont encore largement inaccessibles. Lorsqu’ils le sont, ils sont souvent pensés uniquement pour les personnes à mobilité réduite sans prendre en compte les autres handicaps (par exemple, pas de traduction en langue des signes), en particulier les handicaps psychiques (avec des modes de communication alternatifs, etc).
Pour toutes ces raisons, il semble absolument essentiel de garantir l'accessibilité de ces victimes aux lieux de dépôt de plainte. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Compléter cet article par l’alinéa suivant :
« La nation se fixe pour objectif d’adapter les lieux dédiés à l’accueil et au dépôt de plainte des victimes en situation de handicap en commissariat ou en gendarmerie ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Article parmi les plus disputés du texte Article 3 : 10 scrutins publics, dont 1 serrés. Voir le classement
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 56
- Contre
- 67
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 126
- Exprimés
- 123
- Majorité requise
- 62
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Pour | 41 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 20 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 8 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 67 membres | Contre | 5 | 17 | 1 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 5 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Abstention | 0 | 1 | 2 | 0 | |
| NI 11 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 41 dans le décompte
Pour (41) : Emmanuel Blairy, Bruno Bilde, Jocelyn Dessigny, Cyril Tribuiani, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Timothée Houssin, Lisette Pollet, Stéphanie Galzy, Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Christophe Bentz, Laurence Robert-Dehault, Laurent Jacobelli, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Yaël Ménaché, Philippe Lottiaux, Gabriel Tomatis, Bruno Clavet, Édouard Jordan, Emmanuel Fouquart, Pascal Markowsky, Florence Joubert, Julien Gabarron, Thierry Perez, Julien Guibert, Frédéric Weber, Anthony Boulogne, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Aurélien Dutremble, Robert Le Bourgeois, Julien Limongi, Guillaume Bigot, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 21 dans le décompte
Contre (20) : Éric Bothorel, Brigitte Klinkert, Vincent Ledoux, Pauline Cestrières, François Cormier-Bouligeon, Graziella Melchior, Guillaume Kasbarian, Jean-René Cazeneuve, Liliana Tanguy, Sophie Panonacle, Véronique Riotton, Alexandra Martin (Gironde), Anthony Brosse, Caroline Yadan, Christopher Weissberg, Nathalie Coggia, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 8 dans le décompte
Pour (8) : Danièle Obono, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Sylvie Ferrer, Farida Amrani, Aurélien Saintoul, Thomas Portes, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 23 dans le décompte
Pour (5) : Jérôme Guedj, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Arnaud Simion, Jacques Oberti
Contre (17) : Pascale Got, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Isabelle Santiago, Iñaki Echaniz, Dorine Bregman, Pierre Pribetich, Karim Benbrahim, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Peio Dufau, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Dieynaba Diop, Romain Eskenazi
Abstention (1) : Sébastien Saint-Pasteur
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Contre (7) : Virginie Duby-Muller, Julien Dive, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Corentin Le Fur, Élisabeth de Maistre
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Contre (8) : Clémentine Autain, Pouria Amirshahi, Sébastien Peytavie, Marie-Charlotte Garin, Catherine Hervieu, Nicolas Bonnet, Arnaud Bonnet, Steevy Gustave
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (5) : Erwan Balanant, Sandrine Josso, Perrine Goulet, Maud Petit, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 7 dans le décompte
Contre (7) : Agnès Firmin Le Bodo, Bertrand Bouyx, Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, François Gernigon, Philippe Fait, Frédéric Valletoux
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Contre (2) : David Taupiac, Constance de Pélichy
Union des droites pour la République 2 dans le décompte
Pour (2) : Olivier Fayssat, Alexandre Allegret-Pilot
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Contre (1) : Yannick Monnet
Abstention (2) : Soumya Bourouaha, Karine Lebon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin