Votes · Scrutin n° 8549 · 6 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1245 de M. Arnaud Bonnet à l'article 19 de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Présidente du groupe "Écologiste et Social"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 19
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par M. Arnaud Bonnet et Mme Sebaihi (ECOS) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Amendement de repli.
Sans modifier les incriminations ni les peines retenues par la commission, cet amendement donne de l'inceste une définition autonome, fondée sur le lien familial : constitue un inceste toute atteinte sexuelle commise par un ascendant, un descendant, un frère ou une sœur, un oncle ou une tante, un grand-oncle ou une grand-tante, un neveu ou une nièce, un petit-neveu ou une petite-nièce, un cousin germain ou une cousine germaine, ou par le conjoint, le concubin ou le partenaire de l'une de ces personnes. Le viol ou l'agression sexuelle constitutif d'un inceste reste qualifié d'incestueux, de sorte que l'échelle des peines et les renvois existants sont inchangés.
Nommer l'inceste dans la loi est une demande constante des victimes : c'est la condition de sa reconnaissance comme un interdit spécifique, lié au lien familial, et non comme une simple modalité d'une autre infraction.
Cet amendement a été proposé par Face à l'inceste.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
I. – Rédiger ainsi l’alinéa 14 :
« Art. 222‑31‑1. – I. – Constitue un inceste toute atteinte sexuelle commise sur une personne par l’une des personnes suivantes : »
II. – En conséquence, à l’alinéa 17, après le mot :
« nièce, »
insérer les mots :
« un petit-neveu ou une petite-nièce, ».
III. – En conséquence, après l’alinéa 18, insérer l’alinéa suivant :
« II. – Le viol ou l’agression sexuelle constitutif d’un inceste est qualifié d’incestueux. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 13
- Contre
- 110
- Abstention
- 25
- Non-votant
- 1
- Votants
- 148
- Exprimés
- 123
- Majorité requise
- 62
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Contre | 0 | 33 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 29 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Abstention | 0 | 0 | 15 | 0 | |
| SOC 67 membres | Contre | 1 | 30 | 2 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 6 | 1 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 2 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 4 | 3 | 1 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 5 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 2 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | aucun vote | 2 | 0 | 2 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | aucun vote | 0 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 33 dans le décompte
Contre (33) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jorys Bovet, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Kévin Mauvieux, Lisette Pollet, Christine Loir, Stéphanie Galzy, Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Hélène Laporte, Laurence Robert-Dehault, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Emeric Salmon, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Gabriel Tomatis, Eddy Casterman, Bernard Chaumeil, Pascal Markowsky, Catherine Dellong Meng, Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, David Magnier, Antoine Golliot, Aurélien Dutremble, Patrice Martin, Catherine Rimbert, Gaëtan Dussausaye, Sébastien Humbert, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 30 dans le décompte
Contre (29) : Brigitte Klinkert, Élisabeth Borne, Pauline Cestrières, Graziella Melchior, Jean-René Cazeneuve, Sophie Panonacle, Bertrand Sorre, Nicole Le Peih, Brigitte Liso, Amélia Lakrafi, Véronique Riotton, Céline Calvez, Annie Vidal, Chantal Bouloux, Alexandra Martin (Gironde), Anthony Brosse, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Julie Delpech, Caroline Yadan, Christopher Weissberg, Nathalie Coggia, Marc Ferracci, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Danièle Carteron, Anne-Sophie Ronceret, Christophe Mongardien, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 15 dans le décompte
Abstention (15) : Jean-Hugues Ratenon, Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Murielle Lepvraud, Christophe Bex, Mathilde Hignet, Ségolène Amiot, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Maxime Laisney, Farida Amrani, Perceval Gaillard, Shéhérazade Bentorki, Claire Lejeune, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 33 dans le décompte
Pour (1) : Christian Baptiste
Contre (30) : Jérôme Guedj, Pascale Got, Guillaume Garot, Marie-Noëlle Battistel, Christine Pirès Beaune, Colette Capdevielle, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Isabelle Santiago, Arthur Delaporte, Mélanie Thomin, Iñaki Echaniz, Fatiha Keloua Hachi, Martine Froger, Dorine Bregman, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Fabrice Barusseau, Paul Christophle, Océane Godard, Arnaud Simion, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Sophie Pantel, Estelle Mercier, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Ayda Hadizadeh
Abstention (2) : Laurent Baumel, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 7 dans le décompte
Contre (6) : Vincent Rolland, Virginie Duby-Muller, Sylvie Bonnet, Corentin Le Fur, Emeline Rey-Rinchet, Lionel Duparay
Abstention (1) : Hubert Brigand
Écologiste et Social 8 dans le décompte
Pour (6) : Pouria Amirshahi, Julie Laernoes, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Catherine Hervieu, Arnaud Bonnet
Abstention (2) : Clémentine Autain, Sophie Taillé-Polian
Les Démocrates 8 dans le décompte
Pour (4) : Geneviève Darrieussecq, Sandrine Josso, Josy Poueyto, Maud Petit
Contre (3) : Jimmy Pahun, Blandine Brocard, Sabine Gervais
Abstention (1) : Erwan Balanant
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (5) : Agnès Firmin Le Bodo, Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, Pierre Marle, Benoît Blanchard
Abstention (1) : Sylvain Berrios
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (2) : Paul Molac, David Taupiac
Abstention (1) : Nicole Sanquer
Gauche Démocrate et Républicaine 4 dans le décompte
Pour (2) : Elsa Faucillon, Yannick Monnet
Abstention (2) : Soumya Bourouaha, Karine Lebon
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont
Mises au point
Déclarations faites après le vote par des députés qui indiquent avoir voulu voter autrement. Elles ne changent pas le résultat.
Voulait voter Pour : Clémentine Autain
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin