Votes · Scrutin n° 8570 · 7 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1160 de Mme Melchior après l'article 28 bis de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 28 bis
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Melchior et 93 cosignataires (EPR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à renforcer la protection des mineurs contre les sollicitations auxquelles ils peuvent être exposés en ligne.
L’article 227-23-1 du code pénal réprime actuellement le fait, pour un majeur, de solliciter auprès d’un mineur la diffusion ou la transmission d’images, de vidéos ou de représentations à caractère pornographique de celui-ci.
Cette rédaction n’est, au regard de la prédation en ligne telle qu’elle se développe, pas assez protectrice.
La sollicitation d’une photo ou d’une vidéo d’un enfant dénudé peut représenter une atteinte à la protection de l’enfant et peut également constituer une étape du processus de prédation sexuelle, notamment dans le cadre des échanges numériques.
Il convient dès lors de ne pas subordonner la protection pénale du mineur à la qualification ultérieure de l’image sollicitée comme « pornographique ».
Le présent amendement étend ainsi l’incrimination aux demandes portant sur des images, vidéos ou représentations d’un mineur le représentant dénudé ou partiellement dénudé. Cette extension permet de protéger le mineur au stade de la sollicitation, avant même que celui-ci n’ait transmis l’image et indépendamment de la question de savoir si l’image finalement obtenue peut être qualifiée de pornographique.
Elle s’inscrit dans la logique de la présente proposition de loi, qui renforce déjà la protection des mineurs contre les violences sexuelles commises par voie numérique et adapte le droit pénal aux nouvelles formes de prédation sexuelle en ligne.
L’objectif est ainsi de prévenir plus efficacement le phénomène de « grooming » et les mécanismes pouvant conduire à la sextorsion, à l’exploitation sexuelle ou à la diffusion ultérieure des images obtenues.
Cet amendement a reçu un soutien très favorable de la CIIVISE.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Au premier alinéa de l’article 227‑23‑1 du code pénal, après la seconde occurrence du mot : « mineur », sont insérés les mots : « ou représentant, même partiellement, le corps nu ou dénudé dudit mineur lorsque la demande est susceptible de concourir à la commission d’une infraction à caractère sexuel sur ce mineur ».
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 97
- Contre
- 12
- Abstention
- 4
- Non-votant
- 1
- Votants
- 113
- Exprimés
- 109
- Majorité requise
- 55
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Pour | 35 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Pour | 16 | 0 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| SOC 67 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Pour | 6 | 0 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Abstention | 3 | 0 | 4 | 0 | |
| DEM 37 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Pour | 5 | 0 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Pour | 2 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 7 | 0 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 2 | 1 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Pour | 1 | 0 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 35 dans le décompte
Pour (35) : Christian Girard, Jérôme Buisson, José Beaurain, Jocelyn Dessigny, Jorys Bovet, Jordan Guitton, Lionel Tivoli, Emmanuel Taché, Caroline Colombier, Katiana Levavasseur, Pierre Meurin, Thomas Ménagé, Laurence Robert-Dehault, Kévin Pfeffer, Michel Guiniot, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Anaïs Sabatini, Antoine Villedieu, Béatrice Roullaud, Yaël Ménaché, Marine Hamelet, Julie Lechanteux, Bénédicte Auzanot, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, René Lioret, Pascal Jenft, Frédéric Weber, Claire Marais-Beuil, David Magnier, Patrice Martin, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Joseph Rivière
Ensemble pour la République 17 dans le décompte
Pour (16) : Sylvain Maillard, Graziella Melchior, Sophie Panonacle, Danielle Brulebois, Bertrand Sorre, Ludovic Mendes, Véronique Riotton, Patricia Lemoine, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Christopher Weissberg, Bastien Marchive, Prisca Thevenot, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 11 dans le décompte
Contre (11) : Sarah Legrain, Sébastien Delogu, Andrée Taurinya, Emmanuel Fernandes, Sylvie Ferrer, Élise Leboucher, Perceval Gaillard, Sandrine Nosbé, Arnaud Saint-Martin, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 17 dans le décompte
Pour (17) : Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Joël Aviragnet, Chantal Jourdan, Boris Vallaud, Belkhir Belhaddad, Isabelle Santiago, Mélanie Thomin, Dorine Bregman, Laurent Lhardit, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Romain Eskenazi, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 6 dans le décompte
Pour (6) : Philippe Gosselin, Eric Liégeon, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Lionel Duparay
Écologiste et Social 7 dans le décompte
Pour (3) : Clémentine Autain, Charles Fournier, Sandrine Rousseau
Abstention (4) : Pouria Amirshahi, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Julie Ozenne
Les Démocrates 3 dans le décompte
Pour (3) : Delphine Lingemann, Louise Morel, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 5 dans le décompte
Pour (5) : Charlotte Parmentier-Lecocq, Béatrice Piron, Didier Lemaire, Thomas Lam, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 2 dans le décompte
Pour (2) : Nicole Sanquer, David Taupiac
Union des droites pour la République 7 dans le décompte
Pour (7) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Bernard Chaix, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch, Éric Michoux
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (2) : Émeline K/Bidi, Frédéric Maillot
Contre (1) : Elsa Faucillon
Non inscrit 1 dans le décompte
Pour (1) : Lionel Vuibert
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin