Votes · Scrutin n° 8578 · 7 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 1159 de Mme Ibled à l'article 32 bis de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Président du groupe "Ensemble pour la République"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Article 32 bis
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Ibled et 87 cosignataires (EPR) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Le présent amendement vise à prévenir les ruptures de suivi des enfants pris en charge par l’aide sociale à l’enfance lors d’un changement de département.
L’article 32 bis prévoit la désignation d’un référent éducatif chargé d’assurer la continuité du parcours de chaque enfant pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.
Le présent amendement précise que cette continuité doit également être garantie lorsqu’un changement de résidence ou de lieu de prise en charge conduit à transférer le suivi de l’enfant vers un autre département.
Il prévoit ainsi que l’accompagnement est maintenu jusqu’à la désignation du nouveau référent et que les informations nécessaires à la protection du mineur sont transmises sans délai au service compétent du département d’accueil.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Après l’alinéa 2, insérer l’alinéa suivant :
« Lorsqu’un changement de résidence ou de lieu de prise en charge entraîne le transfert du suivi du mineur vers un autre département, la continuité de son accompagnement est assurée jusqu’à la désignation d’un nouveau référent. Les informations nécessaires à la continuité de sa protection et de son accompagnement sont transmises sans délai au service compétent du département d’accueil. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 82
- Contre
- 43
- Abstention
- 1
- Non-votant
- 1
- Votants
- 126
- Exprimés
- 125
- Majorité requise
- 63
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Pour | 27 | 0 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Pour | 16 | 2 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 17 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 67 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 1 | 7 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | aucun vote | 2 | 2 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 7 | 1 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Pour | 4 | 1 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 2 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 27 dans le décompte
Pour (27) : Marie-France Lorho, Christian Girard, Jérôme Buisson, José Beaurain, Jordan Guitton, Gisèle Lelouis, Lionel Tivoli, José Gonzalez, Lisette Pollet, Thomas Ménagé, Matthieu Marchio, Kévin Pfeffer, Sophie Blanc, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Stéphane Rambaud, Julie Lechanteux, Eddy Casterman, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, David Magnier, Jonathan Gery, Sébastien Humbert, Anchya Bamana
Ensemble pour la République 19 dans le décompte
Pour (16) : Sylvain Maillard, François Cormier-Bouligeon, Bertrand Sorre, Ludovic Mendes, Véronique Riotton, Patricia Lemoine, Benjamin Dirx, Christophe Marion, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Danièle Carteron, Marie-Philippe Lubet
Contre (2) : Guillaume Gouffier Valente, Olivia Grégoire
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 17 dans le décompte
Pour (17) : Jean-Hugues Ratenon, Sébastien Delogu, François Piquemal, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Idir Boumertit, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Maxime Laisney, Perceval Gaillard, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Contre (21) : Marietta Karamanli, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Colette Capdevielle, Joël Aviragnet, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Belkhir Belhaddad, Isabelle Santiago, Anna Pic, Dorine Bregman, Laurent Lhardit, Marc Pena, Paul Christophle, Sébastien Saint-Pasteur, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Béatrice Bellay, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Pour (1) : Julien Dive
Contre (7) : Vincent Rolland, Eric Liégeon, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 12 dans le décompte
Pour (12) : Clémentine Autain, Pouria Amirshahi, Nicolas Thierry, Charles Fournier, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Danielle Simonnet, Emmanuel Duplessy, Damien Girard, Julie Ozenne
Les Démocrates 4 dans le décompte
Pour (2) : Maud Petit, Anne Bergantz
Contre (2) : Erwan Balanant, Louise Morel
Horizons & Indépendants 8 dans le décompte
Contre (7) : Bertrand Bouyx, Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Didier Lemaire, Benoît Blanchard
Abstention (1) : Jean-Michel Brard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Contre (1) : Nicole Sanquer
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Pour (4) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat
Contre (1) : Matthieu Bloch
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Elsa Faucillon, Frédéric Maillot, Édouard Bénard
Non inscrit 2 dans le décompte
Contre (2) : Philippe Bonnecarrère, Stella Dupont
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin