Votes · Scrutin n° 8579 · 7 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 381 de Mme Cathala après l'article 32 bis de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 32 bis
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Cathala et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : adopté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite s'assurer que les placements en hôtel des enfants sous protection des pouvoirs publics ne soient plus jamais possible.
Dès 2020, un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a établi les « dangers bien identifiés » encourus par les enfants placés hébergés en hôtel. Absence de présence éducative suffisante, enfants livrés à eux-mêmes, exposition aux trafics de drogue, aux réseaux de prostitution, à la violence … La liste des dangers est si longue que l’IGAS conclut à « une perte de chances » pour les enfants qui sont ainsi hébergés. Le Défenseur des droits et la Cour des comptes avaient eux aussi établi le caractère fondamentalement inadapté des hôtels comme mode d’hébergement des mineurs.
En 2022, le Gouvernement présente une loi, la loi Taquet, avec la promesse d’interdire le recours à l’hébergement hôtelier. L’étude d’impact réalisée alors par le Conseil d’État souligne que « le recours à l’hôtel porte une atteinte grave aux droits et aux besoins fondamentaux des enfants confiés à l’ASE qui doivent être accueillis dans des établissements ou services sociaux ou médicaux-sociaux ».
L’interdiction des hôtels semblait donc une totale nécessité et a entièrement sa place dans une politique intégrale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux mineur•es. Pourtant, cette promesse n’a jamais été tenue.
Par conséquent, cet amendement ne vise qu'à rendre effective une promesse faite par le Gouvernement.
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
Le second alinéa de l’article L. 221-2-3 du code de l’action sociale et des familles est supprimé.
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Adopté
l'Assemblée nationale a adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 49
- Contre
- 39
- Abstention
- 34
- Non-votant
- 1
- Votants
- 122
- Exprimés
- 88
- Majorité requise
- 45
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Abstention | 0 | 0 | 25 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 19 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 15 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 67 membres | Pour | 21 | 0 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 8 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 10 | 0 | 0 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 3 | 2 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 9 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 | |
| GDR 17 membres | Pour | 3 | 0 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Abstention | 0 | 0 | 5 | 0 | |
| NI 11 membres | Abstention | 0 | 0 | 1 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 25 dans le décompte
Abstention (25) : Marie-France Lorho, José Beaurain, Jordan Guitton, Gisèle Lelouis, José Gonzalez, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Roger Chudeau, Thomas Ménagé, Christophe Bentz, Matthieu Marchio, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Julie Lechanteux, Eddy Casterman, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, David Magnier, Jonathan Gery, Sébastien Humbert
Ensemble pour la République 20 dans le décompte
Contre (19) : Sébastien Huyghe, Bertrand Sorre, Ludovic Mendes, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Patricia Lemoine, Céline Calvez, Olivia Grégoire, Christophe Marion, Anthony Brosse, Violette Spillebout, Charles Sitzenstuhl, Christopher Weissberg, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Danièle Carteron, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 15 dans le décompte
Pour (15) : Jean-Hugues Ratenon, Sébastien Delogu, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Élise Leboucher, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, Maxime Laisney, Perceval Gaillard, René Pilato, Sandrine Nosbé, Marie Mesmeur, Raphaël Arnault, Gabrielle Cathala
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Pour (21) : Marietta Karamanli, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Colette Capdevielle, Philippe Naillet, Chantal Jourdan, Belkhir Belhaddad, Isabelle Santiago, Anna Pic, Dorine Bregman, Valérie Rossi, Laurent Lhardit, Marc Pena, Paul Christophle, Sébastien Saint-Pasteur, Denis Fégné, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Béatrice Bellay, Ayda Hadizadeh
Droite Républicaine 8 dans le décompte
Contre (8) : Vincent Rolland, Eric Liégeon, Julien Dive, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 10 dans le décompte
Pour (10) : Clémentine Autain, Pouria Amirshahi, Charles Fournier, Jean-Claude Raux, Marie-Charlotte Garin, Sandrine Rousseau, Danielle Simonnet, Emmanuel Duplessy, Damien Girard, Julie Ozenne
Les Démocrates 5 dans le décompte
Contre (3) : Erwan Balanant, Louise Morel, Anne Bergantz
Abstention (2) : Sandrine Josso, Maud Petit
Horizons & Indépendants 9 dans le décompte
Contre (9) : Thierry Benoit, Bertrand Bouyx, Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Didier Lemaire, Jean-Michel Brard, Benoît Blanchard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 1 dans le décompte
Abstention (1) : Nicole Sanquer
Gauche Démocrate et Républicaine 3 dans le décompte
Pour (3) : Elsa Faucillon, Frédéric Maillot, Édouard Bénard
Union des droites pour la République 5 dans le décompte
Abstention (5) : Christelle D'Intorni, Sophie Ricourt Vaginay, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Matthieu Bloch
Non inscrit 1 dans le décompte
Abstention (1) : Philippe Bonnecarrère
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin