Votes · Scrutin n° 8581 · 7 octobre 2026 · scrutin public ordinaire
L'amendement n° 408 de Mme Taurinya après l'article 34 de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (première lecture).
Dossier : Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants · Demandé par : Présidente du groupe "La France insoumise – Nouveau Front Populaire"
Ce qui est voté
- Objet du vote
- Un amendement, c'est-à-dire une proposition de modification du texte · Après article 34
- Texte
- Apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants Proposition de loi ordinaire
Amendement déposé par Mme Taurinya et 69 cosignataires (LFI-NFP) · sort : rejeté
Ce que l’auteur en dit (exposé sommaire)
Par cet amendement de repli, le groupe parlementaire de la France Insoumise souhaite combler un angle mort de l’article 34 de la proposition de loi dans sa version initiale.
La suspension des poursuites pour non-représentation d’enfant reste conditionnée à l’institution d’un mécanisme de protection d’urgence prenant la forme d’une ordonnance alors que le Défenseur des droits appelait en mai à faire un bilan des dispositifs existants avant d'adopter de nouvelles mesures inapplicables ou peu appliquées à moyens constants.
Cette mesure d'urgence part du principe que la justice pénale est infaillible dans son examen de faits de violences sexuelles, la délivrance d’une ordonnance de protection à un instant T permettant en théorie au parent protecteur d’échapper aux poursuites pour non-représentation d’enfant ou bien se prévaloir d’un état de nécessité pour s’exonérer de sa responsabilité pénale face aux poursuites du parent agresseur.
Le taux de classements sans suite particulièrement élevé des plaintes déposées pour une violence sexuelle, la difficulté intrinsèque du système pénal à établir une vérité juridique à partir d'une plainte, les biais patriarcaux qui animent les maillons de la chaine pénale ne doivent pas conduire le législateur à considérer la justice pénale comme un outil infaillible de protection. L’extrême majorité des victimes de violences sexuelles désertant le système pénal, il ne peut dès lors être considéré comme le lieu exclusif de reconnaissance d’une violence subie. […]
Ce que l’amendement change dans le texte (dispositif)
La section 3 du chapitre VII du titre II du livre II du code pénal est ainsi modifiée :
1° L’article 227‑5 est complété un alinéa ainsi rédigé :
« Le parent ayant agi dans le but manifeste de protéger l’enfant ne peut être poursuivi sur le fondement des articles 227‑5 dès lors qu’il existait, au moment des faits, des éléments plausibles permettant de justifier la crainte de violences. » ;
2° L’article 227‑9 est complété un alinéa ainsi rédigé :
« Le parent ayant agi dans le but manifeste de protéger l’enfant ne peut être poursuivi sur le fondement des articles 227‑9 dès lors qu’il existait, au moment des faits, des éléments plausibles permettant de justifier la crainte de violences. »
Texte de l’auteur, non réécrit : amendement sur le site de l’Assemblée nationale
Le texte expliqué : ce qu’il change, ce qui est contesté
Ce qui est voté
Cette proposition de loi a été déposée le 11 août 2026 par Céline Thiébault-Martinez (Socialistes) et cosignée par des députés de plusieurs groupes. Sylvie Bonnet (Droite républicaine) la présente comme le fruit d’une coalition d’environ 150 associations relayée par une « coalition parlementaire transpartisane ». Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée le 25 septembre 2026. D’après le texte adopté le 13 octobre 2026, les principales mesures sont :
- une définition légale des violences sexuelles, sexistes et intrafamiliales et une Autorité indépendante chargée d’évaluer les politiques de lutte ;
- des unités spécialisées de police judiciaire et un socle d’actes d’enquête obligatoires avant toute décision sur une plainte ;
- des juridictions et des magistrats spécialisés ;
- de nouveaux droits pour les victimes : plainte possible à l’hôpital, avocat présent sauf refus, interdiction d’enquêter sur leurs antécédents sexuels ;
- un congé pour les salariés victimes (au moins dix jours, fixés par accord collectif) et jusqu’à dix jours d’absence pour les agents publics, sans perte de rémunération ;
- un entretien individuel obligatoire pour chaque élève et une programmation de 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032.
Ce que ça change
Le texte concerne victimes, enquêteurs, magistrats, écoles et employeurs. Rien ne s’applique tant que la loi n’est pas définitivement adoptée et promulguée. Certaines mesures sont différées : l’entretien annuel à l’école ne devient la règle qu’au 1er janvier 2032 ; d’ici là, chaque élève en a quatre au cours de sa scolarité, selon l’article 30.
Pour Isabelle Rauch (Horizons), la programmation financière ne suffit pas : « Une loi de programmation n’ouvre cependant pas les crédits ».
Ce qui est contesté
Aucun député n’a voté contre l’ensemble (scrutin n° 8705 : 503 pour, 0 contre). La France insoumise s’est abstenue (66 abstentions, 4 pour), ainsi qu’un député UDR. Les autres groupes ont voté pour : RN 121, EPR 90, Socialistes 68, Droite républicaine 45, Écologiste et social 38, Démocrates 36, Horizons 34, LIOT 23, GDR 17, UDR 16, non-inscrits 11.
- Pour LFI, Élise Leboucher déclare : « Cette loi n’a d’intégral que le nom ». Elle critique la suppression des articles 62 et 63 sur les victimes étrangères, le report à 2032 de l’entretien annuel, l’absence de prévention et le budget. Le groupe s’abstient « par respect » pour le travail des associations.
- Les articles 62 et 63 ont été supprimés. L’article 62 interdisait de prononcer une obligation de quitter le territoire contre une victime ayant porté plainte (scrutin n° 8641 : 121 pour la suppression, 77 contre ; pour : RN 84, EPR 13, Droite républicaine 11, Horizons 5, Démocrates 4, UDR 3 ; contre : Socialistes 25, LFI 24, Écologiste et social 14, GDR 6, EPR 5). L’article 63 ouvrait plus tôt l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile victimes de violences sexuelles (scrutin n° 8642 : 100 contre 50). Thomas Ménagé (RN) dit avoir écarté « de nouvelles filières d’immigration » ; Clémentine Autain (Écologiste et social) et Elsa Faucillon (GDR) ont critiqué ces suppressions.
- Le congé des victimes (article 46) a d’abord été rejeté (scrutin n° 8640 : 74 pour, 77 contre, dont RN 76 contre), puis rétabli en seconde délibération (scrutin n° 8704 : 213 pour, 111 contre ; contre : RN 85, UDR 11, Horizons 9, Démocrates 5 ; Droite républicaine 25 abstentions). Émilie Bonnivard (Droite républicaine) juge dix jours « trop long » et préfère cinq jours.
Les partisans défendent une approche d’ensemble. Alexandra Martin (Gironde, EPR) veut « agir sur toute la chaîne des violences ». Le RN a voté pour : Thomas Ménagé dit en avoir approuvé « les deux tiers », tout en regrettant le rejet de ses propositions de peines planchers.
Où en est le texte
L’Assemblée a adopté le texte en première lecture le 13 octobre 2026 ; il a été transmis le même jour au Sénat, qui doit l’examiner (dossier de l’Assemblée). La proposition de loi organique « visant à adapter l’autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », qui l’accompagne, a été adoptée le même jour.
Sources
- Assemblée nationale, dossier législatif (13/10/2026)
- Proposition de loi n° 3106 et exposé des motifs (11/08/2026)
- Texte adopté n° 356 (version provisoire) (13/10/2026)
- Scrutin n° 8705 sur l’ensemble (13/10/2026)
- Scrutin n° 8641 (suppression de l’article 62) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8642 (suppression de l’article 63) (09/10/2026)
- Scrutin n° 8640 sur l’article 46 (09/10/2026)
- Scrutin n° 8704 (rétablissement de l’article 46) (13/10/2026)
- Compte rendu de la première séance du 13 octobre 2026 (seconde délibération et explications de vote) (13/10/2026)
- Sénat, dossier législatif ppl26-045 (13/10/2026)
Explication de la rédaction · mise à jour le 24 octobre 2026 · méthode
Rejeté
L'Assemblée nationale n'a pas adopté · Majorité absolue des suffrages exprimés
- Pour
- 18
- Contre
- 105
- Abstention
- 3
- Non-votant
- 1
- Votants
- 126
- Exprimés
- 123
- Majorité requise
- 62
Par groupe
| Groupe | Position majoritaire | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Répartition |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RN 118 membres | Contre | 0 | 35 | 0 | 0 | |
| EPR 90 membres | Contre | 0 | 17 | 0 | 1 | |
| LFI-NFP 70 membres | Pour | 12 | 0 | 0 | 0 | |
| SOC 67 membres | Contre | 0 | 21 | 0 | 0 | |
| DR 47 membres | Contre | 0 | 11 | 0 | 0 | |
| ECOS 38 membres | Pour | 6 | 0 | 3 | 0 | |
| DEM 37 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| HOR 34 membres | Contre | 0 | 6 | 0 | 0 | |
| LIOT 23 membres | Contre | 0 | 3 | 0 | 0 | |
| GDR 17 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 | |
| UDDPLR 17 membres | Contre | 0 | 4 | 0 | 0 | |
| NI 11 membres | Contre | 0 | 1 | 0 | 0 |
Qui a voté quoi
Rassemblement National 35 dans le décompte
Contre (35) : Marie-France Lorho, Jérôme Buisson, Nicolas Dragon, Jordan Guitton, Gisèle Lelouis, Joëlle Mélin, José Gonzalez, Caroline Colombier, Lisette Pollet, Christine Loir, Roger Chudeau, Laurence Robert-Dehault, Thierry Frappé, Sandrine Dogor-Such, Sophie Blanc, Antoine Villedieu, Emeric Salmon, Béatrice Roullaud, Nathalie Da Conceicao Carvalho, Julie Lechanteux, Bénédicte Auzanot, Eddy Casterman, Bernard Chaumeil, Monique Griseti, Pascal Markowsky, Nadine Lechon, Julien Gabarron, Pascal Jenft, Julien Guibert, David Magnier, Jonathan Gery, Patrice Martin, Catherine Rimbert, Sébastien Humbert, Anne Sicard
Ensemble pour la République 18 dans le décompte
Contre (17) : Sébastien Huyghe, Stéphane Travert, Danielle Brulebois, Nicole Le Peih, Guillaume Gouffier Valente, Véronique Riotton, Patricia Lemoine, Olivia Grégoire, Anthony Brosse, Christopher Weissberg, Nathalie Coggia, Bastien Marchive, Catherine Ibled, Joséphine Missoffe, Danièle Carteron, Anne-Sophie Ronceret, Marie-Philippe Lubet
Non-votant (1) : Yaël Braun-Pivet
La France insoumise – Nouveau Front Populaire 12 dans le décompte
Pour (12) : Anne Stambach-Terrenoir, Nathalie Oziol, Sylvain Carrière, Mathilde Hignet, Andrée Taurinya, Ségolène Amiot, Emmanuel Fernandes, Jean-François Coulomme, Nadège Abomangoli, René Pilato, Sandrine Nosbé, Raphaël Arnault
Socialistes et apparentés 21 dans le décompte
Contre (21) : Marietta Karamanli, Marie-Noëlle Battistel, Fanny Dombre Coste, Laurent Baumel, Dominique Potier, Colette Capdevielle, Christian Baptiste, Philippe Naillet, Isabelle Santiago, Anna Pic, Martine Froger, Valérie Rossi, Marc Pena, Paul Christophle, Océane Godard, Jacques Oberti, Sébastien Saint-Pasteur, Thierry Sother, Florence Herouin-Léautey, Céline Thiébault-Martinez, Béatrice Bellay
Droite Républicaine 11 dans le décompte
Contre (11) : Vincent Rolland, Virginie Duby-Muller, Eric Liégeon, Julien Dive, Sylvie Bonnet, Émilie Bonnivard, Josiane Corneloup, Alexandra Martin (Alpes-Maritimes), Alix Fruchon, Cendrine Chazé, Lionel Duparay
Écologiste et Social 9 dans le décompte
Pour (6) : Clémentine Autain, Jean-Claude Raux, Sandra Regol, Danielle Simonnet, Damien Girard, Julie Ozenne
Abstention (3) : Charles Fournier, Sandrine Rousseau, Emmanuel Duplessy
Les Démocrates 6 dans le décompte
Contre (6) : Erwan Balanant, Sandrine Josso, Perrine Goulet, Delphine Lingemann, Louise Morel, Anne Bergantz
Horizons & Indépendants 6 dans le décompte
Contre (6) : Laetitia Saint-Paul, Isabelle Rauch, Véronique Ludmann, Philippe Fait, Didier Lemaire, Jean-Michel Brard
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires 3 dans le décompte
Contre (3) : Paul Molac, Nicole Sanquer, David Taupiac
Gauche Démocrate et Républicaine 1 dans le décompte
Contre (1) : Frédéric Maillot
Union des droites pour la République 4 dans le décompte
Contre (4) : Christelle D'Intorni, Marc Chavent, Olivier Fayssat, Antoine Valentin
Non inscrit 1 dans le décompte
Contre (1) : Daniel Grenon
Source : Assemblée nationale, open data, scrutins publics · fichier du 24 octobre 2026 · Licence Ouverte · analyse officielle du scrutin